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ETUDE

DU

PENICILLIUM CABARETI sp. nov.

Nous avons isolé ce Penicillium, trouvé avec diverses moisissures sur un vieux fromage de Brie. Il est très caractéristique en raison de sa couleur jaune verdätre (222 C. d. C.).(1) Il donne des hyphes aériennes qui forment un feutrage épais, duveteux, d'une épaisseur de 5 à 8 m/m, Ces hyphes aériennes très développées, assez rarement ramifiées, cloisonnées, forment des touffes se terminant par un pinceau fructifère. Ces pinceaux sont nombreux. Les verticilles sont composés de courts rameaux auxquels font suite les stérigmales portant eux-mêmes les conidies. Il se produit assez rarement des ramifications secondaires. La fructification est cons truite sur le type classique des Penicillium, avec plusieurs étages de courts rameaux superposés, nés chacun au-dessous d'une cloison et dont les supérieurs donnent un verticille de stérigmates conidifères.

Les conidies rondes mesurent de 3 à 4 w.

Les stérigmates peuvent atteindre une longueur le 12 à 14 w et la largeur des filaments est d'environ 2,5 à 3 vu.

La germination n'offre rien de particulier. Chaque conidie

(1) Nous avons utilisé, au cours de ce travail, la Chromotaxie nouvelle publiée par P. Kzincksieck et VALETTE en 1908, sous le titre de Code des Couleurs (C. d. C.) et inspirée des Cercles chromatiques de CHEVREUL.

ne

germe en émettant un filament mycélien qui se eloisonne, se ramife et fructifie au bout de cinq à six jours.

Le P. Cabareti se distingue nettement du P.luteum, ZUKAL, par sa couleur jaune verdätre et non jaune d'œuf, par la forme de ses conidies, toujours rondes et non pus elliptiques. Enfin, tandis que le P. Luteum liquéfie incomplètement et très lentement la gélatine, le P. Cabareti la liquéfie entièrement et très rapidement.

Aspect sur différents milieux de cutture (Etuve à + 22°)

Carotte. — Après vingt-quatre heures, nombreuses petites touffes blanches. Quelques conidies arrivent à maturité le troisième jour. Le cinquième, presque toute la surface de la carotte est envahie. Le mycélium est épais, feutré, la hauteur des rameaux fertiles atteint 2 m/m 50 à 3 millimètres. Le huitième jour la carotte est entièrement recouverte d'une abondante floraison jaune verdâtre (222 du Code des couleurs).

Pomme de lerre. — Après quarante-huit heures, pousses blanches, épaisses, qui s'étendront assez rapidement en produisant une sorte de boursoufflement de la pomme de terre qui vient à certains endroits s’écraser sur les parois du tube. La fructification est tardive. La teinte jaunâtre, due à la maturité des conidies, ne se manifeste sur quelques points qu'au bout de 16 jours et ce n’est qu’au bout de 25 jours que cette maturation est générale sur toute la surface de la pomme de terre.

Pomme de terre acide. — L'évolution est encore plus lente.

Pomme de terre glycérinée. — La végétation est extré-

mement rapide. Après 24 heures, un mycélium abondant apparaît, deux fois plus considérable comme hauteur et largeur que sur la pomme de terre simple. Quelques coni-

dies arrivent à la maturité le sixième jour ; Ia maturation est générale le huitième. Les colonies affectent une forme mamelonnée particulière et le phénomène de gonflement de la pomme de terre se-produit; les hautes touffes soyeuses viennent s’écraser sur les parois du tube.

Bouillon gélosé. — Après 24 heures, touffes légères. Le troisième jour, feutrage abondant ; rameaux très courts ; la fructification commence le septième jour; la culture a l’aspect poussiéreux.

Bouillon gélaliné. — Végétation abondante au bout de 24 heures : grand nombre de petites touffes blanches. Le deuxième jour la liquéfaction commence ; elle est complète cinq jours après. Le feutrage qui a jauni le troisième jour passe au brun noir le dixième jour.

Albumine d'œuf cuile. — Croît lentement. Petites colonies ponctuées, d’abord blanches, jaunissant au bout de 6-7 jours et prenant la teinte brun clair (133, C. d. C.)

Milieu caséine-lactose. — Petites touffes blanches jau- - nissant le sixième jour. La liquéfaction commence le huitième jour, et s'achève le onzième jour. Le mycélium prend une couleur violet-rouge (572, C. d. C.).

