‹ Contribution à l'Étude de la Coxa Vara TraumatiqueChapitre 5 sur 28 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Étiologie.

1° Fréquence. — Quelle est la fréquence de la coxa vara traumatique ? Pour répondre à cette question, nous devons d’abord rechercher quelle est la fréquence même de son facteur étiologique, c’est-à-dire, de la fracture ou du décollement épiphysaire du col fémoral chez les enfants el les adolescents. Joüon (33) dans son récent travail écrit : « De l’avis de tous les auteurs actuels, le décollement traumatique de l’épiphyse supérieure du fémur est rare ; mais, à mesure que l’on prête plus d’attention à la lésion, on la rencontre plus souvent. Ainsi Hutchinson (34) en a réuni 26 cas sur 390 décollements ; Poland en a trouvé 35 cas el sa statistique comprend près de 700 disjonctions des épiphyses. » Tout récemment, plusieurs cas qui auraient élé certainement méconnus autrefois, ont été révélés par l'emploi de la radiographie.

Il est encore plus difficile de fixer le pourcentage de ces lésions cervicales du col du fémnr compliquées secondairement de coxa vara. Du reste, maintenant que les fractures ou les décollements épiphysaires sont mieux connus, le traitement rationnel par l'extension continue longuement prolongée est plus tôt institué et la consolidation en

mauvaise attitude souvent évitée. Dans les 8 observations

Quesnot 2

LÉSANNET

de Royal Whitman, rapportées par Holfa (35) et concernant des malades revus dans la suite, nous trouvons trois fois le syndrome de coxa vara consécutif aux lésions traumatiques du col du fémur.

Nous savons qu'il est osé de tirer d’un aussi petit nombre de faits des notions statistiques, mais force nous est, faute de renseignements plus abondants sur ce point particulier, de nous arrêter provisoirement à ce chiffre de

2° Age. — Sprengel (36),s’appuyant sur ses trois observations, déclarait que la fin de la période de croissance était tout particulièrement susceptible de donner naissance à cette forme traumatique de la coxa vara. Deux de ses malades avaient 18 ans ; un autre était âgé de 17 ans. Mais, peu de temps après, contrairement à cette manière de voir, MM. Kirmisson, Joachimsthal, Kredel rapportèrent avoir observé cette affection chez des jeunes sujets de 5 ans, # ans 1/2 et5 ans 1/2.

Toutefois, la plupart des faits corroborent l'opinion énoncée par Sprengel : à ses 3 cas, nous ajouterons le nôtre, ceux de Coville, Royal Whitman, Clarke, Braman dans lesquels il s’agit d'adolescents. |

Du reste le tableau suivant, donné par Hoffa, nous autorise à nous rallier à l’avis de Sprengel. Sur 84 cas de décollements épiphysaires du col fémoral, il en relève :

34, de 13 à 16 ans; 15, de 174 20/ans:

18, de 6 à 12 ans:

17, de À à 5 ans.

D Ve

C'est donc de 12 à 17 ans que la coxa vara traumatique sera, sans doute, le plus souvent observée.

3° Sexe. — Un point sur lequel ont insisté nombre d'observateurs est, comme nous le verrons, la faiblesse du traumatisme suffisant à produire le décollement épiphysaire. Il n’est donc pas étonnant que le sexe féminin paie un tribut presque aussi lourd que le sexe masculin à ce type de coxa vara.

Cependant, nous devons reconnaître que, au cours de l’adolescence, au moment où les jeunes garçons commencent à se livrer aux rudes travaux, ils devront, sans doute, être, plus que les filles, exposés à l'accident producteur des lésions qui entraînent à leur suite la possibilité d’une déformation définitive du col fémoral.

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