‹ Contribution à l'étude de la diffusion dans le tissu conjonctif des particules colorées ou virulentesChapitre 35 sur 46 · ESSAI DE SYNTHESE DU FACTEUR DE DIFFUSION · texte numérisé non relu

ESSAI DE SYNTHESE DU FACTEUR DE DIFFUSION

Nous venons de voir que, par des méthodes chimiques habituelles, il semblait possible de localiser le facteur de diffusion dans la fraction globulinique des protéines ; tout essai plus poussé d'identification chimique du facteur a jusqu’à présent échoué par la méthode analytique

ALBERT CLAUDE (15) a paru pouvoir faire progresser nos Connaissances chimiques sur le facteur de diffusion en tentant au contraire un essai de réalisation synthélique.

Il a été mis sur la voie des recherches que nous allons résumer, par la constatation suivante En testant l’action de certains composés diazoïques sur la perméabilité de la peau, il reconnut que ces Com posés s’avérèrent être des agents diffusants vraiment actifs. k

Il essaya alors de préciser à quelle portion de ces composés diazoïques était attribuable l’action apparente sur la perméabilité du derme.

L'acide sulfanilique à partir duquel le composé diazoïque est préparé est dépourvu d'activité diffusante.

Le composé diazoïque, à savoir l’acide p-diazobenzénesulfonique a, au contraire, un léger effet sur la perméabilité de la peau, mais ce composé diazoïque est très instable et il a une action irritative chez l’animal lorsqu'il est injecté en intradermique.

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ALBERT-CLAUDE a réussi, en couplant le composé diazoïque avec de la tyrosine, de l’histidine ou d’autres substances de petit poids moléculaire, à obtenir un composediazoïque stable qui détermine en intradermique une diffusion semblable à celle du diazo de l’acide sulfanïirque, mais cette fois sans action irritative. à

Toutes les diffusions obtenues jusqu’à présent étaient légères et nullement comparables à celles obtenues par l'extrait testiculaire ; ALBERT CLAUDE a alors combiné Pacide diazobenzène sulfonique avec de grosses molécules telles que celles provenant de sérums de diverses origines, d’albumine d'œufs, de caséine de gélatine.

Les azo-protéines préparées à partir de protéines sériques ou de protéines provenant d’albumine d'œuf, détermineérent des diffusions étendues fort comparables à celle provoquée par l’extrait testiculaire ; celles préparées avec de la gélatine, une diffusion moindre.

Des expériences complémentaires permirent à A. CLAUDE, comparativement à l’effet diffuseur, d'étudier je rôle de la proportion relative des divers composants des azo-protéines, le rôle de la nature des différents acides aminés contenus dans la protéine, capables de réagir avec les composés diazoïques (tyrosine et histidine) et de préciser que l’acide sulfanilique pouvait indifféremment être remplacé par l’aniline ou lPacide arsanilique.

Il conclut que la propriété de diffusion conférée à la protéine par le couplage, paraît dériver de la présence d’un azo-groupe, que le pouvoir de diffusion d’une azoprotéine parait être déterminée par le nombre de diazogroupes qui entrent dans la molécule protéique, le type de la protéine comme celui du dérivé arômatique choisi pour le couplage n’affectant pas spécifiquement la propriété de dffusion. Il ajoute que lorsqu'un sel de diazonium est introduit dans le milieu neutre ou légèrement alcalin de la peau, ce couplage pourrait se faire aux dépens des propres protéines du sujet.

Ce qui semble particulièrement intéressant dans les recherches d’ALBERT-CLAUDE, c’est qu’il est ainsi amené à faire jouer un rôle dans la diffusion, plus au mode de couplage de la protéine qu’au type de la protéine ou du composé diazoïque ; il ajoute qu’un rôle important dans le phénomène de la diffusion semble être joué par la pression osmotique des azo-protéines qui est plus grande que celle des protéines originelles et suggère « que nous sommes ici en présence d'un phénomène plutôt physique que chimique ».

Nous conclurions volontiers que c’est plus dans la forme de la molécule de lazo-protéine que dans la nature de ses constituants qu'il faut chercher le véritable déterminisme de son activité.

Cette conclusion, bien que rien ne prouve que les azo-protéines et les extraits testiculaires aient un même commun mécanisme d'action, alors que tous deux déterminent cependant des effets de diffusion d'aspect fort semblable, nous pensons qu’elle est particulièrement importante pour la conception générale de la diffusion de substances variées dans le derme.

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