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témoignent encore d’une grande puissance de raison-
nement.
La deuxième forme de Démence paranoïde de Kræpelin ne doit pas, pour le médecin français, entrer dans le cadre de la Démence précoce; outre les différences “qui existent entre les conceptions délirantes, Séglas montre encore celles qui se rapportent à l’âge de début de la maladie, différent dans les deux cas, et à la date d'apparition du syndrome démentiel précoce dans l'un et tardive dans l’autre.
La même année, Sérieux adoptait les idées de Séglas et concluait ainsi son article de la «Revue de Psychiâtrie » (1902) : s
«Il va sans dire que bien des points restent encore obscurs, en particulier pour ce qui à trait à la distinction des variétés ou des espèces cliniques, groupées sous le nom de démence précoce et aussi sous le rapport de la délimitation de cette affection et des démences secondaires proprement dites (démences vésaniques, démen-
ces consécutives aux infections). C’est là l’œuvre de l'avenir. Les lacunes de nos connaissances actuelles qui sont évidentes ne prouvent rien contre la réalité et la valeur de cette dernière conquête de la pathologie mentale contemporaine; de plus en plus on tendra à substituer, à des groupements purement symptomatiques, des espèces cliniques à évolution bien déterminée. On arrivera ainsi à remplacer une classification artificielle par une classification naturelle. Il convient donc de ne pas refuser plus longtemps à la démence précoce la place qui lui revient très légitimement dans le cadre nosographique. L’intéressante conception du Professeur Kræ-
MTS + RUES
pelin nous semble, en effet, appelée sans conteste à donner plus de précision au diagnostic et au pronostic des maladies mentales, et cela dans une partie du domaine de la psychiâtrie où, jusqu'alors, le clinicien restait désorienté. » |
Deux ans plus tard, Sérieux émettait des doutes sur les différences très nettes soi-disant observées entre le délire systématisé et la démence paranoïde et il faisait remarquer que, si l’on observe tous les intermédiaires entre la démence hébéphrénique et la démence paranoïde, on observe de même tous les intermédiaires entre la démence paranoïde et le délire chronique, type Magnan.
Tous ces délires évoluent vers la démence.
L'évolution peut être plus ou moins longue, mais serait toujours fatale. Il y aurait donc, d’après Sérieux, deux formes de démence paranoïde: une forme aiguë et une forme chronique qui correspondraient aux deux formes de Kræpelin.
En 1904, Sérieux adopte doné complètement la conception allemande et ne range plus, ‘dans la paranoïa, que les délires n’évoluant pas vers la démence, délires qui forment le large cadre morbide des folies systématisées dont le délire chronique à base d’interprétations fausses est le type.
Les hallucinations seraient donc du domaine des délires paranoïdes, et n’existeraient pas dans la folie systématisée.
Aux objections qu’on pouvait faire à ceci, Sérieux à répondu en faisant remarquer que beaucoup de symptômes décrits sous le nom d’hallucinations n'étaient, après analyse, que de fausses interprétations.