‹ Contribution À L'Étude De La Désinfection Du Champ Opératoire Par La Teinture D'Iode Sans Lavage PréalableChapitre 30 sur 34 · CAS DE RÉSULTATS PARFAITS · texte numérisé non relu

CAS DE RÉSULTATS PARFAITS

Dans 18 cas le résultat fut parfait. Réunion per primam sans fièvre ni suppuralion.

Ceci n’est que l'interprétation brute des faits dans leur ensemble : il nous paraît plus rationnel de les interpréter en les divisant suivant que lPintervention a porté sur des issus sains ou relativement sains, ou bien sur des tissus malades el en mauvais état, Voici la statistique que nous

fournira pareille interprétation.

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1° Intervention sur tissus non sepliques. Hernies. Becde-lièvre. Kyste dermoïde. Fibro-adénome du sein, ete. 18 cas.

Nous avons 18observations dans lesquelles le succès est complet, qui donne 18/18 soit 100/100 de réunion par première intention des tissus non séptiques.

2° Intervention sur tissus modifiés par un processus morbide : suppuration, dénutrilion, ete. Nous avons ici 7 cas, el dans 5 cas réunion per primam, ce qui donne 70,5 °/, de réunion par première intention des issus

modifiés (Observations [, V,X, XVII, XXIX).

IT. — Interprétation des cas fournis par MM. les professeurs agrégés Riche et Jeanbrau

lei les observations ont porté sur 12 malades dont la peau est saine ou relativement saine. La réunion par première intention a été la règle, venant ainsi confirmer notre statistique précédente.

En ce qui concerne la température, nous avons en main des courbes très intéressantes de M. le professeur agrégé Riche. Chez 11 malades, la temp. axillaire n'a jamais dépassé 37°5. Le soir de l'intervention cependant, dans 3 cas nous notons : 37°7, 37°8, 37°6. Cette élévation thermique survenue le jour même de l'intervention doit être attribuée au mode d’anesthésie employé: la rachistovaïnisation, comme l’a remarqué M. Riche. En tout cas, l'époque même de l'apparition du crochet thermique suffit à éliminer l'hypothèse d'une infection post-opératoire. Dans un cas enfin {observation 31) nous avons eu 3807 au cinquième jour; le malade avait une broncho-

1m — pneumonie et la suppuration qu'il présenta était d'ordre particulier. ,

Dans un cas d'hydronéphrose enfin (docteur Jeanbrau) il faut tenir compte de la longueur de ta plaie et du processus sous-jacent, pour apprécier la valeur du procédé. M.le docteur François Fournier nous a dit que son maitre M. le professeur agrégé Jeanbrau trouvait les résultats obtenus par la désinfection iodée, supérieurs à ceux fournis par les autres moyens, aussi bien dans ce cas particulier que dans d’autres cas moins importants où il eut l’occasion de s’en servir (ponction vésicale, abcès, etc...)

Nous ne saurions mieux faire pour terminer ce chapitre que de-transcrire une lettre de M. le D' Routier, chirurgien des hôpitaux de Paris. La statistique des cas où il employa le procédé, la modification qu'il apporta à la méthode, le pourquoi de cette modification et la raison pour laquelle le procédé de Grossich ne s'est pas encore généralisé, la concision nette avec laquelle il fait ressortir les avantages de la méthode: tout cela nous engage à transcrire in integro cette lettre si intéressante et instructive à tous les points de vue :

« Si vous avez lu ma communication à la Société de Chirurgie à propos de la méthode de Grossich, vous avez vu comment j'avais été conduit à m'en servir une première fois pour un cas désespéré : inondation péritonéale par suite de rupture de grossesse extra-utérine, estimant qu'en évitant le brossage du ventre je rendais service à ma malade.

» Je l'ai depuis essayée à plusieurs reprises: j'avais même réunt 26 observations pour les présenter à la

or -E Société où une discussion devait s'ouvrir, mais je n'ai pas donné suite. Je me sers encore de temps en temps de la teinture d'iode pour aseptiser la peau, toujours comme l’a indiqué Grossich, sans lavage préalable.

» J'ai pratiqué ainsi des laparotomies, des cures de hernies, d'hydrocèles (résection de la vaginale), des extirpations de saphènes dans toute leur longueur, des ampulations de seins, une amputation de jambe, une amputation du doigt index. La réunion par première intention a toujours été obtenue dans ces cas sauf dans un cas: laparotomie pour appendicite ; j'avais dû lier l’épigastrique ; 18 jours après, il y a eu abcès et désunion : c'était sans doute dû au catgut.

» Au début je faisais comme l'avait dit Grossich :

» 1° Badigeonnage à la teinture d’iode avant l’opération ;

» 2° Deuxième badigeonnage après l’incision de la peau et la teinture d’iode touchait les tranches cutanées :

» 3° Un troisième badigeonnage avant de faire la suture. Souvent j'ai eu malgré la réunion comme un petit épanchement séreux sous la peau qu'on évacuait par un pertuis imperceptible, et le tout guérissail sans suppuration aucune.

» Je ne fais plus que le badigeonnage initial, à plusieurs couches, pendant qu’on endort mon malade; jen’ai plus eu ces épanchements.

» En somme j'estime que cette méthode offre une sécurité parfaite et qu'elle est précieuse surtout pour les opérations isolées, à la campagne ou dans les petites villes.

» Dans mon service, à l'hôpital, je m'en sers quelquefois ;: mais, très entouré, J'apprends en outre aux élèves

Ph PR PROS OS EN ME NNNE ES

er qu'il faut se laver les mains et la peau du malade, c'est ce qui fait que je ne l'ai pas tout à fait généralisée. »

I n'y a rien à ajouter à pareille communication. Nous ferons simplement remarquer que M. le docteur Routier a été amené à modifier la méthode dans le même sens que M. le professeur Estor; que l'accident des bulles séreuses sous-cutanées déjà remarqué par Grekoff est le fait de l'irritation iodée, puisqu'on n'a plus cet inconvénient en ne faisant qu'une seule application.

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