TRANSFORMATIONS DES TÉTRAARYLNAPHTACEN ES
Chauffé avec de l’acide chlorhydrique très étendu, soit au réfrigérant ascendant, soit en tube scellé à 1000, pendant des temps allant de 30 à 4o heures, le monoxyde reste inaltéré. Si l'on porte la température à 1500 pendant 20 heures, on obtient presque intégralement l'hydrocarbure CH à fluorescence violette. Au lieu du résultat espéré 1l s'est donc produit une déshydratation plus avancée.
D'autre part des solutions d’acide sulfurique à 30 0/0, 20 0/0 ou 10 0/0, chauffées avec le monoxyde à 100 et 150, en tube scellé, avec ou sans mercure comme catalyseur, pendant des temps variant entre 20 heures et 105 heures, laissent également le monoxyde inaltéré ou conduisent tout au plus, eux aussi, à l'hydrocarbure C*2H*5,
Des essais faits avec la potasse ou de l'acide acétique n’ont pas donné de meilleurs résultats.
Il faut en conclure qu'il n'est pas facile de remonter, par hydratation, du monoxyde au dérivé dihydroxylé, les difficultés paraissant tenir à la formation irréversible trop facile de l’hydrocarbure C‘?H°°, plutôt qu'à un empêchement véri-
table.
IÏ,. — LE DIHYDROXYDIHYDROBIS(P.TOLYL)-Q.11.DIPHÉ-
NYL-10.12 NAPHTACÈNE(2).C**H%#(OH )?
Préparation. — La préparation du dérivé dihydroxylé du bis(p.tolyl)diphénylnaphtacène par le permanganate demande des précautions spéciales si l'on ne veut pas s’exposer à obtenir uniquement du monoxyde. C’est que, dans le cas présent, la température et la concentration en acide de la solution de permanganate ont sur le cours de la réaction une influence bien plus grande que dans le cas du tétraphénylnaphtacène. Il est indispensable d'opérer avec des solutions extrêmement diluées et à des températures aussi basses
que le permet le solvant employé.
38 L. ENDERLIN
On obtient les meilleurs résultats en faisant réagir le réactif oxydant sur une solution de o g. 5 de substance dans 500 cm° de benzène, maintenus au voisinage de 5° pendant toute la durée de la réaction. L'agent d’oxydation est formé de 625 cm? d’une solution de permanganate de potassium à 1/5.000, dont 1 litre a été acidulé par 2 cm° 5 d'une solution d'acide sulfurique à 1 0/0; l'addition peut être assez rapide pour être terminée après 30 minutes.
On extrait le produit obtenu par la voie habituelle ; il se présente sous forme d’une résine, qu'on traite par quelques gouttes d’éther, dans lesquelles il cristallise assez facilement en fines aiguilles. On sépare par centrifugation et on redissout la masse cristalline dans le sulfure de carbone. On évapore à son tour cette solution et on relave à l'éther la nouvelle masse cristalline formée. On répète cette opération aussi souvent qu’il le faut pour obtenir un produit incolore. A ce moment, celui-ci ne contient plus qu'une faible proportion de l'hydrocarbure C**H*° qui manifeste sa présence par la fluorescence violette qu'il donne à la solution. Afin de l'éliminer, on traite le tout par une quantité d’éther suffisante pour dissoudre le dérivé dihydroxylé ; l’hydrocarbure à fluorescence violette y est insoluble et l'on a ainsi le dihydroxydihydrobis(p.tolyl)diphénylnaphtacène pur.
Analyses. — Trouvé 0/0 : C, 88,78; H, 5,82. Calculé pour CHH32(OH) 0/0 : C, 88,88 ; H, 5,78.
Propriétés physiques. — Ce produit se présente habituellement sous forme de longs prismes, assez semblables à ceux du monoxyde.
Il est beaucoup plus sensible à l’action de la chaleur, que le dérivé dihydroxylé du tétraphénylnaphtacène. Déjà sa fusion, qui se produit entre 2100 et 2209 et varie un peu avec la nature du solvant, est accompagnée d’une décomposition partielle ; on ne peut donc le débarrasser de son solvant par chauffage.
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Propriétés chimiques. — Les propriétés chimiques de ce produit sont identiques aux propriétés générales signalées.
Par déshydratation il conduit, suivant les conditions expérimentales décrites dans le cas précédent, soit au monoxyde, soit au diarylènediarylnaphtacène correspondants. Seule l'action de la chaleur donne lieu à quelques remarques spéciales.
Action de la chaleur. — Comme on pouvait le prévoir, elle entraîne bien l'élimination d’une molécule d’eau avec formation de monoxyde :
CHH32(0H)? — H20 — C#H#°0.
Mais ce départ se fait moins franchement que dans le cas du dérivé tétraphénylé, et les rendements en monoxyde, même dans les meilleures conditions, ne dépassent guère 50 0/0. Le reste se transforme en résine incristallisable.
De plus, alors qu'avec le tétraphénylnaphtacène on pouvait graduer l’action de la chaleur et séparer, par exemple, le départ du solvant de celui de la molécule d’eau, rien de semblable n’est possible ici. La molécule reste inaltérée jusqu’à une température déterminée, à laquelle solvant et eau s’en vont simultanément.
Le produit n’en reste pas moins relativement stable aux températures modérées et on peut le porter à 1000 sans altération appréciable; mais à 175° la décomposition se fait rapidement. Pour obtenir une déshydratation totale, il suffit de le maintenir à cette température pendant quelques instants ; on observe alors une vive effervescence et bientôt tout se liquéfie.
Par refroidissement il se forme un vernis solide, assez fortement coloré, qu'on purifie dans le benzène, pour en retirer
le monoxyde.
fo L. ENDERLIN
INR = js DIHYDROXYDIHYDROBIS(/ . BROMOPHÉNYL)