‹ Contribution à l'étude de la dissociabilité des oxydes organiques sur quelques transformations des tétraarylnaphtacènes et de leurs oxydesChapitre 10 sur 56 · I. — Diphényldiphénylènedihydronaphtacène. CH · texte numérisé non relu

I. — Diphényldiphénylènedihydronaphtacène. CH

Préparation. — a) Par traitement des produits résiduaires de la préparation du tétraphénylnaphtacène. — Dans un appareil à extraction, on épuise ces résidus au benzène jusqu'au moment où ils ont perdu toute coloration rouge. On les dissout ensuite dans le sulfure de carbone, on filtre la solution et on la concentre à faible volume ; le produit cristallise lentement ; on l’essore et on termine la purification par plusieurs lavages au benzène.

b) Par déshydratation du monoxyde et du dihydroxæyde. — On dissout 1 g. de monoxyde dans 50 cm° de benzène ; on ajoute 5 cm° d'acide sulfurique pur et on agite pendant 1/2 heure. Le liquide prend immédiatement une teinte violacée, et il se produit une précipitation au moins partielle du produit cherché. L'agitalion terminée, on étend d’eau et on sépare par décantation la couche benzénique sans perdre la partie déjà précipitée. On extrait et on purifie par la méthode précédente.

Analyses. — Trouvé 0/0 : C, 94.6; 94,83: 94,93 ; H, 5,10; 5,038; 5,06. Calculé pour CH? : C, 95,28; H, 4,95.

Le point de fusion du produit, pris au bloc Maquenne à feuille d’or, est de 430,

TRANSFORMATIONS DES TÉTRAARYLNAPHTACÈNES 19

IL — Phényl-p.tolyl-phénylène-méthylphénylènenaphtacène (3). C**H°.

Préparation. — a) A partir du monoxyde. — La déshydratation du monoxyde :

demande ici quelques précautions. En effet, si on traitait ce produit par Lacide sulfurique pur, même à froid, on obtiendrait un produit jaune, qu'ilserait impossible de débarrasser de sa coloration.

En revanche on arrive à un produit incolore, si l’on opère suivant la même technique, à froid, avec un acide sulfurique à 90 0/0, en limitant la durée de contact à 10 minutes.

b) À partir du dihydroxyde. — La déshydratation :

CH#H32(0H}? — 2H20 = C#H30 se fait bien sous l’influence de l'acide acétique bouillant. Après une heure la transformation est complète. On purifie par des lavages à l’éther et des cristallisations dans le benzène.

Analyses. — Trouvé o/o: H, 5,61; 5,67 ; C, 93,80 ; 93,42. Calculé pour CHE H5//115 C9/4608:

Poids moléculaire. — Le poids moléculaire de ce produit est le seul qui ait pu être déterminé correctement ; encore a-t-1l fallu avoir recours à la cryoscopie dans le camphre.

Trouvé : 512; 501. Calculé pour C##H%0 : 558.

Propriétés. — L'hydrocarbure C**H%° est incolore ; 1l cristallise habituellement avec une molécule de solvant, qu'il perd lentement sous l’action de la chaleur, à partir de 200° ; à 34o° ce départ est accompagné d’une fusion totale et instantanée, suivie d’une resolidification. La fusion définitive se produit vers 3700.

Constitution. — Si nous admettons le même mécanisme

20 L. ENDERLIN

de formation que dans le cas précédent, nous obtenons pour ce produit la formule Il; celui-ci est donc le phényl-10-tolyl-gphénylène-9-12-méthylphénylène-10-11-dihydro-g-10-naphtacène.

HI. Phénylbromophényl-phénylène-bromophénylènenaphtacène. C‘H°*Br?°.

Préparation. — a) À partir du monoxyde où du dihydroxyde de bis(p.bromophényl)diphénylnaphtacène. — Seul l'acide sulfurique pur se montre assez énergique pour effectuer la déshydratation du monoxyde ; l’action de l’acide acétique, même à l’ébullition, s’avère très lente. Le produit précipite au fur et à mesure de sa formation, car il est à peu près insoluble dans le benzène. On le sépare par essorage ; on l’obtient ainsi directement, avec un rendement de 90 0/0.

A partir du dihydroxyde, la déshydratation peut se faire par simple ébullition dans l’acide acétique ou par chauffage dans le benzène en présence d’iode. Mais dans ce dernier cas, même après plusieurs heures d’ébullition, la proportion de produit transformé ne dépasse pas 50 0/0.

Purification. — À cause de la faible solubilité du produit, la purification reste difficile. On peut pourtant procéder à une recristallisation dans le sulfure de carbone où la solubilité est de l’ordre de 0,5 0/00.

Analyses. — Les dosages de brome donnent des résultats cadrant assez bien avec ceux que l’on calcule en supposant le produit cristallisé avec une molécule de solvant (CS?).

Trouvéo/o:Br,21,25:21,31. Calculé pour C#H?4Br? + CS2: 20,92.

Propriétés. — Le nouveau produit apparaît coloré en jaune. Ce fait n'a rien de très étonnant, malgré l’identité de structure de tous les produits. Quand on examine, en effet, le spectre d'absorption du diphényldiphénylènenaphtacène (déhydrorubène d'après l’ancienne nomenclature) donné par Badoche [4] on constate que ce produit possède une bande

TRANSFORMATIONS DES TÉTRAARYLNAPHTACÈNES 21

d'absorption dans le proche ultra-violet entre 3 500 et 4 000 A. IL semble tout à fait possible que l'introduction de deux atomes de brome dans la molécule suffise à provoquer un déplacement des bandes tel que le produit absorbe dans le visible et paraisse coloré.

Il fond au bloc à feuille d’or à 4500.

Constitution. — La constitution qu’il faut lui attribuer est celle d’un phényl-10-bromophényl-g-phénylène-g.12-bromophénylène-10.11-dihydro-g.10-naphtacène II.

Page 1