‹ Contribution à l'Étude de la Coxa Vara TraumatiqueChapitre 22 sur 28 · OBSERVATION V (SPRENGEL · texte numérisé non relu

OBSERVATION V (SPRENGEL

Von H..., âgé de 18 ans, entré à l'hôpital le 17 novembre 1897, avait déjà souffert fréquemment au cours de l'été : il avait trainé la jambe. D'abord le malade, malgré des interrogatoires réitérés, nie tout traumatisme ; il affirme même que,six semaines auparavant, au cours d’une promenade, il ressentit des douleurs très violentes qui le forcèrent dès lors à boiter. Plus tard, l'origine traumatique étant mise en doute, le malade se rend enfin à nos demandes opiniâtres et raconte qu’en jouant il était tombé de la hauteur du genou d’un de ses amis, sur un plancher carrelé. Il avait ressenti une vive douleur et n'avait pu se relever : on avait

De EUTR

dû l'aider à gagner son lit. Dans les jours qui suivirent,les tentatives de marche faites par le jeune garçon furent vaines,mais elles furent continuées, parce qu'un médecin avait soi-disant diagnostüqué une « inflammation des nerfs » et recommandé le mouvement. Le malade boitait, se promenait un peu ayant des douleurs très peu intenses et s’aidant d’un bâton. Pas de changement dans cet état jusqu’à l’admission.

Etat actuel. — Jeune homme grand et mince, mais au reste paraissant bien portant. La jambe droite est en forte rotation en dehors ; flexion et abduction faciles. Quoique la moitié droite du bassin soit plus basse d'environ 2 centimètres que la gauche le raccourcissement fonclionnel s'élève à 2 centimètres et le raccourcissement réel à 4 centimètres. Le sommet du trochanter droit est manifestement anormalement remonté en haut et en arrière ; le trochanter n’est pas élargi. La partie antérieure de l'articulation est sensiblement plus bombée à droite qu'à gauche; celte différence est nette à la pression. Le malade marche très mal : il souffre pendant la marche et doit être aidé.

Dans ce cas, d'après la description précédente, il ne peut s'agir que d’une grave lésion du col du fémur, que nous regardons comme une coxa vara ; on décide la découverte du col fémoral et, suivant ce que l’on trouvera, l’ostéotomie ou la résection.

L'examen sous le chloroforme confirme en substance ce qu'on a vu précédemment. La flexion persistante se laisse en partie réduire ; tous les mouvements sont de très faible étendue,

Le 22 novembre, incision entre le tenseur du fascia lata et le moyen fessier et incision suivant la crête iliaque.

Après avoir détaché le lambeau cutanéo-musculo-périostique on arrive sur le col du fémur : celui-ci, alors que le trochanter se tient très en arrière, proémine fortement en avant, il est brusquement interrompu par une pointe un peu raboteuse. On a là l'impression d'une fracture. Le sourcil cotyloïdien et la tête fémorale sont tout près et se voient facilement. Par la rotation en dehors exagérée on luxe la tête et, avec la scie de Gigli, on extirpe le col sectionné au niveau de son fût.

Dans la cavité cotyloïdienne, quelques fongosités, mais certainement de nature non tuberculeuse. Il ne subsiste qu'un peu de ligament rond. Contre-incision antérieure par laquelle est introduit un drain dans la cavité cotyloïde ; suture profonde et superficielle ; appareil à extension au moyen duquel on réalise abduction avec facilité.

Suites opératoires satisfaisantes.

Pourtant la présence du drain est nécessaire pendant peutêtre plus de temps qu'il ne faut pour une réunion parfaite.

4 décembre. — Appareil plâtré du bassin appliqué avec une forte abduction. Le malade commence à marcher un peu à l’aide du « Gehbank ».

Février. — Nouvel appareil plâtré s’étendant jusqu'au genou. Est renvoyé avec ce bandage.

Etat actuel, 6 mai 1898. — L’opéré marche bien avec deux bâtons, pas trop mal avec un bâton, difficilement sans bâton, mais à la rigueur la marche sans aucun aide est possible.

La station sur la jambe opérée est impossible.

Raccourcissement fonctionnel : 4 centimètres.

Raccourcissement réel : 5 centimètres.

On ne peut déterminer la ligne de Nélaton-Roser, la flexion de la jambe sur la cuisse ne pouvant atteindre 90 degrés.

La ligne unissant le trochanter à l’épine iliaque antéro-supérieure va passer au-dessous de l’ombilic. Pas de lordose. Flexion jusqu’à 45 degrés. Abduction entre 15 et 20 degrés.

Rotation relativement très étendue.

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