‹ Contribution à l'étude de la fragilité constitutionnelle des osChapitre 4 sur 13 · APE · texte numérisé non relu

APE

Cependant les nouvelles découvertes dans Je domaine de la pathologie nerveuse, dont les remarquables leçons de M. le professeur Charcot furent vraiment le point de départ, détachèrent à nouveau de ce groupe encore trop vaste des fractures spontanées idiopathiques, un nombre considérable d'observations où la cause apparut nettement. Et ce ne furent pas seulement des observations nouvelles qui formèrent le contingent de ce nouveau groupe dont les fractures des ataxiques furent comme le prôtotype. |

Parmi les anciennes observations de Gurlt, deux notamment furent mises sur le compte de l’ataxie locomotrice par M. le professeur Charcot, et cela de la façon la plus nette, la plus évidente. I v avait donc lieu de revoir le chapitre de l’ostéopsathyrosis.

En effet maintenant, ce chapitre est devenu tout petit, tout minime. A côté d'observations toujours plus nombreuses, plus probantes, dans lesquelles le système nerveux tient sous sa dépendance des fractures en apparence spontanées, il ne se produit plus, dans la science, de nouvelles observations de cette fameuse ostéopsathvrosis de Lobstein. C’est la paralysie générale, l'atrophie musculaire progressive, toujours des affections du système nerveux, qui viennent maintenant grossir le nombre des observations de ce genre, quand il ne s’agit d'aucune des causes connues, des diathèses qui de tout temps ont été indiquées comme produisant la fragilité des os. Plus jamais on ne parle d'idiopathie, et le groupe des observations qui furent le domaine intangible de lostéopsathyrosis, ce groupe que eite et reproduit, non sans tenter toutefois de.

Pi

le réduire, et souvent avec succès tout auteur qui s'occupe de cette question, ce groupe disons-nous, loin des’enrichir va plutôt en s’amoindrissant. Il est renfermé presque tout entier dans les publications de Gurlt, composé d’observations qui pour La plupart ne font aucune mention des antécédents héréditaires. M. P. Simon (1) dans sa thèse d’agrégation, M. le professeur Poncet et M. le professeur agrégé Ricard dans le Traité de Chirurgie ne veulent pas même émettre une hypothèse sur la pathogénie de cet accident qu'ils constatent, mais semblent considérer avec une certaine méfiance.

L'étude des deux observations qu'il nous a été donné derecueillir,et dans lesantécédents desquelles nous voyons apparaître pour la première fois, et de la façon la plus nette, des antécédents nerveux, (alors que tout de pointen peint nous semble reproduire de la façon la plus évidente les divers caractères qu'on à coutume de reconnaître à l’ostéopsathyrosis et notamment le caractère familial) Pétude de ces observations, disons-nous, nous a inspiré l1dée d’une nouvelle hypothèse. Nous avons donc cherché en l’absence d’autopsie, à faire certaines inductions, capables d'apporter quelque lumière sur ce point si intéressant et surtout si obseur.

Mais avant d'aborder l'étude de notre sujet, nous sommes heureux de trouver ici l’occasion de payer notre dette de reconnaissance à nos maîtres dans les hôpitaux.

Merci à nos maîtres de l'Ecole de Médecine d'Angers, à M. le professeur Dezanneau qui nous à donné les premières lecons de clinique chirurgicale et nous a guidé avec

(4) P. Simon, thèse d’agrégation, 1886.

Re RUE

une rare bonté dans le début de nos études, à MM. les professeurs Farge, Legludie et Feillé ; à M. le D'Motais, qui nous a initié à l'étude de l’ophthalmologie, et prodigué les marques de son aimable intérêt.

Notre séjour dans les hôpitaux de Paris comptera parmi les bonnes années de notre vie médicale. M. le professeur agrégé Letulle nous a accueilli dans son service avec une bienveillance dont il n’a cessé depuis de nous donner des preuves ; nous le prions d’agréer l'expression de toute notre gratitude. |

Que M. le D' Talamon, veuille bien recevoir l'assurance de notre reconnaissance pour les excellents conseils qu'il nous à prodigués pendant l’année que nous avons eu l’honneur de passer dans son service.

