CHAPITRE IX
Traitement.
Quelle est la thérapeutique à opposer à la coxa vara traumatique ? |
Si le raccourcissement et l’adduction sont peu considérables, si les mouvements s'exécutent avec une certaine aisance dans l’ariculation coxo-fémorale, l'extension conünue prolongée plusieurs mois sera la méthode de choix. Elle trouvera tout à fait son indication quand la déformaton sera relativement récente. Le cal étant encore malléable, les tractions sur le membre inférieur tendront à abaisser le fragment diaphysaire. À supposer que le raccourcissement ne puisse, par ce moyen, être complètement corrigé, on aura toujours fait œuvre utile en s’opposant à l’activité des muscles tracteurs du trochanter en haut. C’est donc là le premier traitement à insttuer.
Le traitement prophylaclique d’une déformation du col plus marquée suffira, à notre avis, lorsque le raccourcissement ne dépassera pas 3 ou # centimètres. Si l’on n oblient pas, grâce à l'extension continue un léger allongement, on sera en droit d'espérer une consolidation défimiüve du fait de la formation d’un cal osseux résistant. Avec un raccourcissement de 3 ou # centimètres, la boiterie n'est pas exagérée, l'adduction ne gêne pas la marche qui peut même s'effectuer sans appui. Notre jeune ma-
AUS line lade semble avoir bénéficié de cette thérapeutique conservatrice.
On établira done l'extension en abduction avec rotation en dedans, en ayant soin d’accentuer progressivement ces deux dernières positions. Des poids seront appliqués graduellement et en quantité variable, selon l'âge du sujet, de 250 grammes à 6 ou 7 kilogrammes.
L'appareil de Tillaux ou celui d’ Hennequin trouveront ic leur emploi. S'agira-t-il d'adolescents, la gouttière d'Hennequin sera préférable car elle permet au patient de s'asseoir dans son lit. Chez les jeunes enfants, l’appareil de Tillaux pourra suffire. L’atrophie musculaire sera ensuite combaltue par le massage, l'électricité.
Il est des cas où ce traitement orthopédique sera destiné à échouer : c'est lorsqu'on se trouvera en présence d’une déformation très prononcée du col, qui aura entraîné un raccourcissement et une adduction très marqués. La gêne fonctionnelle justifiera alors une intervention sanglante.
Sprengel a pratiqué deux fois la résection cervicale. Après avoir exlirpé la tête fémorale et scié le col à sa base, ila amené le trochanter dans la cavité cotyloïde. Cette opération a amélioré dans une certaine mesure l'état de ses malades : c’est-à-dire que les jambes ont pu être ramenées au parallélisme. De plus, les mouvements ont été récupérés en partie, mais ce chirurgien n'a pu obvier à la diminution de longueur du membre. Dans le premier cas, le raccourcissement fonctionnel a été diminué de 2? centimètres ; dans le second, par contre, augmenté de 2 centimètres. Voilà le résultat immédiat. Du fait de la persis-
MARÉES tance du raccourcissement la boiterie sera toujours accentuée ; l’adduction et la rotation en dehors seules auront été modifiées. Aussi, mieux vaudra respecter une ankylose solide de la hanche que de diminuer la résistance de cette articulation.
L’ostéotomie sous-trochantérienne oblique sera préférable à toutes les interventions directes sur le foyer de fracture. Tout en permettant de placer le membre dans la recütude, elle lui rendra sa longueur. C’est, du reste, cette opération qu'a indiquée M. Kirmisson comme moyen thérapeutique à opposer au cas de Coville.
Grâce au glissement des deux surfaces osseuses taillées en biseau très obliquement de haut en bas et de dehors en dedans on obtiendra un allongement du fémur. L’obliquité du trait de fracture sera plus ou moins grande suivant que
le raccourcissement sera plus ou moins considérable. Si le membre inférieur malade a 6 centimètres de moins que le sain, le trait aboutra sur la face interne du fémur à 6 centimètres plus 2, c’est-à-dire à 8 centimètres plus bas. Pour Hennequin (38), sa longueur doit être égale à celle du raccourcissement, plus 2 ou 3 centimètres.
En dehors de cette obliquité de haut en bas et de dehors en dedans, il sera bon, pour remédier à la rotation, de donner au plan de section une deuxième inclinaison de haut en bas et d'avant en arrière. Cette obliquité permettra au fragment inférieur un mouvement de rotation interne sans que les deux branches osseuses s’abandonnent complèteeut
Manuel opératoire. — Décubitus dorsal, le membre dans l’extension.