‹ Contribution à l'étude de la dissociabilité des oxydes organiques sur quelques transformations des tétraarylnaphtacènes et de leurs oxydesChapitre 21 sur 56 · PARTIE THÉORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE

La troisième famille d’oxydes de tétraaryInaphtacènes, non dissociables mais réductibles en naphtacènes, groupe les isooxydes.

Leur formule brute est la même que celle des oxydes dissociables. Ils en dérivent par simple isomérisation : d’où leur nom; mais ils ont perdu toutes les propriétés caracté- | ristiques des substances-mères.

Leur importance scientifique est considérable, en ce qui concerne du moins les théories de l’oxydabilité réversible en chimie organique. Ils montrent, comme l’a fait remarquer Ch. Dufraisse (1), qu'au moment où l’oxyde dissociable libère son oxygène à l’état moléculaire, il serait encore parfaitement capable de le garder sous une autre forme. Ces isomères, en effet, sont très stables : l'isooxytétraphénylnaphtacène, par exemple, distille inaltéré vers la température de 2809, sous une pression de 1: mm. environ.

Mode de formation. — La transformation des oxydes dissociables en isooxydes se fait sous l'action du réactif de Grignard, ou, plus simplement, de certains sels de magnésium. Malheureusement, elle conduit, sauf dans le cas de l’oxyde dissociable de tétraphénylnaphtacène, à un mélange de plusieurs produits, dont la séparation reste longue et pénible.

TRANSFORMATIONS DES TÉTRAARYLNAPHTACÈNES 13

Propriétés physiques. — Les isooxytétraaryInaphtacènes sont incolores ; ils retiennent ou non du solvant de cristallisation, suivant la nature de ce dernier.

Propriélés chimiques. — Ils ne sont pas dissociables en oxygène et hydrocarbure, propriété essentielle, qui les distingue des oxydes dissociables. On peut s’en convaincre en les chauffant dans les conditions mêmes où s'effectue habituellement la dissociation du photoxyde; on n’obtient pas trace d'hydrocarbure régénéré ou d'oxygène dégagé.

Mais ils sont encore, au moins partiellement, réductibles en napbtacènes. Avec certains réducteurs, le départ de la molécule d'oxygène se produit seul; pourtant les rendements en hydrocarbure sont relativement faibles, sans doute parce que l'enlèvement des deux atomes d'oxygène, à la fois, laisse la molécule dans un état provisoire plus sensible à l’action hydrogénante du milieu.

Avec d’autres réducteurs ce départ est accompagné de l'enlèvement au moins partiel d’un groupement phényle, et on obtient alors un mélange de tétraarylnaphtacène et de triaryInaphtacène.

Dans aucune des réactions, auxquelles ils ont été soumis, les isooxydes n’ont conduit à la formation régulière d’oxydes inférieurs, tels que les monoxydes.

Il est im possible aussi de les transformer, par perte d’eau, en hydrocarbures diaryldiarylènenaphtacéniques. Lorsqu'on les traite par les agents de déshydratation, dans les conditions où les monoxydes et les dihydroxydes se transforment en ces hydrocarbures, ils restent inaltérés. Si l’on insiste trop, ils conduisent à des résines jaunes incristallisables.

La différence entre les isooxydes et les autres oxydes

intermédiaires est donc assez grande.

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