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On revint plus tard aux idées de Hecker et Trowbridge, en 1891, déclara que la folie de la puberté était une psychose spéciale se développant sur un terrain héréditairement prédisposé.
La même année, Pick l'appela démence Chronique primaire de la jeunesse, et, en 1892, Daraskiewiez la considéra comme une démence incurable survenant chez les jeunes gens. |
Suivant les idées de ses prédécesseurs, en 1893, Krœæ- ‘pelin rapprocha l'hébéphrénie de la catatonie et, y ajoutant la démence paranoïde, décrivit des trois affections comme trois formes d’une même maladie: la Démence précoce. no
L'histoire de la catatonie commence, avec Kahlbaum, en 1874.
D'après cet auteur, la catatonie est, en résumé, une affection cérébrale à marche cyclique qui revêt successivement l'aspect de la mélancolie, de la manie, de la stupeur, de la confusion mentale et, finalement, de la démence:
Seglas, dans la nouvelle iconographie de la Salpétrière (juillet-août 1902), a donné un bon aperçu de la conception de Kahlbaum.
Longtemps et même encore aujourd’hui cette conception souleva des discussions passionnées en Allemagne. Parmi ses adversaires, il faut citer Schüle pour qui la catatonie n’était qu'une variété de délire systématisé, aigu, hallucinatoire (Acuter hallusinatorische wahnsinn), Arndt, Westphal, Tigges, Krafft-Ebing, Tamburini, qui ne voulurent voir, dans cette nouvelle sGecton qu'une forme de maladies déjà décrites.
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Seglas et Chaslin, dans les « Archives de Neurologie » de 1888, résument ces discussions et font eux-mêmes une critique étendue de l’idée de Kahlbaum.
Une période de vingt années s'écoula avant que, fussent reconnues les relations qui unissent hébéphrénie et catatonie à la démence précoce. |
Cette synthèse fut l’œuvre de Kræpelin; elle fut formulée dans la quatrième édition de son «Traité de Psychiâtrie » et est fondée sur l’idée de son maître Van, Gudden, idée défendue chez nous par Falret, Guislain, Magnan, etc... à savoir que seule l’évolution et la marche des maladies pouvaient, en médecine mentale, conduire actuellement à une classification rationnelle.
L'originalité de l’œuvre du Professeur d'Heidelberg fut non seulement de rapprocher catatonie et hébéphrénie, mais d’y rattacher une autre forme dont il a vraiment la paternité, et qui fera l’objet de notre étude, la démence paranoïde.
Nous passerons sous silence les divergences de vues de Kræpelin et de Kahlbaum sur l’évolution, l’origine psychique et la terminaison de la catatonie pour arriver à l'historique de la forme paranoïde.
Pour mieux comprendre l’œuvre de Kræpelin, nous suivrons l’évolution de ses idées dans les différentes éditions de son « Traité de Psychiâtrie ».
Comme nous l’avons vu plus haut, c’est, en 1893, dans la quatrième édition, que sont énoncées sous la rubrique de Dégénérescences physiques, trois entités dont le rapprochement se justifiait par l’apparition singulièrement rapide d’un état persistant de faiblesse intellectuelle :
EE fret la démence précoce, | la catatonie, .
et la démence paranoïde.
La démence précoce proprement dite n'était autre que l’hébéphrénie de Hecker ; quant à la catatonie, elle était, à peu de chose près, constituée par les mêmes éléments que la catatonie de Kahlbaum.
La. démence paranoïde, enfin, était caractérisée par d'évolution rapide vers la démence d'un délire mixte d'idées de grandeur et de persécution extravagantes et et sans lien précis apparu brusquement.
La démence paranoïde, on le voit, comprenait ce que l'école française désignait sous le nom de délire des
dégénérés, bouffées délirantes, délire d'emblée, délire
polymorphe, etc, et ce que les Allemands appelaient paranoïa aiguë. |
Dans la cinquième édition du « Traité » parue en 1896, c'est au chapitre des maladies mentales à prédisposition morbide dans le groupe des maladies par troubles de la
nutrition que sont rangées la démence précoce, la cata
tonie et la démence paranoïde.
Cette dernière est définie par un état permanent de confusion mentale survenant rapidement au cours d’un
délire absurde de persécution et de grandeur.
C’est également dans cette édition que Krœæpelin formule sa conception de la mélancolie qu'il regarde comme un psychose de la période d’involution.
La sixième édition, parue en 1899, contient d’intéressantes modifications. L'hébéphrénie, la catatonie et la démence paranoïde ne sont plus trois entités différentes relevant du groupe des maladies par troubles de la nutri-