‹ Contribution À L'Étude De La Diphtérie Chez Les Nouveau-NésChapitre 7 sur 11 · RENE. ER · texte numérisé non relu

RENE. ER

diphtériques dans certains coryzas purulents non menbraneux de l'enfant et du nourrisson et les identifient après inoculation au cobaye.

La question paraît être restée en suspens pendant les vingt années suivantes, cependant en 1905 on lit dans le traité des maladies de l'enfance de Grancher et Comby la description de diphtéries nasales ; mais ils insistent sur la rareté de l’angine chez les très jeunes sujets.

La thèse de Musy de Lyon en 1906 confirme ces faits et signale cependant la présence de bacilles diphtériques chez 48 enfants de moins d’un an sur 1593 cas. Sur les 48 cas positifs 7 seulement ont moins de 6 mois, et 4 moins de 6 semaines : c’est-àdire chez le nourrisson au cours des premières semaines moins de 1/395 cas.

Un peu plus tard Rolleston à Londres au (Grove Fover Hospital) publie la statistique suivante. Sur 7.285 ensemensements échelonnés entre Le 23 août 1899 et le 31 décembre 1909, 76 de moins d’un an, c'est-à-dire (1,04 %) sont positifs et 4 seulement sur ces 76 cas reviennent à des nourrissons de moins de deux mois : c’est-à-dire à peu près 1/1800. Encore faut-il ajouter que ces nombres correspondent à l’ensemble des manifestations diphtériques. Au contraire en 1910 Lemoine publie dans la société médicale des hôpitaux une statistique où il existe 35 à 4o % de cas positifs.

En 1919, Rolleston publie une nouvelle statistique qui se rapproche des résultats obtenus 10 ans auparavant.

Ne

Sur 2.660 nourrissons observés pendant les 12 antiées précédentes, 20 cas sont positifs chez des nourrissons de moins d’un an et dans le détail :

13 de 7 à 12 mois h avant 5 mois -3 avant 2 mois.

Puis paraît le « Traité pratique des maladies du premier âge » de Variot, en 1921, où il mentionne, qu'en 4 ans, sur 58 diphtériques traités il n’a pas eu un seul cas positif au dessous d’un an à l'hospice dépositaire. Il rapporte aussi la statistique de Barbillon faite à la pouponnière de Chatillon où on trouve seulement 1 cas d’angine diphtérique $ur plus de 1.200 nourrissons: À

Ajoutons pour mémoire la statistique de Baginski en 1916 qui, sur 2.711 ensemencements, n’en décèle que 15 positifs avant 6 mois r/180 (American Journal diseases of children).

Un peu plus tard, on retrouve la thèse de Chevalley (Paris 1921) où l’auteur insiste sur la difficulté du diagnostic de la diphtérie chez le nourrisson, sur la rareté de l’angine typique et au contraire la fréquence de coryzas, de plaies cutanées, d'accidents généraux minirnes. Parallèlement, les auteurs étrangers publient les statistiques suivantes

Ivens et Stern (Jarhb. für Kinderheïlkunde T, XC 95 n° 8 et 4 1921) trouvent 12,5 % de cas positifs à Lœfflér et 57 % de bacilles diphtéroïdes. En même temps en novembre 1921, Schœdel trouve à Fribourg 84 % de cas positifs, il annonce d’ailleurs une sta-

De

Ustique variable de 58 % à 84 %. Enfin Maÿer ensemence les noürrissons des crèches et trouve 33 % de Cas positifs.

Puis apparaissent quélques travaux relatant l’atteinte par le bacille de Lœæffler du nouveau-né avant sa sortie de là maternité. C’est ainsi que le Professéuür Brindéauü publié däns le Bulletin de l’académie de Médecine g observations de diphtéries näsales thez lé nourrisson qui dans 8 cas se términèrent par la mort.

