LEROY ARMES
binson » avons été frappés à plusieurs reprises des résul- {als en apparence paradoxaux que nous avons obtenus ; ainsi, au cours de passages effectués au cours des mois de juillet et août 1941, nous avons remarqué des différences considérables dans l'aspect des lésions déterminées en injection intradermique, par le virus testiculaire des passages : 203, 204, 205, 207 et 209.
Nous avions attribué.la différence d’aspect des lésions à des conditions individuelles : animaux plus ou moins âgés, testicules plus ou moins développés, voire atrophiés.
Nous avons repris l'étude de cette question au cours de nos recherches sur les effets diffusants de l'extrait testiculaire.
Les expériences suivantes ont été réalisées :
Le lapin numéro 95 recoit le 12 avril 1944, du côté droit trois intradermos : la première de 1/4 de centimètre cube de dermo-vaccin au dixième ; la seconde de 1/4 de centimètre cube de neuro-vaccin au dixième, et la troisième de la même quantité de testi-vaccin au dixième.
Du côté droit ce lapin recoit les mêmes doses des trois précédents vaccins mais dilués dans de lJ’extrait testiculaire extemporanément.
On remarque immédiatement que les injections intradermiques contenant de l’extrait testiculaire s’affaissent tandis que les autres restent saillantes.
Au bout de cinq jours, les lésions vaccinales, chacune avec
leurs caractères particuliers sont plus larges du côté où a été injecté l’extrait testiculaire.
Dans cette expérience, le testi-vaccin s’est donc comporté comme le dermo-vaccin ou le neuro-vaccin et a été capable d’être diffusé par l'extrait testiculaire.
Le lapin numéro 84 reçoit le même jour des injections intradermiques absolument semblables des trois mêmes vaccins, mais à la dilution du centième.
Des résultats absolument symétriques sont observés.
Là ençore, le testi-vaccin s’est montré capable d’être diffusé par l'extrait testiculaire.
Remarquons que, dans ces deux cas, le testi-vaecin employé est le même et provient du broyage du testicule du lapin « L » (orchite. du 9° jour).
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Au contraire le lapin 89 recevant le 25 avril 1944 à droite des injections de dermo-vaccin, neuro-vaccin et testi-vaccin au centième et à gauche les mêmes injections associées à de l’extrait testiculaire, présente cinq jours après des lésions diffusées par rapport aux lésions témoins, pour le dermo et le neurovaccin associé à l'extrait testiculaire et des lésions absolument semblables et toutes deux très réduites pour le testi-vaccin seul et pour le testi-vaccin associé à l’extrait testiculaire.
Ajoutons que ce testiculo-vaccin employé provient du testicule du lapin 71 (orchite du cinquième jour, mais testicule peu enflammé, ce que nous expliquons par le fait que ce lapin avait été antérieurement inoculé de
syphilis dans le même testicule).
Enfin, le protocole du lapin numéro 90 est le suivant: I
recoit le 5 mai 1944 sur deux plages antérieures une injection intradermique de testi-vaccin à droite, à gauche une injection intradermique de testi-vaccin associé à de lPextrait testiculaire. Sur deux plages postérieures il reçoit : à droite'extrait testiculaire plus encre de chine, à gauche testi-vaccin plus encre de chine.
Immédiatement on remarque que les papules des injections intradermiques de testi-vaccin seul et de testi-vaccin associé à de lextrait testiculaire s’affaissent aussitôt et que l'encre de chine diffuse aussi bien avec le testi-vaccin qu'avec l’extrait testiculaire. |
Au bout de cinq jours on observe pour le testi-vaccin seul et pour le testi-vaccin associé à l'extrait testiculaire ainsi que pour le testi-vaccin associé à l’encre de chine, trois grosses lésions vaccinale, absolument comparables.
Notons que le testi-vaccin employé provenait du tes- Uücule du lapin N° 85 (formidable orchite du quatrième jour caractérisée par un testicule énorme extrêmemeni enflammé, lurgescent, auquel était associé un œdème scrotal très important.)
