‹ Contribution à l'Étude de la forme pseudo-emphysémateuse de l'AsthmeChapitre 21 sur 27 · PA · texte numérisé non relu

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Mais ce qui est moins discutable, c'est l'apparition de l'asthme

à la suite de la pandémie grippale de 1918-1919, dans Île

décours de pneumonies bien identifiées, à la suite aussi de certaines maladies infantiles telles que la rougeole ou la coque-

Juche qui atteignent directement ou indirectement les voies

aériennes.

Il n'est pas rare de constater une première crise d'asthme apparaissant chez l'enfant au décours d'une coqueluche. Cette

éventualité n’est relativement pas rare. On peut se demander si -dans de tels cas, il n'y a pas infection des voies respiratoires

supérieures par le bacille de Bordet-Gengou.

Il apparaît plus probable que ces crises d'asthme se produisent chez ces enfants parce qu'elles trouvent un terrain neuro-arthritique favorable, sensibilisé de fraiche date par la toux

‘spasmodique de la coqueluche.

Envisageons maintenant l’aggravation ou la réapparition d'un asthme survenant à la suite d’une infection rhino-trachéo-bron-

-chique intercurrente.

La pullulation des pyogènes à la surface des muqueuses respiratoires hypérémiées et sécrétantes est facilitée par les exsu-

dations trachéo-bronchiques qui accompagnent ou survivent : -aux grandes crises d'asthme. “rs

L'infection, dans de tels cas, paraît prendre naissance au niveau du nez: la sinusite, l'ethmoïdite, la rhinite postérieure peuvent aussi s'observer.

Dans d'autres cas, ce sont le pharynx ou les amygdales qui s'infectent en premier lieu. :

Quoi qu'il en soit, de l'un ou de l'autre de ces points de départ,

Tinflammation se propage en profondeur et suil une progres-

sion « descendante », laryngo-trachéo-bronchique.

La fièvre et le cortège habituel des signes infectieux se déclenchent. Les crachats, de muqueux clairs deviennent jaunâtres ou jaune verdàtres, épais, purulents.

L'auscultation révèle une pluie de ronchus, de râles sibilants

et ronflants disséminés, parfois même quelques râles humides.

Parallèlement à ces signes, la dyspnée asthmatique, que nous avons décrite, s'installe mal soulagée par ses calmants habituels,

continue, elle se manifeste sous forme d'accès répétés ou de

gène permanente, après la fin de la poussée infectieuse, pendant un temps souvent très long.

états: ntetines

L'étude des crachals soigneusement lavés pour enlever la

flore microbienne. salivaire, révèle bien souvent une infection.

bronchique, |

On trouve à l'examen une assez grande variété de pyogènes {streptocoque viridans, de beaucoup le plus fréquent, puis Streplocoque hémolytique, pneumocoques, staphylocoques, catarrhalis, Pfeiffer), néanmoins il semble exister chez l’asthma-

tique, plus que cheZ' le bronchitique banal, une flore plus spécia- me

lisée, plus souvent rencontrée qui paraît aussi avoir un rôlé plus particulièrement asthmatogène.

C'est alors dans ce cas seulement, comme nous le verrons en étudiant le traitement de ces variétés d'asthme que Ia vaccinothérapie vaut la peine d'être tentée:

En conclusion, les infections agissent de diverses facons. Les infections aiguës nous semblent jouer bien plus comme causes déclenchantes, provocatrices de l'asthme que comme facteurs étiologiques profonds.

Il en est donc ainsi de la coqueluche, de la rougeole, des grippes et des infections saisonnières, à la suite desquelles peut s’extérioriser la diathèse asthmatogène. Bien plus, il semble exister un véritable antagonisme entre l'asthme et tout processus

évolutif infectieux. C’est ainsi que l'on a pu voir rétrocéder des.

<rises subintrantes pendant l’évolution d’une infection fébrile, pneumonie par exemple, où la pyrexie s'ajoute au remaniement leucocytaire pour modifier profondément l'état de l'asthmatique. La thérapeutique s’est d’ailleurs inspirée de ces notions et dans certains cas, des résultats satisfaisants ont pu être obtenus par la mise en œuvre de procédés de leucocytothérapie les plus divers. Nous allons maintenant envisager l'étude des infections chroniques suffisamment tenaces pour incriminer à l’organisme des tendances morbides, particulièrement prononcées.

Syphilis et hérédo-syphilis.

