‹ Contribution à l'Étude De La Durée de L'Élimination Des MédicamentsChapitre 5 sur 21 · DESCRIPTION DE L'APPAREIL · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE L'APPAREIL

L'appareil, que nous proposons aux expérimentateurs se compose de deux parties distinctes :

1° L’immobilisateur destiné à maintenir l’oiseau dans des conditions aussi favorables que possible au jeu régulier de ses fonctions, tout en lobligeant à laisser tomber ses excréments toujours à la même place.

2° L’enregistreur, qui recueille séparément chaque défécation et-indique en même temps l’heure et presque la minule où chacune d’elles a été expulsée.

1° L’immobilisateur :

L'appareil, dont la description va suivre, nous a servi, pour des animaux de petite taille : le pigeon, le corbeau et des. poules naines anglaises dites de combat.

C’est une boite longue, dont les côtés ont les dimensions suivantes : longaeur 40 cent., largeur 15 cent., hauteur 20 cent. Le fond de cette boite dans la partie antérieure est fermé par une planchette mobile, dans le sens horizontal d’arrière en avant à la facon d’un tiroir. Cette planchette repose dans ce but sur deux règles carrées, réunies par des vis aux parois latérales de la boîte. Une simple vis à tête ronde, traversant la paroi latérale gauche, vient arrêter ce perchoir juste à l'endroit convenable à chaque animal.

Le ec

Cette planchette se tronve convenablement placée quand l'oiseau se trouve dans une position naturelle, c’est-à-dire que, sans tirer ni en avant ni en arrière Sur ses liens il peut embrasser le bord postérieur avec ses pouces.

La partie postérieur du fond de cette boîte est vide afin de permettre le libre jeu de la queue de oiseau et la chute des fèces.

La partie supérieure mobile est formée par deux planchettes articulées à l’aide de charnières. Ces plancheites font lune sur l’autre un angle aigu isocèle de 30° environ. Cette disposition en toit oblige l'animal à se tenir bien au milieu de Pimmobilisateur.

À la partie antérieure sous le bec de l’animal sont placées deux mangeoires en zinc du modèle de celles que dans le commerce on destine aux angles des fenêtres. Ces mangeoires mesurent 6 centimètres dans leurs deux côtés presque à angle droit. Le troisième côté est formé par un arc de cercle de 90° environ; ces mangeoires contiennent 15 grammes de graines environ, soit 30 grammes pour les deux. Un pigeon mange de 45 à 40 grammes par jour. Dans l’espace laissé libre entre les deux mangeoires vient se placer l'ouverture d’un abreuvoir à syphon du modèle ordinaire pour les cages des petits oiseaux (grand format). L'oiseau a donc à sa disposition deux mangeoires et un abreuvoir.

En somme, dans cette cage, les deux parois latérales sont seules fixes. La paroï supérieure s’enlève quand on veut mettre l’animal en place. La paroi antérieure et la paroi postérieure sont remplacées chacune par deux pièces de bois cylindrique de trois centimètres de diamètre, sur

PRAO LE lesquelles sont vissées les parois latérales. Cette disposition permet à l’animal de voir devant lui, elle permet en outre à la lumière et à l'air d'arriver librement sur la tête de l’animal. La partie verticale du syphon et les mangeoires ferment suflisamment le passage au cas où l’animal essayerait de s'échapper après avoir rompu ses liens, ce qui ne nous esl encore pas arrivé,

.. Pour la partie postérieure, celte disposition permet le libre jeu de la main qui tent l'animal pendant qu’on le fixe,

Rien n’empécherait d’ajouter deux portes ou parois - mobiles à ces deux extrémités pour le cas où l’on voudrait défendre l’animal contre l'intervention de personnes indiscrêtes ou malveillantes. Ce n’est pas là une précaution tou- Jours superflue.

Sur les parois latérales vers le milieu se trouvent deux

ouvertures hautes et larges de cinq centimètres environ. Au-dessus et au-dessous de ces ouvertures sont placées deux règles carrées portant chacune un trou rond destiné à recevoir verticalement une broche de la grosseur d’une forte aiguille à tricoter.

Il.suffit de passer ces deux broches dans lun des trois

anneaux placés à chaque extrêmilé de la lumière pour.

obtenir une immobilité presque parfaite. Il suffit que l'animal se tienne loujours exactement à la même place pendant la défécation, or pour l’oiseau comme pour l'homme

la défécation est un effort de ceux auxquels Gerdy a donné

le nom d'effort partiel abdominal. Avant de faire cet effort l’animal prend toujours la position la plus favorable et celle position favorable est unique et loujours la même avec l'appareil que nous venons de décrire.

