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PATHOGÉNIE

La ptose colique reconnaît les facteurs étiologiques des ptoses en général. Elle n’est qu’un élément faisant partie d’un ensemble de modifications statiques des organes abdominaux. C’est ce qu'avait vu Frantz Glénard, quand il décrivit la « maladie des ptoses ».

Ces facteurs étiologiques sont de deux ordres, les uns acquis, les autres congénitaux. Nous allons essayer de les résumer brièvement.

Les facteurs congénitaux conditionnent le terrain qui représente un facteur primordial dans la pathogénie des ptoses.

Des sujets présentant une morphologie spéciale, seraient prédisposés aux ptoses : c’est le type longiligne décrit par Stiller.

Pour Lane, il y aurait chez les ptosiques une mauvaise adaptation à la station debout, créant une traction sur les mésos.

À cet ensemble morphologique s’associerait un abaissement de la tonicité et une atrophie de la fibre musculaire lisse, facteurs sur lesquels ont insisté Tuffier, puis Loeper et Baumann (leiasthénie de ces derniers auteurs).

On a également voulu invoqué l'influence de la

déminéralisation, d’une déficience du métabolisme, de troubles endocriniens (hypothyroïdie, hypo-ovarie).

Ces facteurs représentent les causes lointaines de la ptose. Ils conditionnent ce terrain à mauvais tissus, sur lequel vont jouer les facteurs acquis.

Dans un premier ordre de faits, toutes les causes de déséquilibre de l’abdomen par leur action sur les ligaments, et toutes les causes de déficience de la paroi abdominale jouent un rôle essentiel. Ce sont les grossesses répétées, l’inanition, toutes les causes d’amaigrissement rapide, les éventrations à la suite d'interventions chirurgicales, le vide laissé par l’extirpation d’une grosse tumeur abdominale.

Mais il ne faut pas négliger le rôle aussi important et parallèle, que joue l’atonie acquise, c’est-à-dire la déficience de la fibre musculaire dans la pathogénie des ptoses. Cette atonie acquise reconnait des causes nombreuses. Nous citerons d’abord l’inanition, quelle que soit sa cause : psychique, maladie prolongée, régime trop strict, spontanément suivi ou ordonné médicalement, cure d’amaigrissement mal surveillée.

Mais de nombreuses autres causes sont invoquées par les auteurs : les troubles nerveux, les actions toxiques, infectieuses, et au premier plan la tuberculose, les déficiences glandulaires enfin, et Carrajannopoulos accorde un rôle important à l’insuffisance ovarienne.

Tels sont rapidement passés en revue les principaux facteurs plus ou moins fréquemment mis en cause dans la pathogénie des ptoses.

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Dans la dissociation gastro-colique, ces diverses causes ont peu d'importance et manquent le plus souvent. Cela se conçoit d’ailleurs facilement puisque, dans la dissociation gastro-colique, l’abaissement du côlon transverse ne s’accompagne d’aucune autre ptose viscérale. L’estomac est à sa place ainsi que les reins et le foie (exception faite pour le rein droit assez souvent ptosé). |

Dans les cas qui nous intéressent, au contraire, il y a une cause locale, intestinale, et non une cause générale, le terrain. Ainsi c’est dans une maladie intestinale antérieure qu’il faut chercher l’origine d’une dissociation gastro-colique.

Le facteur étiologique que nous avons rencontré le plus souvent, c’est une constipation banale, remontant parfois à l’enfance. D’autres fois, c’est une constipation douloureuse avec débâcles diarrhéiques et glaires dans les selles.

Moins souvent, nous nous sommes trouvés en présence d’une colite du type appelée par Mathieu colite muqueuse avec putréfaction. Très rarement enfin, il s’agissait d’une colite à selles acides jaunes, type colite de fermentation.

Dans l’histoire de nos malades, nous trouvons avec une certaine fréquence une fièvre typhoïde à l’origine des troubles intestinaux. Une affection parasitaire assez banale nous paraît d’autre part, avoir une certaine importance, l’oxyurase.

Ces différentes affections paraissent agir en déterminant une atonie de nature fonctionno-organique des fibres lisses des côlons.

Il se passe ici ce qui se passe pour tous les organes creux. Après une lutte plus ou moins longue, l'organe se laisse distendre. En fait la distension dans le cas présent se fait en longueur et non en largeur, et la défaite du transverse se traduit par son allongement : une tendance au dolichocôlon. D’ailleurs Lardennois avait invoqué la colite comme cause déterminante du dolichocôlon : « Il est, dit-il, logique d'admettre qu’un côlon atteint de colite chronique s’allonge ». Chiray, Lomon et Wahl pensent que ce sont plutôt les troubles du transit qui agissent. Ils s’appuient sur le fait que de nombreux auteurs ont vu régresser le dolichocôlon par la cure de la constipation (Béclère, Alban Girault, Gaston Durand). Il est donc probable que la constipation peut créer l’allongement de l’intestin. Mais dans le cas de dolichocôlon vrai, il y a en plus des causes prédisposantes d’ordre anatomique, que les causes précédemment invoquées ne font qu’exagérer. Nos malades atteints de dissociation gastro-colique ne présentent pas un véritable dolichocôlon mais un simple allongement du transverse.

Cet allongement du transverse nécessite une augmentation des dimensions du ligament gastro-colique qui entraîne une perte de sa tonicité. De sorte que, si la dissociation gastro-colique entraîne un étirement du ligament gastro-colique, il est secondaire à l’augmentation de longueur du côlon transverse.

Cette dissociation gastro-colique s’accompagnant d’un syndrome pathologique, et qui est la seule que

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