Telies sont les quatre expériences dont nous devons essayer d'expliquer les résultats en apparence discordants, à savoir : A4
1. -— Que chez les lapins 95 et 84, le testi-vaccin a déterminé une lésion intradermique relativement imporiante qui a subi une diffusion par adjonction d'extrait testiculaire.
2. — Que chez le lapin 89 le testi-vaccin a déterminé une lésion intradermique minime que n’a pu augmenter l'extrait testiculaire.
3. —— Que chez le lapin 90 le testi-vaccin a déterminé une trés grosse lésion que n’a pas augmenté l'extrait tesüculaire.
Nous croyons que les explications suivantes peuvent être données
* A. — Pour le lapin 89 la lésion minime est due au
fait que le lesti-vaccin employé provenait d’un testicule sclérosé par une syphilis expérimentale antérieure. Ce testicule contenait donc très peu de virus vaccinal et le fait d’adjoindre de l'extrait testiculaire n’a pu déterminer une diffusion de la lésion.
B. —— Pour les différences observées entre les lapins 9 et 8t d’une part (ou le testi-vacin est capable d’être diffusé) et le lapin 90 d'autre part (où le testi-vaccin ne peut être diffusé) nous croyons qu’elles s'expliquent par la date à laquelle est prélevé le testicule atteint d’orchits vaccinale (9° jour lapin 95 et 84, 4 jour lapin 90) ; à notre avis, quand l’orchite est à son début la culture dui virus est à son maximum et le facteur de diffusion persiste dans le testicule ; quand au contraire l’orchite arrive à une phase plus tardive, le testicule est moins riche en virus et surtout l’inflammation a fait disparaître le facteur de diffusion ; par conséquent lorsque le testicule est prélevé au début de Forchite, l’adjonction d'extrait testiculaire ne saurait augmenter la lésion déjà diffusée par l’action du facteur de diffusion contenu dans le testicule lui-même, tandis que lorsque le matériel provient d’un lesucule depuis plus longtemps en évolution orchitique, l'extrait tesliculaire surajouté garde toute son action sur le testi-virus dont le support testiculaire est, du fait de l’inflammation, dépourvu de facteur de diffusion.
Cette hypothèse nous paraît d’ailleurs confirmée par les expériences suivantes
Le 19 mai 1944 le lapin numéro 21 recoit dans chaque testicule un huitième de centimètre cube du testi-vaccin 20.
Le 24 mai, soit cinq jours après: l’injection, le testicule droit est prélevé, il est énorme et turgescent.
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Le 31 mai, soit douze jours après l’injection, le testicule gauche est prélevé à son tour, il est encore un peu gros, mais pèse la moitié du poids du testicule droit préleve le 24 mai.
Ces deux testicules sont expertisés : 1) du point de vue richesse en virus et facteur de diffusion; 2) du point de vue antomo-pathologique.
1) Le lapin 86 recoit deux injections intradermiques : à gauche du broyat du testicule du 24 mai associé à de l’encre de chine, à droite du broyat du testicule du 31 mai àssocié également à de l‘encre de chine. '
On note immédiatement une diffusion de lencre de chine à gauche et non à droite. Au bout de cinq jours : à droite une petite lésion ecchymotique légèrement infiltrée, à gauche un gros placard infiltré de la dimension #’une pièce de cinq francs, avec bourrelet et au centre une zone escharotique et hémorragique, autour de ce placard quelques papules érythémateuses de vaccine généralisée.
Ainsi il semble bien que, dans l’orchite du cinquième jour, se trouve présent le facteur, ce qui explique la diffusion immédiate de l’encre de chine et l'importance de la lésion vaccinale au cinquième jour ; tandis que dans l’orchite du douzième jour, le facteur de diffusion a disparu, ce qui fait comprendre la non diffusion de l'encre de chine immédiatement et la faible étendue de la lésion vaccinale.
2. — L'examen anatomo-pathologique pratiqué par M. DELARUE révèle que, le cinquième jour, au milieu d’une inflammation intense persistent des sections normales de tubes séminifères.
Tandis que le douzième jour l’ensemble du testicule est frappé de phénomènes de nécrobiose ; on reconnait encore l'architecture générale de lorgane, mais il ne reste que quelques vestiges à peine perceptibles des éléments de la lignée séminale.
