OBSERVATION VI
Mme D... âgée de 40 ans, mariée, mère de famille, entrée le 5 décembre 1908, à l'Asile.
Nous n'avons aucun renseignement sur les antécédents héréditaires. !
Comme antécédents personnels, d'après les voisins, Mme D... aurait toujours été bizarre, ne parlait pas beaucoup et n'avait. pas grande fréquentation.
A son arrivée elle dit qu'elle est poursuivie par ses voisines qui cherchent à lui faire du mal et qui sont jalouses d'elle.
Elle aurait tenté de se suicider, mangeait et dormail peu.
Elle est déprimée, baisse la tête, ses réponses sont lentes, sa physionomie est mélancolique.
Elle entend des voix qui disent à son mari: « Allez donc trouver Mme E.…. elle vaut bien mieux que votre femme. »
Ces mêmes voix se moquent d'elle, elle reconnaît parfois celle de son mari qui lui dit : « Si tu vas encore trouver un autre homme, tu vas voir ce qui t'arrivera. » Est ensuite restée quelques jours dans un état de stupeur, ne mangeait pas, ne bougeait pas, ne parlait pas.
Dans les mois suivants exprime toujours des idées délirantes de persécution, Mme EE... vient dans sa chambre la puit, elle ira se plaindre au commissaire, les idées mélancoliques sont en voie de disparition, elle na plus rien à se reprocher, elle nie toute idée de suicide.
En juillet 1909 se montre exeilée, elle insulte son Lenoir crie, va et vient, ne veut rien faire, donne des réponses puériles aux questions qu’on lui pose.
Trois semaines après esk plus calme, mais crie la nuit, se plaignant qu'on la pique, qu'on lui envoie dans les yeux « comme des brises de sulfate. »
Des voix qui viennent du dehors lui disent tantôt des choses agréables et tantôt des choses déplaisantes. Reconnaît les voix de ses parents, de ses amis et de ses voisins. On lui dit de se méfier de son frère et de sa femme qui veulent la faire mourir à Saint-Robert.
En novembre 1909, se plaint de maux de tête, on lui donne la nuit du mal aux jambes et elle « se voit perdue » souvent.
En 1910, les stéréotypies apparaissent. Elle répète constamment : « On m'endort pour prendre, pour prendre le mal, on va me faire mourir subitement, on m'endort pour prendre, pour prendre le mal. ele. » On lui prend ses pensées, on lui fait penser des noms par force avec quelque chose qu'on lui envoie dans la tête, les voix disent qu'on va dresser la guillotine et qu'on va lui couper la tête.
— dl —
-Ne sait plus son âge exact, dit être venue ici, en 1809, pour voir une femme presque morte.
Le langage devient grossier, scatologique et incohérent. * En juillet 1910, nouvel accès d'excitation ; elle réclame violemment son argent du divorce et sa liberté.
Les mêmes propos incohérents stéréotypés se montrent, elle crie toute la journée. | En 1911, elle est de plus en plus désordonnée dans ses paroles et dans ses actes, les mêmes stéréotypies persistent : « On m'endort pour prendre le mal. Je veux mes 6.000 francs. Mirelan avait 6 femmes, et moi ça fait 7. »
. Elle se recouvre la tête de son tablier, réclame son mari, récrimine contre la nourriture, contre le personnel, contre tout le monde. : j Est cependant assez docile et obéissante.
En 1912, devient maniérée, parle d'une voix de polichinelle, fait mille grimaces, et raconte toujours la même chose.
Son état évolue progressivement dans les années qui suivent, nous la retrouvons actuellement totalement inconsciente Æt insouciante, elle est gàteuse et s’agite par intervalle,