Trois ans plus tard Ribadeau Dumas, Lacomme et Loiseau rapportent à la Société médicale des Hôpitaux en 1954 l'existeñice de diphtéries nasales chez dés nourrissons dont l’âge évoluait entré 3 mois et 1/2 et 6 seraines. Cette épidémie attribuée par l’auteur à la venue de porteurs de germes fût d’ailleurs peu grave, contrairement à ce qui est observé häbituellement ainsi que le moñtre la publication antérieure de Brindeau que nous avons rapportée et celle de Rolleston qui accuse une mortalité de 33 % au cours d’un article écrit dans l'American journal en

Signalons éncoré la publication de Lecunda dans l’Archive of Pediatrie de décembre 1925 où il relate un cas de diphtérie näsale, Chez un nouveäuné de 4 jours, à bacilles moyens et longs, et qui guérit rapidément après deux injéctions de sérum.

Dans les années qui suivent la diphtérie chez le nourrisson fait l'objet de nombreuses études.

Chevalley, sur 1.000 nourrissons admis à l’hospice des enfants ässistés, trouve du bäcille moyen

virulent chez 100 nourrissons (10 %). Il insiste en outre sur la grosse mortalité de ces porteurs de germes par infection intercurrente plus de 56 % alors que chez les non porteur la mortalité n’est que de 20 %.

Il précise de plus que 20 % de ces nourrissons étaient porteurs de germes avant leur entrée à l’hôpital. (Société de pédiatrie 17 mai 1927).

Presque en même temps, le 17 février 19257, (Société médicale des hôpitaux), Ribadeau Dumas et Chabrun rapportent ; que sur 986 cas de rhino-pharyngites chez le nourrisson, 127 cas c'est-à-dire 12,5 % sont positifs à bacilles de Lœffler, dont 1 cas chez un nourrisson de 15 jours. De plus ils insistent sur les caractères anormaux de cette diphtérie et la . difficulté du diagnostic. À la même séance le professeur Lesné insiste sur la difficulté du diagnostic au dessous de 20 mois : sur 341 enfants, 48 sont porteurs de germes et à la crèche sur 144 nourrissons 7 ont des bacilles de Læffler, c'est-à-dire 5 %.

La même année paraît la thèse de Somsoen, Faculté de Paris 1927, où l’auteur trouve 35 % de cas positifs sur 176 nourrissons hospitalisés aux enfants assistés. Il a de plus le mérite de mettre en évidence le rôle du bacille diphtérique au cours de certaines bronchopneumonies apparues pendant la rougeole.

Au contraire au Congrès de Pédiatrie de Lausanne en 1927 Dufourt de Lyon insiste sur l'extrême rareté du bacille diphtérique chez le nourrisson.

Enfin nous citerons encore les travaux suivants :

Pour Ribadeau Dumas et Chabrun, il ef néces-

saire d’ensemencer le mucus nasal du nourrisson pour retrouver le bacille diphtérique. (Soc. Méd. des hôpitaux, 17 janvier 1928).

Lereboullet considère que les cas positifs sont tellement fréquents qu'il préconise systématiquement l'examen du mucus nasal (Soc. Med. des Hôpitaux 17 janvier 1928).

Vinante en Italie ro % des nourrissons normaux sont porteurs de bacille de LϾffler.

Puis vient la thèse de Monteux en 1928 où l’auteur sur 200 nourrissons venus de ville trouve 29 % de ceux-ci porteurs de bacilles pseudo-diphtériques mais aucun n’a de bacille de Lœffller :

Cette opinion est celle de Letondal qui trouve 1/100 de porteurs de porteurs de germes et rapporte les statistiques d'Armand Delille à l'Hôpital Herold 2 %. Rolleston Londres 1,5 %. (Union médic. du Canada Octobre 1928).

De cette longue étude il ressort que la fréquence de la diphtérie chez le nourrisson est très variable suivant les auteurs. Cela tient ; certes aux conditions d'examens et aux méthodes employées, mais aussi croyons-nous, au milieu et à l’âge des nournourrissons examinés. C’est pourquoi les cas de diphtérie occulte chez le nourrisson apparaissent fréquents avec Chevalley, Ribadeau Dumas, Lesné et Lereboullet, rares au contraire avec Rolleston, Variot, Baginski, Monteux, Letondal, etc.

Toutefois, il ressort que la diphtérie chez le nouveau-né pendant son séjour à la maternité est excep- tionnelle. Les épidémies citées par Brindeau en 1921,

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