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TRAITEMENT

Le traitement de la dissociation gastro-colique est symptomatique et causal.

Traitement symptomatique

Il consiste à rapprocher le côlon transverse de la grande courbure, par le moyen d’une sangle abdominale basse dont le bord supérieur ne doit dépasser que de peu l’ombilic. Il en existe dans le commerce de très nombreux modèles plus ou moins efficaces. L'efficacité de la ceinture ne peut se juger que sous l’écran.

Faut-il ou ne faut-il pas de pelote : pelote élastique pleine ou pelote insufflable dont les modèles sont innombrables ? La forme du ventre constitue une première indication générale. Le plus souvent un malade dont le ventre est proéminent dans sa partie sous ombilicale, verra ses malaises s’atténuer par le port d’une simple sangle droite et sans pelote. La ceinture agit en soulevant la masse du grêle et par elle le transverse. À l’opposé, un malade à ventre plat ou concave a peu de chances d’être soulagé par une sangle abdominale sans pelote. Malheureusement même une sangle abdominale avec pelote ne soulage

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pas toujours et même exagère parfois les malaises. C’est comme nous l’avons vérifié souvent, que la pelote agit en exagérant la dissociation gastro-colique en s’insinuant entre le côlon transverse et l’estomac. Nous verrons plus loin ce que l’on peut opposer à des cas de cet ordre.

Egalement dans le traitement symptomatique, nous rangerons les moyens mécaniques tels que gymnastique abdominale tendant à refaire les parois défaillantes, les cures d’engraissement tendant à former des dépôts de graisse interstitielle dans les mésos.

Traitement causal

Il s’adressera avant tout à l’intestin, puisque c’est un disfonctionnement intestinal qui a causé l’allongement du transverse, cause de la chute de cet organe.

S'il s’agit d’une constipation banale non douloureuse avec dolichocôlon atonique sans grosse réaction, nous pourrons utiliser le traitement qu’Alban Girault a préconisé sous le nom de traitement horaire de la constipation. Il utilise la semence de psyllium associée à la préparation suivante :

Racine de Podophylle ......... 8 gr.

Racines «de, Gratiolee 16 gr.

Racines de -Bryone -. 8 gr.

Baies-de nerprin 4 gr.

LIN EDUCATEUR 16 gr.

Faire macérer à froid pendant 48 heures dans 200 centimètres cubes d’eau. Ajouter 100 grammes

d’alcool à 60° et laisser 24 heures en présence. Filtrer.

De cette solution le malade prélève chaque matin 30 gouttes et y ajoute 120 centimètres cubes d’eau. Il prend une cuillerée à dessert de cette solution toutes les heures, soit 12 heures sur 24. Le psyllium est pris : 2 cuillerées à café à chacun des grands repas.

Cette méthode a le défaut d’être absorbante pour le malade qui l’abandonne rapidement.

Plus simple et plus pratique nous paraît être le traitement sinon horaire mais fractionné de Gaston Durand.

Soit par l’écorce de bourdaine, 5 grammes en infusion suivi de macération, que l’on prend en quatre fois au début des trois repas et au milieu de l’aprèsmidi. Soit par l’huile de ricin en capsules que l’on prend quotidiennement en 3 ou 4 prises aux mêmes heures.

Mais le plus souvent, il suffira de donner un simple régime cellulosique (à tous les repas un plat de légumes herbacés et fruits cuits) et, suivant la pratique du Professeur Noël Fiessinger, un traitement de la constipation par des biscottes à base de son, des mucilages et de l’huile de paraffine pour obtenir, au bout d’un temps variable, mais assez long d’ailleurs, une régularisation des selles et une diminution de longueur du transverse, ce qui a priori paraît peu vraisemblable.

Il peut être utile d’y adjoindre certains traitements électriques comme celui de Delherme et Laquerière, ou de Mlle Reichenecker.

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Lorsque ce n’est pas la constipation qui domine, mais une colite muqueuse par exemple de type putréfaction, il y aura lieu de modifier l’état intestinal par des pansements bismuthés, des solutions salines (type solution de Mathieu), des vaccins, etc. Quant aux fermentations, elles devront être toutes de façon très différentes par un régime spécial exempt de farineux et de cellulose, et devront être combattues par des préparations maltées et du carbonate de chaux léger.

Mais dans tous les cas, et cela nous ramène au traitement symptomatique, il faudra s’occuper avec le plus grand soin de l’état nerveux. Avant toute chose, il convient de rassurer le malade, lui expliquer qu’il ne présente rien de grave, une banale ptose. Conseiller le repos étendu prolongé, quelquefois en dehors du milieu familial, une hydrothérapie tiède, voir même le séjour dans une station thermale type Plombières, Néris ou Divonne. Les antinervins sont de mise : préparations bromurées, préparations à base de passiflores, de cratoégus, de valériane, enfin le gardénal à petite dose associé ou non à la belladone ou à l’ésérine.

Traitement chirurgical

Mais comme nous l’avons vu, il est des cas où le transverse ne se remonte que très mal par le port d’une ceinture. Il est même des cas où la pelote pneumatique exagère la dissociation. C’est alors que

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l’on discutera de l'opportunité d’un traitement chirurgical.

Quand la dissociation gastro-colique ne s’accompagne pas de chute des angles coliques, on peut recourir à la résection plus ou moins large du grand épiploon souvent épais et lourd, associée à la diminution de hauteur du ligament gastro-colique. « Le plus simple moyen est de plisser ce dernier par une série de ligatures de catgut disposées de manière à ne pas produire de coudures coliques. » (Lardennois).

S'il existe une ptose associée de l’angle colique droit, on s’adressera à la colopexie en équerre de Pierre Duval et Grégoire qui, nous le rappelons, comporte deux temps :

1° Fixation directe de la bandelette postérieure du côlon ascendant à la paroi lombaire dépéritonisée.

2° Fixation horizontale directe de la bandelette du côlon transverse à la paroi abdominale antérieure le long d’une incision horizontale qui permet d’écarter le péritoine.

Lambret a décrit un procédé original et ingénieux qui consiste à tailler à droite dans la gaine antérieure du muscle droit une bandelette aponévrotique retenue par la base supérieure à la paroi, large de 2 centimètres. On l’introduit dans l’abdomen et on l’applique sur les bosselures du côlon transverse, de l’angle hépatique et de l’ascendant, puis on la fixe par

une série de points d’enfouissement, réalisant en même temps une coloraphie modelante.

On peut à la façon de Dupuy de Frenelles remplacer la bandelette aponévrotique par un tendon de renne que l’on insère dans la paroi droite et à gauche au niveau de la dixième côte.

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