‹ Contribution A L'Étude De La Cure Radicale Des Sinusites Frontales ChroniquesChapitre 7 sur 15 · PRINCIPES DIRECTEURS DE LA CURE RADICALE · texte numérisé non relu

PRINCIPES DIRECTEURS DE LA CURE RADICALE

INDICATIONS OPERATOIRES

I. Indications opératoires. — Les sinusites aiguës ou subaiguës ont une tendance spontanée vers la guérison, l'infundibulum est admirablement placé pour drainer les sécrétions dans le méat moyen, à moins d’une cause fortuite de rétention, la cavité finit par se désinfecter : sans penser que « depuis qu'ils ont pris le bistouri, les rhinologistes ont eu quelquefois la main un peu preste » (Lermoyez), il est certain que la fortune de certains procédés, dits de cure radicale, est due en partie du moins à leur application à des cas de sinusites sensibles aux traitements mème anodins.

Tous les sinus frontaux atteints de suppuration chronique doivent-ils être trépanés systématiquement ? Quand l’empyème est isolé, unilatéral, avec un écoulement purulent pas trop abondant accompagné de peu ou pas de céphalée, l'abs- Lention, à condition de pouvoir observer le malade et de se tenir prêt à la première éventualité, est conseillée par beaucoup et ceux-là citent des malades suivis pendant des années qui n'ont jamais eu d'accidents.

Georges Laurens observe, dit-il, ainsi, depuis 7 ans, douze malades atteints de sinusite frontale pure et qui n'ont jamais eu d'accidents. Molinié a publié une série analogue de 15 cas.

Le docteur Martin nous a montré également trois malades, une jeune fille ayant une sinusite frontale double, deux femmes de 40 à 50 ans, maintenues depuis cinq ans en observation.

La crainte de la cicatrice visible, le peu de gravité des symptômes, à part l'écoulement purulent, font ainsi conserver cette situation d'attente.

Cependant les sinusites suppurées chroniques sont des affections, avons-nous dit, essentiellement graves, car elles sont incurables spontanément et non traitées peuvent conduire à la mort, par lésion cérébrale ou pyohémie. Cette gravité des complications bien qu'exceptionnelles doit faire réfléchir et plaider la cause de la cure radicale des sinusites.

La comparaison s'impose de ces suppurations mal placées avec les mastoïdites suppurées chroniques, ici la trépanation est la règle, le malade l’accepte, le pavillon de l'oreille est là pour couvrir le dégat chirurgical. Pourtant la parole d'Arizza s'applique aussi bien au sinus qu'à l'oreille, à savoir : « tout individu qui porte une otorrhée en mourra, s'il ne meurt avant de quelque chose ». En tout cas, c’est une faute grave d'attendre les complications pour intervenir et, il faut le dire, les spécialistes ont rendu le grand service de démontrer que la sinusite frontale peut et doit être reconnue et traitée avant le phlegmon du voisinage, l'abcès cérébral, la méningite, la fistule, l'infection généralisée.

En pratique on peut distinguer 2 cas.

1° Dans l’'empyème fermé à manifestations orbitaires, en général il faut toujours trépaner, et de bonne heure, pour devancer les complications cérébrales, labcès orbitaire et à plus forte raison la fistule ;

20 Dans l’'empyème ouvert, à manifestations purement nasales, il ne faut trépaner que :

A. En cas d'échec de traitement patiemment institué des

voies naturelles ;

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