OBSERVATION XV
Lor. Bulletin de la Soc. Obst. de Paris, février 1904. — Infection puerpérale diphtérique avec baaille de Loëffler.
OBSERvATION XLI
Freuxb. (Intralblatt für gynecol, 1905. Résumée.) Diphtérie vaginale et ostéomyélite pendant les suites de couches.
Ogservarion XLII
Freunop. loc. cit. (Résumée)
En 1905, B. OLLIER compose sa thèse sur la : Diphtérie et grossesse. — Des injections préventives de sérum antidiphtérique chez les femmes enceintes et les nouveau-nés.
Cette étude, qui prend pour point de départ une épidémie survenue dans le service de M. DÉMELN, n'apporte aucun fait nouveau à la question qui nous intéresse, Son chapitre de la diphtérie puerpérale n'est qu'une reproduction de celui d'ANDÉRODIAs. Cependant, ce travail est intéressant par l'emploi systématiqne du sérum comme traitement préventif chez les femmes enceintes et les nouveau-nés démontrant l'inocuité de ce traitement chez les jeunes sujets.
TS Er ve
Nous trouvons, en 1911, une longue observation de MM. Favre et BourRET que nous allons maintenant rapporter. |
OBservATION XLIIE.
(Favre et Bourrer, — Réunion obstétricale de Lyon, 16 mars 1911.)
Infection puerpérale à bacilles de Loëffler.
Mne X.., âgée de 21 ans, entre le 21 décembre 1910 à l'Infirmerie du service avec le diagnostic d'infection puerpérale, On ne note rien d'intéressant dans ses antécédents héréditaires.
Personnellement, elle n’accuse aucune maladie extérieure. Elle a été réglée à 11 ans 4/2 irrégulièrement et avec douleurs. Mariée à 20 ans, elle n’a pas eu de fausse couche ; la grossesse qui vient de se terminer à été la première. Ses dernières règles étaient à la fin du mois de mars, du 20 au 25 environ. En dehors de quelques vomissements, elle n'avait présenté aucun trouble particulier.
L'accouchement eut lieu le 20 décembre 1910 à domicile. Il fut, paraît-il, ‘très diflicile ; deux opérations firent successivement trois applications de forceps et ne réussirent pas à amener l'enfant vivant. La malade eut une grosse hémorragie; ce sont là les seuls renseignements qui purent être fournis.
Dès le lendemain de l'accouthement apparut un premier frisson intense, accompagné d’élévation de température, de vomissements et de maux de reins violents avec irradiations dans les cuisses.
Au moment de l'entrée dans le service, la malade est extrémement affaiblie, d'une pâleur intense. Son interrogatoire est difficile; elle répond à peine aux questions qu'elle comprend difilicilement. Par moment, elle ferme les yeux sous l'empire de la fatigue. Si on soulève ses bras, ils retombent inertes. L'abdomen est météorisé, mais souple. Le fond de l'utérus est au voisinage de l’ombilic.
Constipation opiniâtre. Rétention d'urine.
Dn côté de la région vulvaire, on est frappé par l'existence d'un œædème très marqué des grandes lèvres. Il existe en outre une large déchirure du périnée, non suturée, l'anus est largement béant. Les lèvres de Ia plaie sont recouvertes d’une sorte de plaque ressemblant à une plaque de sphacèle grisâtre. Cettelrégion dégage une odeur infecte. La température n'est que de 381, le
Or
pouls à 136 extrêmement mou et faible de tension. Il existe en outre de la dyspnée. |
Le 24 décembre, les symptômes généraux se sont aggravés sauf peut être l'obnubilation qui est moins marquée; la dypsnée est intense, 40 respirations à la minute. La température est montée à 402. Le pouls se maintient à 136. Les pertes vaginales ont diminué, La culture des lochies sur blut-agar a révélé une grande quanlité de str eptocoques. Lax culture du sang est négative.
* Le 25 décembre, l’état de la malade s’est un peu amélioré. L'ob-° nubilation a considérablement diminué; la dypsnée esten voie de régression; le pouls meilleur à 12%. Température 396. L'æœdème des grandes lèvres est stationnaire, mais on constate nettement que les lèvres de la déchirure vulvaire sont recouvertes de fausses membranes blanchâtres, très adhérentes, ;
Le 27 décembre, la température reste élevée; il existe de la douleur et de l’enflure au niveau du bras gauche, surtout sur le trajet du paquet vasculo-nerveux; pas d’enflure des articulations. I y à aussi quelques phénomènes phlébitiques du côté de la jambe droite.
Le 29 décembre, la phlébite qui avait paru menacer la jambe droite a disparu ; par contre elle reste affirmée au bras gauche qui reste enflé et douloureux. |
Du côté de l'anus, perte des: matières par jets, on essaye de donner un lavement térébenthiné quiest aussitôt rejeté. La malade présente une emphorée remarquable; elle se trouve bien, ne se plaint pas, ne souffre qu'au niveau de la région vulvaire. La température reste élevée, la dyspnée toujours marquée.
Le 31 décembre, la malade perd toujours ses matières ; le pouls
‘apide, la température élevée, l'état général moins bon.
