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H. Surmont dans son étude stéréoradiographique du côlon transverse le décrit en forme de voûte, il prétend même que le terme allemand de « flexura » convient mieux aux nombreuses circonvolutions que l'intestin décrit à son niveau. II répond à peu près à la première lombaire de 2 à 5 centimètres au-dessus de la crête iliaque. Mais sa situation est très variable : il peut être médian. De même sa forme fréquence des accolements en canons de fusil entre le côlon ascendant et le transverse. Dans la station debout il se déplace comparativement au cæcum.
Mais ces descriptions de la forme et de la situation du côlon transverse normal, sont loin de répondre à la totalité des cas. La morphologie du côlon transverse est, nous le répétons, extrêmement variable et les aspects que nous venons de décrire sont souvent compliqués par la ptose d’un des angles, le gauche, ou plus rarement des deux, ou par un allongement plus ou moins considérable de la portion intermédiaire, le dolichocôlon.
J. Gatellier, F. Moutier et P. Porcher dans leur atlas de radiologie clinique du tube digestif, ne peuvent concevoir de ptose vraie du côlon transverse que si les points fixes, c’est-à-dire les angles coliques, se trouvent abaïissés. Ils ne reconnaïssent que deux types communs de ptose :
« La ptose de l’angle sous-hépatique qui entraîne le transverse. L’angle splénique seul point fixe semble le pivot auquel sont suspendus un segment gauche plus ou moins normal et un segment droit qui pré-
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sente des formes diverses de plicature et de télescopage. Le cæcum peut reposer sur le fond du petit bassin, tout le gros intestin droit et la moitié du transverse venant occuper la fosse iliaque droite ».
La ptose, l’angle splénique étant abaïissé à son tour, de tout le cadre colique qui s’affaisse dans le bassin, « formant une masse qu’il est impossible de dissocier par la palpation. Ce n’est qu’en faisant reprendre au malade le décubitus dorsal que l’on peut espérer y parvenir ». Enfin, les auteurs décrivent un aspect rare : l’angle splénique seul est abaissé.
Mais les auteurs n’admettent pas la ptose n’intéressant que le côlon transverse, les deux angles restant à leur place. « Ce transverse qui pend en guirlande, n’est que l’exagération d’un type normal ou que le développement d’un dolichocôlon segmentaire ».
Nous pouvons rapprocher de cet avis les observations faites aux Etats-Unis par Moody, Van Nuys et Chamberlain dans une étude aux rayons X de 600 adultes, tous les sujets ayant un passé gastro-intestinal ou de la constipation ayant été exclus. Ils trouvent Ja position basse du côlon transverse si commune, qu'ils la considèrent comme normale.
Les dolichocôlons sont des anomalies coliques consistant en un allongement segmentaire ou partiel du gros intestin sans augmentation de calibre. Les angles restent en situation normale, ce sont les segments intermédiaires qui présentent des allongements. Mais nous savons les variations d’aspect que peut présenter le côlon transverse pour lequel on admet une longueur
normale de 30 à 80 centimètres. Aussi est-il difficile de dire où commence le dolichocôlon.
La dolichocôlie du côlon transverse est beaucoup plus rare que celle des autres côlons. Ses aspects sont si divers qu’elle est presque impossible à décrire. Gatellier, Moutier et Porcher insistent sur les points suivants : lorsque le dolichocôlon porte surtout sur le segment gauche, on trouve des boucles en 8 de chiffre, dont le centre est plus ou moins l’angle splénique que sa fixité transforme en pivot. Lorsque le dolichocôlon est total on trouve des aspects en V, en U, en W avec des superpositions et des combinaisons variables pour chaque cas.
En fait, nous ne trouvons nulle part de documents radiologiques nous intéressant. Si certains auteurs signalent des côlons transverses descendus au pubis, en guirlande, ils n’en tirent pas les mêmes conclusions que nous.
Pour l’examen de nos malades, c’est, nous le répétons, la méthode par ingestion de baryte, avec plusieurs repas séparés, que nous avons préférée. Nous avons rejeté le lavement baryté, car il donne une image très fausse de la forme et surtout de la position de l'intestin. Nous n’insisterons pas sur ce que cette méthode a d’antiphysiologique : une telle abondance de liquide sollicite des contractions évacuatrices qui viennent gêner l’examen. De plus, le côlon dilaté et distendu devient douloureux et particulièrement sensible. On a dit également que le lavement ne donnait pas une image vraie du côlon, mais une
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« caricature » tellement il exagérait certaines caractéristiques du côlon observé. Mais nous reprocherons surtout au lavement baryté de redresser des ptoses indiscutables sous l’influence de la distension colique, à un point tel que l’on peut conclure à un côlon normal. D’autre part, comme l’examen doit être fait debout, le passage de la position horizontale dans laquelle se fait le lavement baryté, dans la position verticale, fait que le lavement est évacué avant l’examen.
Bien que la méthode par ingestion soit plus délicate à manier, nous avons fait nos examens uniquement par voie buccale. Nous donnons trois repas barytés, 20 heures, 14 heures et 7 heures avant l’examen, de façon à avoir le plus de chances possibles d’avoir une image complète des côlons. Après un examen attentif de la position des côlons, le malade prend un quatrième repas baryté sous écran afin d'examiner la situation de l’estomac. Nous conseillerons de prendre la précaution d’attendre 10 minutes environ avant de faire un orthodiagramme, car très souvent l’estomac dans les premières minutes de l'examen est plus haut qu’il ne le sera au bout d’une dizaine de minutes, sans que cela veuille dire cependant, comme le dit T. Martini, qu’il s’agisse d’atonie gastrique.
Il est intéressant de noter enfin l’aspect des diverses portions duodénales : on aura en particulier assez fréquemment l’occasion de trouver une sténose du duodénum dans la dissociation gastro-colique.
On prendra alors un orthodiagramme et non un calque banal. Ce procédé a l’avantage de donner une anatomie exacte, qui permet de noter à quelques millimètres près les positions respectives de la grande courbe gastrique à sa partie la plus déclive et du côlon transverse à sa partie la plus inférieure. En fait, nous mesurons l’allongement du ligament gastrocolique.
Nous avons employé une autre méthode dans une vingtaine de cas. C’est la téléradiographie avec ampoule de 1 m. 50, qui donne des résultats admirables, mais désastreux pour les ampoules.
Nous décrivons dans un chapitre suivant les résultats que nous ont donné nos examens radiologiques et la mensuration de la distance entre la grande courbure de l’estomac et le côlon transverse.
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