CLINIQUE
Le tableau clinique de la dissociation gastro-colique est d’une très grande diversité. Il présente cependant une allure générale qui apparente de façon assez étroite les malades qui en sont atteints.
Ce sont beaucoup plus fréquemment des femmes que des hommes (mais beaucoup moins fréquemment que dans la simple ptose gastrique), qui viennent consulter pour des troubles gastriques plus désagréables que douloureux, essentiellement caractérisés par de la gêne post-prandiale. Ce sont des sensations de pesanteur, de lourdeur, de tension épigastrique, de ballonnement, c’est une gêne, maïs ce n’est à peu près Jamais une douleur, une crampe. Ces malaises s’accompagnent ou non d’éructations, assez rarement de régurgitations stomacales liquides ou alimentaires, moins encore de vomissements.
Le malade, après le repas de midi surtout, se sent inapte à tout travail intellectuel ou physique, il éprouve le besoin de s’étendre.
Très fréquemment, à ces banaux malaises postprandiaux, s’ajoute un syndrome vago-sympathique. La crise sympathique post-prandiale qui fait partie du syndrome sympathique de Ramond et Carrié, est
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caractérisée par un état de malaise avec tachycardie et palpitations. Le battement épigastrique est un des phénomènes les plus constants. Les bouffées de chaleur à la tête s’accompagnent de placards érythémateux sur la face. En sortant de table, la céphalée est fréquente avec somnolence immédiate.
Les sujets vagotoniques se plaignent d’un état nauséeux, accompagné fréquemment de sialorrhée et d’aérophagie. L’éréthisme cardiaque, les extra-systoles se voient souvent avec de la bradycardie et de l’hypotension. Mais ce sont [à des tableaux schématiques et le plus souvent on observe une association des deux syndromes.
Nous avons rencontré, mais beaucoup plus rarement, des sujets qui accusent un syndrome douloureux tardif, mais sans évolution périodique pouvant faire penser à un ulcus.
Cette gêne post-prandiale, accompagnée ou non d’un syndrome vago-sympathique ne nous évoque guère d’autre diagnostic que celui de banale dyspepsie sensitivo-motrice.
Certains signes, apparaissant uniquement par la position debout, pour disparaître par la position couchée, vont traduire la ptose. Ils sont essentiellement digestifs, neuro-végétatifs et circulatoires.
Les troubles digestifs sont tous ceux que nous avons signalés précédemment. Nous insisterons seulement sur quelques caractères spéciaux. Alors que fréquemment le malade au réveil ne présente aucun malaise, il accuse dès le lever un état nauséeux plus ou moins
marqué. Gutmann recommande à ses malades de comprimer fortement leur abdomen pour se relever, et de le décomprimer lentement une fois debout ; dans ces conditions, ces « malaises du saut du lit » n’existent plus.
La pesanteur post-prandiale est d'autant plus intense que le repas est plus copieux. Si le malade reste debout, elle persiste 3 ou 4 heures, jusqu’à la fin de la digestion; mais elle s’atténue et disparaît au bout de quelques minutes à un quart d’heure par la position couchée.
Les symptômes neuro-végétatifs apparaissent aussi au moment où le malade se lève : ce sont des vertiges ou plus exactement un état de déséquilibre, de non sécurité à la marche, avec, parfois, des brouillards passagers devant les yeux. Ce sont aussi parfois de la pâleur du visage contrastant avec la cyanose des extrémités, de la lassitude, un épuisement rapide des forces à la marche et même à la seule station debout. La caractéristique générale de tous ces malaises est de céder par la compression de l’abdomen par une ceinture.
Les troubles circulatoires enfin sont importants et multiples. Ils ont été étudiés par de nombreux auteurs et, en particulier, par Prével, sous le nom de réflexes abdomino-cardiaques. La tachycardie orthostatique, les battements épigastriques ont été fréquemment notés. Nous avons signalé antérieurement la bradycardie, les palpitations, assez souvent les extra-systoles, exceptionnellement la bradycardie