NQTE. -— Dans une série d’expérience actuellement en cours, nous étudions comme l’a fait Duran-Reynals (34-39) la coexistence dans un testicule de lapin immun du facteur de diffusion et des anticorps virulicides pour le virus vaccinal.
Signalons seulement que pour mettre envidence ces anticorps il faut prolonger longtemps le contact in-vitro du brovat testiculaire et du virus destiné à être inoculé à un animal neuf alors que pour tester le facteur de diffusion le mélange du broyat testiculaire et des particules à diffuser est toujours fait extemporanément juste avant le moment de l'injection.
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Nous nous croyons done autorisés à conclure que les résultats en apparence discordants déterminé par l’injecüon intradermique de produits virulents représentés par des broyats d’orchites vaccinales peuvent être expliqués par la plus ou moins grande richesse de ces broyats en virus d’une part et en extrait diffusant d'autre part, ces deux éléments pouvant varier selon l’état antérieur du testicule et le cours évolutif de l’orchite.
2° Une question, dès lors, pourrait se poser :
L'aspect hémorragique et nécrotique classiquement décrit comme caractéristique du testi-vaccin ne serait-il pas lié à l’action associée de l'extrait testiculaire ?
Nous avons en effet observé ce caractère, beaucoup pius nettement dans l’orchite de cinq jours que dans lorchite de douze jours.
Etant donné qu’un neuro-vaccin ou un allantoido- -vacein déterminent le même asepct hémorragique et nécrotique, on pourrait se demander si le substratum « cerveau » ou le substratum « allantoïde >» ne Joueraient pas alors un rôle analogue à celui de lPextrait testiculaire
À la vérité cette hypothèse ne paraît pas bre par les faits ; dès 1924 BURXNET et CONSEIL (8) avaient essayé en mélangeant én-vitro un virus recueilli sur [a peau de la génisse à un broyat de substance cérébrale et en inoculant le complexe, de reproduire de telles lésions hémorragiques et nécrotiques ; ils n’y avaient pas réussi. Nous mêmes, avons tenté de conférer ce caractère hémorragique à un dermo-vaccin en l’associant à un broyat de membrane chorio-allantoïde sans plus de succès. Et nous avons rapporté précédemment que l’adjonction d'extrait testiculaire à un dermo-virus, s’il réussit à déterminer des lésions plus étendues, ne modifie en rien l'aspect de celles-ci.
Faudrait-il alors penser que la différence des iésions déterminées par l’orchite du cinquième ou du douzième jour est simplement due à une plus ou moins grande richesse en virus à ces deux datés ? Cette hypothèse non
sius ne semble pas pouvoir être admise puisqu’un vaccin de culture épidermique aussi concentré en virus soit-il, ne parait jamais capable de déterminer de telles lésions hémorragiques.
Nous en revenons donc à l'hypothèse d’une différence d’affinité entre virus épidermique, d’une part, testiculovirus, neuro-virus ou allantoïdo-virus d’autre part, hypothèse comme nous l’avons déjà dit, formulée par M. Le- VADITI et adoptée par de nombreux auteurs, BURNET et CONSEIL en particulier. Selon l’expression de ALDERSHOFF, PoxzMaNx et Porr (8), tout se passe comme si « la réaction hémorragique était une propriété spécifique de tous les virus vaccinaux cultivés ailleurs que sur l’épiderme, l’absence de réaction hémorragique étant probablement une propriété caractéristique du dermo-virus ».
Au terme de cette étude sur les rapports entre l’exirait testiculaire et le virus de culture testiculaire, nous dirons que si le facteur de diffusion testiculaire décrit par DÜURAN-REYNALS rend compte d’un certain nombre de faits depuis longtemps signalés concernant le testiculo- ‘vaccin il laisse, par contre dans l’ombre, toute une face du problème, celle qui a trait aux affinités particulières du testiculovirus pour les couches profondes du revêtement cutané, dont lexplication pourrait vraisemblablement être cherchée dans un tout autre sens, celui d’une modification légère de la constitution stéréo-ch'mique du virus vacecinal, par exemple.