‹ Contribution à l'étude de la diphtérie puerpérale (Infection puerperale à bacilles de Loeffler)Chapitre 9 sur 23 · SES · texte numérisé non relu

SES

Les malades étaient hospitalisées dans la grande salle commune des accouchées, mais elles étaient soignées par la garde-malade chargée des septiques; celle-ci se protégeait les mains par des gants de caoutchouc ‘d'une désinfection plus rapide et plus sûre.

Les enfants étaient nourris par leur mère et couchaient dans la même salle, mais ils ne leur étaient confiés qu'au moment des tétées. On prit Ia précaution d’éloigner les berceaux des lits des mères afin d'éviter autant que possible la contamination. Cette façon de procéder permit de conserver le bénéfice de lallaitement maternel. Ajoutons qu'aucun autre enfant ne fut contaminé, et que personne parmi le personnel du service ne présenta d’angine diphtérique.

Nous allons maintenant mentionner les sept observations qui furent reccueillies, nous réservant d'insister dans un chapitre spécial sur le traitement qui fut mis en œuvre :

OBsErvATION XLV.

P. Barann. — De l'infection puerpérale à forme bénigne par bacilles de Loëffler (Archives mensuelles d'obstétrique et de gynécologie, n°°4,5, 6, p.135). a .OBSERVATION XLVI.

P. Baranp, loc. cit.

Ogservarion XLVII.

; (Idem.)

Ogservarion XLVIII.

(Idem.) + OBsErvVATION XLIX.

(Idem.)

OBsEervATION L. :

(Idem.)

4 OBsErvATION LI.

(Idem.)

OgservarioN LII (Idem.)

L'épidémie que nous venons de décrire a été représentée par sept.cas de diphtérie vulvo-vaginale. Elle se caractérisait par l'apparitioù tardive du 10° au 14° jour (une seule fois le 7°) d'une série dé fausses membranes blanchâtres extrémement adhérentes, que le frottement avec une compresse ne suffit pas à détacher, et se localisant parfois sur de légères éraillures vulvo-périnéales, mais tout aussi fréquemment sur les parois du vagin et sur le col utérin.

Cette infection n’a jamais entrainé d’élévation de tempé- ‘ature (une seule fois 37°7 a été constaté le jour de l'apparition de ces plaques blanchâtres). D'autre part:il n’a jamais été remarqué le moindre retentissement ganglionnaire.

L’ensemencement de ces fausses membranes permettait de constater à l'examen microscopique l'existence de bacilles diphtériques courts et moyens, rarement isolés (une seule fois) mais associés à des cocci, à de rares streptocoques en chainettes courtes, à des staphyloceques. | ?

Il s'agissait donc, tant au point de vue clinique qu'au point de vue bactériologique, d’une forme bénigne de diphtérie vulvo-vaginale des suites de couches. Aucune complication ne fut remarquée : pas d’albumine, pas de paralysie. Il est vrai que ces malades ontété perdus de vue assez rapidement : après leur affection. Cette forme clinique, par sa bénignité et son évolution, a permis un moment à M. le Professeur FERRÉ de la rapprocher de la diphtérie aviaire, maïs une enquête approfondie n'a pas permis de savoir s'il existait des poules dans les environs des bâtiments de la clinique d'accouchements, et autant qu'on put en avoir la certitude, aucune des accouchées ne possédait de ces volatiles.

Ces lésions diphtériques ne cédaient à aucun des traitements antiseptiques habituels. Les injections au formol et à l'eau oxygénée, les attouchements au bleu de méthylène en solution saturée, à la glycérine créosotée au tiers,.à la teinture d’iode, demeuraient sans effet. Tout au contraire, un tamponnement peu serré du vagin avec de la gaze imbibée de 20% de sérum antidiphtérique et maintenue en place de:

RS Te

12 à 16 heures amenait le décollement des membranes qui flottaient à l'intérieur du vagin.

Un second tamponnement entrainait la disparition complète des membranes, laissant le plus souvent au dessous une muqueuse rosée et parfaitement saine.

-La guérison de cette infection rebelle à la -médication antiseptique était done obtenue par des tamponnements vaginaux de sérum antidiphtérique. Ajoutons qu'aucun autre traitement sérothérapique sous-cutané ne fut tenté.

A côté de ces sept cas d'infection dipthérique, s’est présenté deux cas d’infection à fausses membranes, d'aspect à peu près identique aux précédentes, mais, plus confluentes, plus épaisses, plus adhérentes, rebelles au traitement

Sérothérapique mais cédant sous l’action de cautérisations

répétées à la teinture d’iode. Ces lésions plus précoces apparurent le 9° et le 7° jour; elles étaient également plus tenaces et évoluaient sans température et sans trouble aucun de l’économie; elles étaient produites par des associations de diplocoques, de staphylocoques et de nombreux cocci et une fois de bacilles tétragènes.

Quant aux enfants, nourris par leur mère, aucun d’entre eux ne fut contaminé et leur état général ne fut aucunement influencé par l'allaitement. Ni vomissements, ni selles vertes.

Dans deux cas seulement (obs. xLvir et obs. xXLvIn), au

moment de leur sortie, les enfants n'avaient pas repris leur poids de naissance ; la mère était atteinte d'hypogalactie, mais nous le répétons, aucun d’entre eux n'avait paru le moins du monde intoxiqué par le lait de sa mère.

Pour être complet, nous avons recherché ce que pensaient les livres classiques de la question qui nous occupe. Les anciens auteurs ne pouvaient parler de la diphtérie vulvovaginale vraie puisqu'ils ne connaissaient pas le bacille diphtérique. ,

TARNIER et BuDIN, dans leur « Traité sur l'art des accouchements », signalent l'existence de cette infection à côté des autres variétés d'infections vulvo-vaginales diphtéroïdes:

Mio

dues à l’action du streptocoque. RIBEMONT-DESSAIGNES et LePAGE, dans leur « Précis d’obstétrique» y font une diserète allusion à propos du diagnostic des variétés de l'infection puerpérale, mais sans y insister autrement. BAR, BRINDEAU et CHAMBRELENT, dans la «Pratique de l'art des accouchements», consacrent quelques lignes à la diphtérie vulvo-vaginale des suites de couches, due au bacille de Loëffler et préconisent l'emploi de sérum antidiphtérique,

Quant aux divers manuels qui se sont multipliés depuis quelques ahnées, bien entendu ils sont muets sur la question. Les auteurs étrangers qu’il nous a été possible de consulter sont aussi peu loquaces. Bumm, dans son « Traité d'obstétrique », ne parle pas de cette question. Seul FRoMME, dans son « Traité sur les suites de couches » s'étend davantage sur cette complication et lui consacre un article spécial.

LS

Page 1