La syphilis a pu être incriminée, elle agit de deux façons :

19 Tantôt et c'est le cas le plus rare, par l'intermédiaire d'une

lésion scléro-gommeuse par exemple, siégeant au niveau du ter-

ritoire médiastino-pulmonaire. Elle intervient alors comme J. Boyer 3

épine locale irritative sur lequel le traitement spécifique auræ beaucoup de prise ; 20 Tantôt par l'intermédiaire de lésions constitutionnelles, transmises héréditairement et touchant les systèmes neurovégétatif, hépato-rénal et surtout endocrinien. ;

Ces lésions se retrouveraient fréquemment à l’origine de la dystrophie ostéo-conjonctivo-élastopathique dont nous avons. parlé plus haut.

Ces cas sont malgré tout peu fréquents et nous n'avons retrouvé dans les antécédents héréditaires ou personnels de nos malades que 4 cas de syphilis.

Carlo Alice également trouve la faible proportion de 4% desyphilis en étudiant l’hérédité familiale de 600 asthmatiques.

Quelle est en effet la signification des stigmates dystrophiques dont nous avons vu l'extrême fréquence chez les asthmatiques. au cours de notre étude de leur terrain constitutionnel ?

Il existé chez eux tous les intermédiaires entre les déformations ostéo-articulaires les plus simples, les plus banales et les dystrophies hérédo-syphilitiques les plus certaines.

C'est pourquoi il convient d'essayer de délimiter les zones. d'influence de ces deux états. |

Pour évoquer des exemples concrets, une voûte palatine un peu ogivale, ou une cyphoscoliose appartiennent de toute évidence au rachitisme banal.

De même la dent d'Hutchinson, des incisives striées transversalement, de volumineux tubercules de Carabelli, des tibias arqués constituent des signes presque patents de syphilis héréditaire.

Au contraire, on ne peut donner qu'une valeur incertaine au. signe de Gaucher, écartement des incisives médianes supérieures, à un petit tubereule de Carabelli isolé ou à une axyphoïdie. Car selon leur tendance les différents auteurs les rattachent tantôt à l'hérédo-syphilis, tantôt ilsles considèrent comme entièrement indépendants de cette étiologie.

On à pu constater que certaines de ces déformations étaient fréquemment associées à des lésions viscérales d'hérédo-syphilis et que d'autre part on les retrouvait souvent dans la descendance des syphilitiques. |

Néanmoins on ne saurait étendre démesurément le rôle de

ND lhérédo-syphilis dans la genèse de ces dystrophies et en faire la

cause unique de celles-ci, mais on ne doit pas non plus le restreindre. \

Tuberculose fibreuse.

Quels sont les rapports de l'asthme et de la tuberculose ? Quel est son rôle asthmogène ?

Les rapports de l’asthme et de la tuberculose pulmonaire ont été eux aussi, très sujets à discussion puisque Pidoux, Guéneau de Mussy les évoquaient déjà tandis qu'ils étaient rejetés par: tous ceux qui étaient frappés de l’antagonisme des deux affections : antagonisme de doctrine : l’asthme est fonction de l’arthritisme et l’arthritisme est incompatible avec la tuberculose. Celle-ci est encore antagoniste de l’emphysème, fonction de l'asthme.

Notons qu'à cette période-là, on ne connaissait que la phtisie commune, laquelle en effet, évolue mal chez un asthmatique ou sur un terrain emphysémateux. On connaissait peu au contraire les tuberculoses fibreuses et pas du tout les tuberculoses atté- nuées dont se réclament aujourd’hui les défenseurs de l'identité asthme-tuberculose.

Enfin un des premiers, lTrousseau, considère de nouveau dans certains cas l'asthme et la tuberculose comme l'expression d’une même diathèse. Il fut un des premiers à établir dans une famille d'arthritiques diathésiques la coexistence d'asthme et de tuberculose. « Des parents tuberculeux, dit-il peuvent procréer des enfants asthmatiques et réciproquement des asthmatiques donnent naissance à des enfants tuberculeux ».

G. Sée signale également que l'asthme peut être la première manifestation de la tuberculose pulmonaire.

En 1879, Pujade décrit dans sa thèse, la forme asthmatique pure de la tuberculose que Bard rattache à l'évolution fibreuse de cette maladie. En 1900, Landouzy rattache directement l'asthme à la tuberculose et édifie sa conception de l’asthme tuberculinique qui comme nous le verrons plus loin reste vraie dans certains Cas.

Poncet et Leriche vont même jusqu'à considérer l’arthritisme

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