La planchette perchoir se trouve à l’endroit convenable quand l’oiseau placé naturellement sans tirer ni en avant ni en arrière sur les liens peut embrasser le bord postérieur avec ses pouces.

Dans le cas où l’on voudrait utiliser des perchoirs se rapprochant de la forme cylindrique il serait indispensable : de les choisir d’un grand diamètre (sept à hnit centimètres environ) même pour des animaux de petite taille comme le pigeon.

Lien

L’oiseau est attaché par une double lanière en cuir.

Cette lanière mesure quatorze centimètres de long, sept à huit millimètres de large, et un demi à un millimètre d’épaisseur ; elle est terminée aux deux extrémités par trois petits anneaux en métal.

Sur cette lanière se trouvent deux paires de coulants plats en métal.

Ces coulants sont placés par paire ; le premier de chaque paire est situé à deux centimètres du point médian; le deuxième à trois centimètres, soit à un centimètre plus en dehors.

Nous avons dit que la lanière de cuir était double.

Le premier chef de cette lanière est cousu sur les coulants ; le second glisse librement dans ces coulants.

Quand on veut immobiliser l'animal, on saisit le chef mobile de la lanière entre les deux coulants ;: on l’écarte, et on obtient de cette façon une espèce de boucle.

Dans cette boucle on passe les pattes de l’animal ; cela

DAT Et fait, on üre sur les deux extrémités de la lanière ; la patie de l’animal se trouve saisie au-dessus des phalanges.

Faites de même pour la seconde patte.

Prenez l’animal sur le dos et portez-le dans l’immobilisateur, amenez le premier anneau, passez une des broches dans cet anneau; faites de même de l’autre côté et votre animal se trouve fixé dans l’immobilisateur ; mettez aussitôt le couvercle pour que l’animal n’essaye pas de faire des efforts pour s’échapper ; à cette condition seulement, vous verrez vos animaux rester calmes.

Si, au contraire, on ne met pas le couvercle tout de suile, ils s’agiteront dans l’espérance de se dégager.

En prenant ces précautions, nous avons toujours vu nos animaux rester tranquilles, sinon dès la première séance, au moins dès la seconde.

Nous avons opéré sur une trentaine d'animaux ; tous ont accepté cette position, les femelles mieux que les mâles.

Les jeunes animaux sont beaucoup plus calmes.

Le lien est la partie la plus importante de tout l’appareil, car d’une part, si l’animal ne se sent pas solidement fixé, il essayera toujours de s’échapper.

Dans cet état d’agitation, l’animal peut d’abord se blesser, ce qui changera les condiions de l’expérience ; de plus, il peut prendre une mauvaise position, tomber sur le plateau et arrêter le mouvement.

Si les liens sont trop serrés, l’animal ne pourra pas prendre sa position naturelle; 1l se fatiguera promptement et, par le fait de la fatigue, il pourra encore tomber sur le plateau et arrêter le mouvement.

Gérard

in 99)"

De plus, des liens trop serrés ealravent la circulation veineuse, amènent de l’œdème et des plaies.

Avec les liens que je propose, J'ai pu conserver quatre fois vingt-quaire heures un jeune pigeon qui entrail pour la première fois dans l'appareil.

Quant aux animaux habitués par quelques séances, on . peut les laisser des semaines entières sans qu’ils souffrent d’autre chose que de l’oisiveté forcée.

Citons comme exemple : les oies de Strasbourg, qu’on attache sur des planchettes, et les diverses volailles que l’on immobilise dans une gaveuse, notamment au Jardin d’Acclimatation, pour les soumettre aux divers procédés d’engraissement.

Disons et pour ne plus y revenir qu'aucun quadrapède ne peut être soumis à ces procédés d’immobilisation sans inconvénient plus ou moins grave pour sa santé; tels sont les arthrites, les eschares précédées et suivies d’un état général plus ou moins grave, mais réel quoique moins apparent.

Ces accidents sont assez constants pour que les vétérinaires civils ou militaires admeitent comme un principe général qu’il est économique d’abaltre tout animal condamné à limmobilité pour un temps plus ou moins long, par un accident quel qu'il soit ; une fracture par exemple.

Les oiseaux, au contraire, grâce à cerlaines dispositions anatomiques bien connues des naturalistes, peuvent rester immobiles même fort longtemps sans inconvénient.

Tel est avec : 4° la défécalion fréquente ; 2° le mélange de l’uripe et des fèces ; le troisième fait qui nous a conduit à considérer les oiseaux comme les seuls animaux favo-

NS | épi rables à l’étude de lélimination des médicaments ou des aliments ; avec la réserve de vérifier les résullats de ces expériences par de nouvelles expériences, mais celles-ci de contrôle seulement, soit directement sur l’homme, soit d’abord sur des animaux comme l'ours, le porc ou le chien. :

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