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c) Symptômes généraux.
Les symptômes généraux ne sont nettément marqués et bien caractéristiques que dans les diphtéries graves; ils manquent complètement où sont très atténués dans les formes légères.
La céphalée est un signe assez précoce et assez caractéristique pour que Bumu ait cru devoir la signaler comme un signe à prendre en considération. Ces douleurs de tête s’'accompagneraient d’un état de somnolence et de prostration marqués, la malade conservantson entière lucidité d'esprit, bien que l’état général soit assez choqué pour l'empêcher parfois de répondre à un interrogatoir prolongé. Enfin, dans les formes particulièrement toxiques, une dyspnée très marquée sine materia est également signalée (FABRE et BouRRET, obs. xXLIV).
La fièvre est de règle dans les formes graves; mais elle peut faire complètement défaut dans les formes bénignes. Son apparition estle plus ordinairement précoce, constituant la première manifestation de l'infection, avant même que les fausses membranes puissent être constatées.
Les variations du pouls ne doivent pas être bien impor-
-tantes, ni bien caractéristiques, car elles ont à peine attiré l'attention des auteurs. Dans les formes bénignes, le pouls
n’est pour ainsi dire pas modifié; dans les formes graves au contraire, il serait considérablement accéléré. FABRE et
Bourrer ont constaté que le pouls était constamment rapide,
variant entre 124 et 140 pulsations à la minute, extrêmement mou et de faible tension. Bumm, de son côté établissant sur un graphique la courbe de la température et celle du pouls, fait remarquer que la ligne du pouls reste au-dessus de celle de la température. I a noté également l’heureuse influence exercée par le sérum antidiphtérique tant sur le pouls que sur la température ; il se produit un abaissement
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de ces deux éléments, mais cet abaissement est beaucoup plus accentué pour le pouls dont la courbe passe alors au dessous de celle de la température.
Formes cliniques. Évolution et complications.
Il ne semble pas que la localisation sur la vulve, le vagin, le col ou la cavité utérine permette de distinguer des formes cliniques différentes suivant la région où se développent les fausses membranes. Les deux seules formes cliniques qu'il soit possible de reconnaître sont les formes bénignes et les formes graves.
Dans les formes bénignes, tout se résume à l’histoire de la fausse membrane; pas d’œdème vulvaire, pas ou peu de retentissement ganglionnaire, fièvre modérée et fugace pouvant même manquer, pas- d'accélération du pouls, aucun des phénomènes généraux que nous avons signalés. Livrée à elle-même, l’infection dure une semaine. Mais son évolution peut être considérablement abrégée par l'emploi du sérum antidiphtérique; c’est ainsi que dans les observations de BALARD que nous avons rapportées, les tamponnements vaginaux au sérum amenaient en deux jours la chüte des fausses membranes.
Dans les formes graves, au contraire, l'affection débute par de la fièvre et de l’accélération du pouls; la malade est plus ou moins profondément infectée et son état général peut être très atteint : céphalée, prostration, obnubilation, délire, dyspnée toxique. À ce moment apparaissent les fausses membranes précédées le plus souvent d’une adénite inguinale et d'un œdème marqué des grandes lèvres. Même sans l'emploi de sérum, ces formes graves peuvent guérir. Leur évolution est lente et demande plusieurs semaines.
Cependant, les injections de sérum antidiphtérique font rapidement baisser la température, entraînent une diminution de fréquence du pouls et amendent les phénomènes
enr o.
généraux. Malgré cela, la mort peutsurvenir par intoxication progressive avec une dyspnée de plus en plus grande et une faiblesse du pouls de plus en plus considérable, ainsi que l'ont va FaBre et Bourrer. Æ
Ce sont dans ces formes graves que les complications sont le plus fr équentes et le plus à redouter. On peut noter l'extension de la diphtérie à d’autres organes, au nez et à la gorge (Bumm, obs. xxxv, Frrz-GÉRALD, obs. xxxIV, FABRE et BOURRET, Obs. XLIV). Son extension amène une recrudescence de ia fièvre et de tous les symptômes généraux.
Le petit nombre d'observations recueillies jusqu'ici n’a pas permis de constater äu cours de la diphtérie puérpéi ale les nombreuses Complications signalées dans les autres localisations de la diphtérie ; ni croup, ni broncho-pneumonie, ni albuminurie, ni même hémorragie, bien que la diphtérie expose grandement aux hémorragies et que l'état puerpéral fournisse à l'organisme, dans la zone d'insertion placentaire une plaie toute récente et disposée. elle-même aux écoulements sanguins. (A noter pourtant une épistaxis dans l’observation de FABre et BouRRET, x11v.) Dans un cas de FREUND (obs. x£1) on a noté un érythème polymorphe que l’auteur attribue au sérum antistreptococcique employé, mais qui, pour SEVESTRE serait dû aux associations strepto-diphtériques et ne se rencontrerait jamais dans les diphtéries pures. Or, c’est justement à une de ces associations que FREUND avait eu à faire.
Parmi les complications de la diphtérie, il en est peu d'aussi curieuses que les manifestations tardives dues aux paralysies. Dans les observations que nous avons réunies, on a bien noté en certains cas des paralysies des sphincters incontinence des matières (obs. 1 et xLH) et incontinence d'urine (obs. xxxvi). Il ne semble pourtant pas qu’il faille rattacher ces paralysies à l’action particulière des toxines sur le système nerveux. Les paralysies diphtériques sont en effet généralement des manifestations tardives, apparaissent surtout dans la convalescence, tandis que dans les trois cas