‹ Contribution à l'étude de la Dermite Chronique Humide du Cuir CheveluChapitre 10 sur 20 · ANT · texte numérisé non relu

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Mais quelle est cette diathèse admise par la plupart des auteurs de l'Ecole française? Pour Hardy et ses élèves, tout eczéma dépend de la diathèse dartreuse où herpétique, et, pour eux, la prédisposition joue le principal rôle dans la production de la maladie. Bazin, au contraire, croit que l’eczéma, en général, peut se rapporter à trois diathèses différentes : scrofule, herpétisme et arthritisme, et qu'il varie suivant qu’il appartient à l’une ou l’autre de ces diathèses. Nous avons déjà vu qu’à la tête, Bazin n’admet que l’eczéma scrofuleux et l’eczéma dartreux, en faisant remarquer la plus grande fréquence de l’eczéma scrofuleux, qu’il décrit sous le nom de scrofulide exsu-

dative.

D’autres auteurs, comme Guibout, admettent l’eczéma scrofuleux de la tête, en repoussant l’eczéma arthritique, tandis que d’autres, avec Vidal, repoussent l’eczéma herpétique.

Pour nous, nous avons remarqué que plusieurs malades, atteints de dermite chronique humide du cuir chevelu, étaient des sujets scrofuleux avec facies lymphatique, mais que beaucoup d’autres n’avaient jamais présenté, dans leur enfance, ni engorgements ganglionnaires, ni conjonctivite, ni blépharite, ni rhinite, ni otorrhée, etque bien souvent ces malades jouissaient d’une bonne santé, qu'ils avaient un bon état général. C’est ainsi que la jeune fille de l’observation I entrée dans le service de M.Augagneur à l’âge de dix ans et arrivée à l’âge de dix-huit ans, s’est très normalement et très bien développée. Ainsi donc, nous ne pouvons pas admettre la serofule comme cause prédisposante de la dermite chronique humide du cuir chevelu; mais, en niant ainsi l’influence de la scrofule, nous n’arrivons pas au

2-05 nihilisme étiologique de Hébra, car nous admettons l’influence d’une cause interne qui n’est ni la scrofule, ni la tuberculose, ni l’herpétisme, ni l’arthritisme. Quelle est donc sa nature? Nous ne la connaissons pas, mais on peut admettre facilement que cette cause interne consiste dans la présence dans le sang, de certaines toxines qui en s’éliminant, soit par les glandes sudoripares, soit par les glandes sébacées, produiraient la maladie du cuir chevelu.

Il ne rentre pas dans l’ordre de ce modeste travail de démontrer la véracité de cette hypothèse, mais nous devons constater qu’elle n’est en contradiction avec aucune donnée scientifique et qu’elle est facilement admissible,

Nous devons dire un mot de l’hérédité de la dermite chronique humide du cuir chevelu et de sa contagion. L’hérédité formellement niée par Hébra, ne nous parait pasdémontrée. En effet, la plupart des enfants atteints ont des parents bien portants et qui n’ont jamais eu d'affection cutanée.

Quant à la contagiosité, quoiqu’elle ne soit pas très nettement démontrée, il nous semble qu’on ne doit pas la rejeter. En effet, plusieurs des enfants atteints de dermite chronique humide du cuir chevelu fréquentaient des écoles où certains de leurs camarades présentaient la même affection ; plusieurs autres avaient, dans leur famille, des frères ou des sœurs déjà atteints de dermite chronique humide du cuir chevelu. Comment se fait cette contagion ? Estelle due à un parasite ou à un microbe ? C’est ce qu'on ne sait pas.

En résumé, la dermite chronique humide du cuir che velu reconnait, au point de vue étiologique, deux causes : l’une interne, qui prédispose ; l’autre externe, qui détermine et localise.

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