‹ Contribution à l'étude de la diphtérie puerpérale (Infection puerperale à bacilles de Loeffler)Chapitre 13 sur 23 · V. — Symptomatologie · texte numérisé non relu

V. — Symptomatologie

- Les signes cliniques traduisant la diphtérie puerpérale doivent être minutieusement analysés car, ainsi que nous allons le constater, il est possible en étudiant soigneusement les observations que nous avons rassemblées d'en déduire un certain nombre de particularités cliniques susceptibles d’éveiller l'attention et de faire soupçonner que l'infection constatée a une autre origine que l'infection puerpérale banale, qui est le plus ordinairement diagnostiquée les premiers jours.

Il y a dans la diphtérie, quel qu’en soit le siège initial, des symptômes locaux fournis par la fausse membrane et des symptômes de réaction générale, d’empoisonnement secondaire, très variables en intensité, en forme, en apparence, parfois nuls.

a) Date d'apparition de l'Infection.

Mais avant de se traduire par des symptômes quelconques, la diphtérie présente comme les autres maladies infectieuses une période latente ou d'incubation, généralement courte, réduite quelquefois à 24 heures, atteignant plus souvent deux à trois jours, peut être même dans certains cas bien davantage. |

FROMME, dans l’article consacré à la diphtérie puerpérale dans son « Traité des suites de couches », fixe pour le temps d’'incubation une durée de 2 à 6 jours.

À notre avis, la date d'apparition de l'infection n’est pas caractéristique ; elle est très variable suivant le cas, et en

SO

rapport sans doute avec le moment de la contamination, celle-ci pouvant se produire pendant toute la durée des suites de couches. Dans la plupart des observations, c’est le troisième ou le quatrième jour que se sont manifestés les accidents infectieux. Dans ces cas, la contagion remontait vraisemblablement au moment même de l'accouchement. Au contraire, l'observation xxxvi de WicciaMs est un type d'infection tardive, celle-ci se manifestà seulement le 13° jour. Ajoutons que l'épidémie de la Clinique de Bordeaux se caractérisa par une apparition tardive des fausses membranes, du 10%° au 14% jour des suites de couches (une seule fois le 7° jour) tandis que dans les deux cas de fausses membranesà streptocoques notés au cours de cette épidémie, les lésions semblent plus précoces; elles apparurent en effet le 7" et {me jour. |

b) Symptômes locaux.

GipE signale comme un des symptômes constants de la diphtérie puerpérale un œdème considérable des organes génitaux externes. « Ce signe nous semble, dit-il, avoir une certaine valeur au point de vue du diagnostic de la diphtérie vulvaire; il était tout à fait impressionnant dans le cas que neus avons eu à observer ». Il est également signalé dans l'observation de Bumm, qui le constata surtout au niveau des grandes lèvres. C’est un symptôme qui n’existerait généralement pas dans les infections puerpérales banales.

Nous ferons remarquer que les deux observations auxquelles GipE fait allusion sont justement les deux cas les plus graves de toute la série, et que dans tous les autres : cas, cet œdème n’a jamais été signalé. Ce signe n’a donc. rien de pathognomonique et il suffit de lire les observations d'infection puerpérale de nos vieux auteurs pour y retrouver à chaque instant cette « enflure des parties ». Tout au plus verrions-nous dans cet œdème un signe commun à différentes infections et témoignant de leur gravité. |

Mais, par contre, le signe constant de cette variété de

SRE ( ne

vulvo-vaginite puerpérale est la production de faussses membranes. Nous nous sommes assez étendu sur le mode de développement et leur constitution pour nous permettre d'être bref sur ce point. Ces fausses membranes débutent fréquemment au niveau d’éraillures siégeant soit au périnée, soit sur les grandes ou les petites lèvres. Elles naissent dans des points exposés à l'air et de là peuvent gagner les parois du vagin, le col, et même la cavité utérine sur une étendue variable. |

Ces membranes sont uniques ou multiples, arrondies ou sinueuses, cylindriques ou ramifiées selon la région qu’elles occupent. D'abord minces, opalines, semi-transparentes, elles deviennent ensuite épaisses et leur coloration est d’un blanc luisant caractéristique pour Bumm et pour FROMME. Leur surface est habituellement crevassée et inégale; leur périphérie est entourée d’une auréole inflammatoire. Elles sont épaisses, atteignant 1°", Elles adhèrent fortement à la muqueuse sous-jacente dont on ne peut la détacher qu’en provoquant des éraillures et de petites hémorragies. Une fois détachées elles sont suffisamment consistantes pour ne pas se désagréger dans l'eau.

Il existe un autre signe d’une très grande valeur, tout au moins pour les cas présentant une certaine gravité, c'est l'adénopathie inguinale précoce. Elles est signalée 12 fois dans les observations que nous avons relatées. Dans la moitié des cas elle était bilatérale, dans l’autre moitié elle existait seulement du côté où siégeaient les fausses membranes. Il est possible que dans d’autres cas l’adénopathie a passé inaperçue. Pourtant, BaLarp déclare que ce signe étant toujours constant dans les autres localisations de la diphtérie avait retenu son attention et qu'il l'a soigneusement recherché, mais qu’il l’a régulièrement trouvé en défaut. Il est vrai qu’il s'agissait là d’une épidémie à forme atténuée.

Quoiqu'il en soit, c’est un signe assez particulier de cette infection pour mériter d’être systématiquement recherché.

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