‹ Contribution à l'Étude De La Durée de L'Élimination Des MédicamentsChapitre 4 sur 21 · HAS · texte numérisé non relu

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Voilà donc trois points établie, les oiseaux valent au moins les lapins, les grenouilles, les cobayes, comme animaux d'expérience ; en tous cas, ils valent infiniment mieux que la cornue des chimistes pour les recherches biologiques. |

2° Le cloaque des oiseaux peut être considéré comme une fistule naturelle, par laquelle sont expulsées trente ou . quarante fois par jour presque toutes les sécrétions réunies.

3° Les oiseaux sont facilement immobilisables.

Ceci convenu, si au-dessous d’un oiseau immoblisé, on place un plateau soumis à un mouvement régulier, on aura un appareil enregistreur, qui recueillera séparément chaque défécation et de plus indiquera l'heure où cette défécation a été expulsée.

Telles sont les réflexions, qui, après les premières leçons cliniques de M. le professeur Sée sur les organes de la digestion, nous ont décidé à faire construire cet appareil.

Notre ami, M. le professeur Pitres, de la Faculté de médecine de Bordeaux, dans un court voyage à Paris, voulut bien examiner notre appareil, et il nous à donné le bon conseil d'essayer l'élimination des médicaments à l’aide des papiers réactifs ; ce qui dans sa pensée, devait supprimer une foule de manipulations désagréables déjà sur l’urine et plus désagréables encore sur les matières fécales.

Cette idée, aussi simple que pratique, nous frappa et immédiatement nous nous mîmes en quêle de papiers réaclifs.

Notre excellent ami, M. Gay, professeur agrégé de la Faculté de Paris, nous indiqua le perchlorure de fer comme aple à donner un papier réactif et de plus excellent réactif

AE pour décéler la présence des salicylates, des formiates, des benzoates, médicaments sur lesquels notre attention était fixée par les leçons et les recherches de M. le professeur -Sée sur les médicaments dits antipyréliques.

Nos premiers résultats avec ces médicaments et les papiers au perchlorure de fer ne furent pas très encourageanis.

Nous vbtenions bien la couleur rouge caractéristique de l’action des formiates, des acétales, ele., voire même la couleur chair signalée pour les benzoates ; malheureusement un animal, n'ayant point pris de médicament, nous donnait la même chose où à peu près.

Les renseignements que nous trouvions chaque jour, soil dans les traités spéciaux, soit près de nos amis ou connaissarices, pharmaciers ou chimisies, étaient plus décourageants encore.

On peut les résumer dans cette phrase : rien n’est plus facile que de reconnaitre un médicament dans l’eau distillée. Mais dans l'urine les choses ne se passent plus de même. En vain on opère de la manière indiquée, on n’obtient rien.

Telle était invariablement la réponse à toutes nos demandes de renseignements.

Quelques chimistes nous promirent d’abord le secours de leurs connaissances et de leur habileté manuelle; mais allez done Irouver même un ami, qui, pour lPamour de l’art et faire plaisir à un ami, s’astreigne à quelques milliers de manipulations sur des matières fécales.

Évidemment il fallait renoncer à cette espérance.

Alors nous résolümes de nous borner à la description

= AN — pure et simple de notre appareil en faisant entrevoir les avanlages qu'on en peut lirer, partant de ce principe que la calcination des défécations d’un oiseau, urines et matières fécales réunies, n’est pas une opération plus compliquée que la calcination des résidus de l’urine de l’homme ou des animaux évaporée jusqu’à siccité.

C’est là une opération que tous les traités spéciaux signalent comme indispensable pour reconnaître la présence de la plupart des médicaments dans les sécrétions, l'urine en particulier.

Ces réflexions nous firent, sinon suspendre tout à fait, au moins ralentir le cours de nos expériences.

Comme l’iode et le salicylate, dissous dans les tubes à essai tantôt nous donnaient des résultats ; lantôt n’en donnaient pas avec les différents procédés signalés, nous pensions qu’il nous manquait un peu d’habileté manuelle, et de temps en lemps nous consacrions nos loisirs à acquérir cette habileté manuelle.

Dans le cours de nos manipulations, le hasard’ nous fit placer un papier au perchlorure de fer sur une goutte de solulion d’iodure ; immédiatement apparut la tache bleue caractéristique l’iodure d’amidon.

Nous n'avions point essayé le procédé de M. Bouis, ayant, de-parti pris, laissé de côlé les procédés qui obligent à faire bouillir les matières fécales.

Le soir même nous donnions 25 centigrammes d'iodure de potassium à un pigeon et cet animal élait bien et dûment placé dans lappareil garni de papier au perchlorure de fév.

Les jours suivants nous présenlions nos résullats à

MAG M. le professeur Sée, notre vénéré maître dans les hôpitaux qui voulut bien nous encourager dans ces recherches et mettre à notre disposition les immenses ressources de son service et de son laboratoire à l’Hôtel-Dieu.

M. Cadet ayant parlé de notre travail à M. le professeur, Hayem, nous eûmes, aussi les précieux et bienveillants encouragements de ce professeur.

Nous ne nous bornerons donc plus à la description d’un appareil enregistreur s'appliquant à l'étude dela digestibilité relative des aliments et de la durée de l'élimination des médicaments, mais nous pourrons y ajouter un résumé succint de nos expériences sur quelques médicaments et aus! quelques détails sur le choix, la préparation et le mode d'emploi des papiers réactifs, qui nous ont rendu de grands services dans ces modestes travaux.

Nous laisserons de côté nos expériences sur lalimentalon et la digeslibilité relative des aliments, expériences que nous avons faites sur les oiseaux, soit omnivores comme le corbeau et la poule, soit carnivores comme le faucon, soit exclusivement granivores comme le pigeon.

Le détail de ces expériences incomplètes du reste, nous entrainerait trop loin.

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