A M. le Dr Ferrand, médecin de l’Hôtel-Dieu : à M. le D' Champetier de Ribes, sous la direction. duquel nous avons appris à la Maternité de l'hôpital Tenon l'art difficile des accouchements, à M. le Professeur agrégé Legroux et à M. le D'Legendre qui nous ont enseigné la pratique si délicate des maladies de l'enfant, à M. le D'Brocq dont nous avons été l'élève à l'hôpital St-Louis, nous adressons nos sincères remerciements pour la grande bienveillance qu'ils nous ont témoignée.

Que M. le professeur Tillaux veuille bien agréer nos remerciements les plus sincères pour le grand honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de notre thèse.

} NEE Historique.

Les auteurs anciens ne parlent pas de l'affection dont nous nous occupons; Hippocrate, Galien, dans les chapitres consacrés aux fractures ne font pas mention de cette affection. |

Au XVIl'siècle, Fabrice de Hilden, chirurgien allemand, cite d'après Sarrazin les exemples suivants de fragilité des os : un vieillard se casse Le bras en mettantses gants ; une dame se fracture le bras dans le simple fait de mettre sa chemise ; plus tard la même dame à la jambe fracturée par une femme de chambre qui lui met ses bas.

Saviard, en 1691, dans le Journal des Savants, explique les fractures spontanées par l’ostéomalacie.

En 1788, Jacquinelle (Journal de Médecine) cite le cas d’un enfant de 12 ans, qui se fit de multiples fractures et fait intervenir le rachitisme comme explication de ce fait.

En 1791 Eckman (£dinburg med. Comment.) le premier, croyons-nous, met en lumière la notion d’hérédité dans la fragilité des os.

Leveillé, Larrey attribuent, à la syphilis, à la goutte, au scorbut, un rôle important dans la fragilité des os.

Lobstein le premier en 1825, dans son Traité d'anatomie pathologique, donne à la fragilité idiopathique des os, le nom d'Ostéopsathyrosis, affection se rencontrant suivant lui aux deux extrémités de la vie.

AO

Rust en 1833 (Theoretisch praktische Handbuch der Chirurqie) différencie l’ostéopsathyrosis de l'ostéomalacte. C’est pour lui une tendance en vertu de laquelle la substance osseuse est portée à perdre sa cohésion pour la moindre cause alors qu'elle résisterait à l’état normal. Cette fragilité des os ne doit pas être considérée comme un état pathologique indépendant et isolé de la substance osseuse, mais comme un état morbide de tout l'organisme.

Goddard {W. Gisson, /nstitutes and practices of SURGERY) rapporte de remarquables observations sur la fragilité des 0S.

Le premier {travail important que nous trouvions sur ce sujet est celui de Guürlt. C’est dans son ouvrage déjà cité que se trouvent réunies Le plus grand nombre d’observavations. Il insiste sur la notion d’hérédité, mais ne se prononce pas sur la cause de l'affection ne voyant là qu'une sorte de modification congénitale aussi inconnue dans son essence que lhémophilie. |

Ollivier, d'Angers (Annales d'hygiène, Paris, 18%4) a cité des observations remarquables de fragilité des os chez des enfants.

Thore, (Archives générales de médecine, 1844) à fait des recherches sur le même sujet.

Plus récemment M. P. Simon dans sa thèse d'agrégation de 1886 étudie l’ostéopsathyrosis et conclut en s’abstenant de toute interprétation : « ne pouvant formuler à l'égard de cette affection que des hypothèses plus ou moins dépourvues de fondement ».

Enfin M. le professeur Poncet dans le Traité de chirurgie consacre un article spécial à l’ostéopsathyrosis. I la

Page 1