Le 2 janvier, la phlébite du bras gauche est en voie de régression; il ne persiste qu'une zone d'inflammation localisée autour de la région olécrâänienne. Les plaies vulvaires se sont dépouillées et paraissent en voie de réparation; l'œdème a disparu.
Le 3 janvier, la malade à passé une mauvaise nuit. La température et le pouls ont augmenté. Forte obnubilation et somnolence presque continuu,
Le 5 janvier, alternatives d'obnubilation et de lucidité. les nuits sont mauvaises ; température variant entre 888 et 40°. La dyspnée est toujours marquée.
Ce matin la malade se plaint de souffri ir de la gorge quand elle avale ; il existe un certain degré de trismus et lea de la gorge montre des fausses membranes sur les amygdales encapuchonnant la luette et couvrant une petite partie du D du palais.
en
PAGE On prélève une partie de l’exsudat amy gdalien pour l'ensemencer. Le 6 janvier, on note un abtcès en voie de formation, un peu au dessus de la cheville sur le côté externe. | Le 7 janvier, l’état est stationnaire; on voit cependant apparaitre un gros ganglion sous-angulo-maxillaire droit; le trismus est plus marqué. Les fausses membranes ont presque disparu sur
. La:luette et les piliers du voile, mais toute la paroi postérieure
du pharynx en est recouverte. L'obnubilation augmente en même temps que la faiblesse et la rapidité du pouls. Epistaxis dans la soirée.
Le 8 janvier, la réponse du laboratoire nous apprend que les fausses membranes renferment du bacille de Loëffler
associé au streptocoque. Nous avions, du reste, pu contrôler
cette association du streptocoque par ensemencement sur blut-agar, qui avait donné des colonies résorbantes. Devant cette constatation, on se hâta de faire un ensemencement des plaques observées au niveau de la vulve, et l'examen ultérieur de ces cultures, montra que. là aussi le bacille de Loëffler était en cause. Malgré l'injection de
20% de sérum antidiphtérique, la malade mourut dans la
Journée, avec une faiblesse du pouls de pius en plus grande et une dyspnée de plus en plus forte, mais sans tirage ni cornage. |
Cette dernière observation fut la même année le point de départ de la thèse de Gr, intitulée : « De l'infection
-puerpérale par le bacille de Loëffler ». Après un court his-
torique de la question, il trace un tableau de cette variété d'infection et termine par les observations parues jusque alors. :
= En décembre 1912, DE SIMoNE publie une observation sur le même sujet : |
| OBsErvaTION XLIV
De Simone, Clinica Obstétrica, 15 décembre 1912.
Sur un cas de diphtérie vaginale.
Nous en arrivons à l'épidémie de diphtérie vulvo-vaginale des suites de couches, qui se déclara du 15 février au
TS
22 mars 1915 à la Clinique d’Accouchements de la Faculté de Médecine de Bordeaux.
Elle eut pour point de départ probable une petite angine blanche fort bénigne en apparence,. sans retentissement ganglionnaire, qui se déclara au début de février chez une accouchée du Service. Cette amygdalite n'entraina qu'une légère élévation de température, et son diagnostic ne parut pas nécessiter un ensemencement. Au reste, quelques gargarismes.et un attouchement à la glycérine iodée en eurent raison.
: Mais quelques jours plus tard, se montra chez une malade, au niveau de la vulve, un large placard blanc, très adhérent, rebelle à tout traitement. L'examen bactériologique révéla la présence du bacille de Loëffler. Sept malades furent successivement infectées, et chacune d'elles fut reconnue atteinte de diphtérie vulvo-vaginale, deux autres présentérent des fausses membranes à peu près semblables, mais qui n'étaient pas dues au bacille de Loëffler.
Ce sont ces observations que nous allons rapporter. Elles ont été soigneusement recueillies par M. le Docteur BALARD, chef de clinique du Service, et ont fait l'objet de sa part d'un mémoire original. Les malades ont été examinées et leurs plaies vaginales pansées par lui quotidiennement. Ces observations ont d'autant plus de valeur que l'examen bactériologique pratiqué à l'Institut Pasteur de Bordeaux, après ensemencement, fut contrôlé par M. le Professeur FERRÉ, qui voulut bien s'intéresser personnellement à cette petite épidémie. : PR
Les conditions matérielles de l'installation du Service ne permettaient pas d'isoler les malades (1), :
(1) Consulter à ce sujet : Poey-NoGuès.
« Quelques recherches sur la morbidité à la Clinique obstétricale de la Faculté de Bordeaux », thèse Bordeaux, 1913.
On y verra une preuve nouvelle du peu de soucis des pouvoirs publies à résoudre des questions urgentes du plus haut intérêt social. Quinze années n'ont pas suffi à trois municipalités successives pour faire aboutir un simple projet de construction dun bâtiment pour abriter la Clinique d'Accouchements de la Faculté.
Ce service détruit en 1904 par un incendie lut alors relégué provisoirement, dans ün pavillon à tout faire d'où sont bannies toutes les conditions indispensables, non seulement à l’asepsie opératoire, mais même à la plus élémentaire hygiène.