Bouillon. — Colonies peu abondantes. Forme au bout de 8-10 jours un voile peu épais. La partie supérieure prend la teinte ordinaire (222, C. d. C.). La partie immergée est de couleur jaune pâle.

Lait. — Végétation peu abondante durant 5 à 6 jours. S’accroît le 8-10c jour, jaunit le 12, le lait est peptonifié en 22-24 jours.

Raulin normal. — Un îlot blanc se constitue le deuxième jour ; il atteint toute la largeur du tube le quatrième, se recroqueville le cinquième et sa partie submer-

AO

vée se colore d'abord en jaune foncé ; la partie immergée croit et se colore de plus en plus. Le vingtième jour sa couleur et celle du liquide sont identiques (nuance 78 du Code des couleurs).

Raulin glucosé. — L'ilot blanc formé donne un épais voile, submergé au bout de quatre jours. La partie flottante est jaune verdâtre; la face inférieure jaune serin (236, C. d. C.). Le voile se recroqueville et plonge entièrement dans le liquide qui est à peine coloré.

Raulin laclosé. — L'ilot d'abord blanc (jaunâtre le 4: jour) émet des filaments submergés très fins et très abondants. Le sixième jour, la face flottante est jaune verdâtre, la partie immergée, duveteuse, jaunit le 10e jour (241, C. d. C.). Le liquide n'est pas coloré.

Raulin maltosé. — Voile plus large, épaissit rapidement, donne un mycélium blanc à la surface ; et jaunit le sixième jour ; la partie immergée peu étendue se colore en jaune serin (236, C. d. C.). Pas de coloration du liquide.

Milieux sucrés. — D'après la vigueur et l'étendue des cultures on peut ranger les sucres les mieux assimilés dans l’ordre suivant : glucose, maltose, saccharose, lactose.

Influence de la tempéralure :

POIDS ASPECT MICROSCOPIQUE du Mycélium

d’une culture en 1 jour sur Raulin après 3 jours | sur Raulin

Température

Filaments courts non cloisonnés............,.... 160 Filaments courts non cloisonnés 200

Filaments ramifiés, apparition des appareils CONITIENS: me OR RIRE NU EN 248

Filaments très allongés et organes reproducteurs. 375

Quelques conidies germent 190

- Sr =

La température la plus favorable au développement du Penicillium Cabareti est de 25° à 30°.

Action sur les composés azotés :

Albumine d'œuf cuite. — Les colonies jaunissent en 6-7 jours et prennent ensuite une teinte brun clair, Le milieu ne subit aucune liquéfaction.

Lait saturé de craie. — Le développement est lent, en 22-24 jours le lait est complètement transformé en liquide jaunâtre et transparent.

Caséine. — Le cube se délite en donnant un liquide trouble.

Action sur les Hydrates de Carbone (Résultats obtenus cinq jours après addition de la solution de ferments).

Saccharose. — Il y a interversion et la solution renferme-par litre (18 g. 5) (en glucose) de sucre réducteur.

Maltose. — L'augmentation du pouvoir réducteur et une déviation inférieure de 10-46 au polarimètre indiquent le dédoublement de ce sucre.

Lactose. — Aucun changement.

Glucose. — Il y a production d’alcool.

Empois d'amidon. — Pas de liquéfaction.

Production de pigment.

Le P. Cabareti, donne un pigment brun clair, soluble partiellement dans l'alcool à 90°, dans l’alcool-éther ; plus

= De soluble dans l’éther, l’éther de pétrole, le chloroforme, le

sulfure de carbone, l’acétone, l’acétone-éther. L'action des réactifs usuels est la suivante :

Ammoniaque : violacé pâle. — Soude: violet évêque. — Potasse : même coloration.

Acide chlorhydrique : le pigment vire à la teinte pelure d’oignon. — Acide sulfurique : rouge un peu plus foncé. — Acide azotique : avive légèrement la couleur. — Acide phosphorique : pelure d’oignon. Pas de changement avec les acides acétique, oxalique, phénique, l'aldéhyde formique.

L'eau de chaux le fait passer au violet. Faible décoloration par l’eau oxygénée. Pas de décoloration par l’eau de chlore et en présence de l’acide sulfurique et du zinc.

Le pigment colore les tissus en rouge ; la teinte, assez tenace, passe au violet-lilas en présence des alcalis.

En résumé, ce pigment présente tous les caractères des lipochromes étudiés par Zopr [65] récemment signalés par SaRTORY et BAINIER [57] dans plusieurs espèces d’Aspergillus, et dans beaucoup d’autres Mucédinées étudiées actuellement par ces auteurs.

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