‹ Contribution à l'étude de la diphtérie puerpérale (Infection puerperale à bacilles de Loeffler)Chapitre 16 sur 23 · VII. — Diagnostic · texte numérisé non relu

VII. — Diagnostic

Le diagnostic de la diphtérie vulvaire repose en principe :

sur l'examen bactériologique. L'analyse. minutieuse des divers symptômes que nous avons relevés au cours des observations, ne nous a pas permis d'en trouver un seul qui fut pathognomonique. On devra donc, tout comme pour une angine suspecte, faire un ensemencement des produits de râclage de la fausse membrane snr sérum gélatiné, et après passage à l'étuve procéder à l'examen microbien. La

‘* constatation du bacille de Loëffler lèvera tous les doutes

et permettra de porter un diagnostic certain et d'établir un traitement en conséquence. Cliniquement il est fort difficile de distinguer les enduits diphtéroides des infections à streptocoques des fausses membranes produites par le bacille de Loëffler.

Cependant, dans les cas d'infection exempte de bacille de Loëffler, la date d'apparition de ces exsudats serait plus précoce (obs. LIT et LIT) Croyons-nous, que dans la diphtérie vraie ; l’aspect de la membrane est également un peu particulier; c’est plutôt un enduit, recouvrant les éraillures du vagin plutôt qu’une fausse membrane, et cet enduit, plus confluent, plus épais et plus adhérent que la fausse membrane diphtéritique est égalementplus tenace; son évolution dure plus longtemps, sans doute parce qu’on n’a pas à lui

opposer de traitement spécifique, comme dans les cas de

diphtérie vulvaire vraie. En tout cas, ces infections streptococciques demeurent très rarement localisées. Elles s’accompagnent de phénomènes généraux septicémiques retentissant d’une façon plus ou moins nette sur le péritoïne.

Le bacille de Loëffler, au contraire, forme à la région

génitale comme ailleurs de véritables membranes consis-.

tantes qui peuvent être détachées en lambeaux plus ou moins étendus, mettant à découvert une muqueuse sai-

gnante ne se désagrégeant pas dans l’eau; de plus, on ne note jamais la moindre extension au péritoine. |

Bumm signale comme signes. différentiels la coloration blanche, très brillante des membranes, leur extension à .toute la surface du tractus génital, l'absence complète de phénomènes inflammatoires du côté de l'utérus et du tissu cellulaire péri-utérin, labsence d’ulcérations au moment de la chute des membranes et le manque'de cicatrice consécutive. L'examen bactériologique lèvera tous les doutes et établira s’il y a lieu l'existence d’une infection poly-microbienne pouvant assombrir le pronostic de cette infection. Dans ces cas d’association poly-microbienne, le streptocoque apparaît généralement le’ premier (obs. xziv), aussi d’une première culture un peu hâtive ne doit-on pas immédiatement conclure à une infection streptococcique, et il est prudent de faire quelques jours plus tard ‘un nouvel ensemencement. |

On n'oubliera pas qu'une fois le diagnostic de diphtérie vulvo-vaginale établi et le traitement institué, toute nouvelle poussée fébrile devra être considérée comme une preuve de l'extension de l'affection à un autre organe où d’une nouvelle complication qu’on devra aussitôt rechercher.

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