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niques que l’on rencontre d’une façon presque constante dans les autopsies. Ces caillots peuvent se désagréger et être le point de départ d’embolies. Ces embolies, lors de leur arrivée dans des vaisseaux de calibre inféieur à leur diamètre, les obstruent, arrêtent la circulation et provoquent les infarti des différents viscères.
Chez le chien, ces embolies avec thromboses peuvent oblitérer les artères linguales et amener la gangrène des parties situées en aval.
Le processus serait donc le suivant : endocardite et coagulation intra-cardiaque, formation d’un embolus qui, arrivé dans un vaisseau plus petit que lui, va provoquer une thrombose. Le sang ne circule plus dans la portion d’organe irriguée par les capillaires nés de l’artère ou de l’artériole thrombhosée. L'arrêt de la circulation supprimant toute nutrition, la gangrène survient. Elle est aggravée par les infections secondaires fatales dans la bouche où la flore microbienne est abondante et variée. Ces hôtes normaux ne sont pas pathogènes en eux-mêmes, mais trouvant dans les cellules qui ne réagissent pas un milieu de culture favorable, ilse mettent à pulluler et ne deviennent pathogènes que parce qu'ils agissent en saprophytes et se nourrissent aux dépens de l'organisme. La phagocytose étant ainsi paralysée par le manque de nutrition, il en résulte des phénomènes d’autolyse, d’autodigestion de l'organe par les ferments cellulaires. Cette prolifération de saprophytes arrive à gagner les parois des capillaires, entraînant à son tour la formation de petits caillots qui obstruent les vaisseaux, et c’est ainsi qu’on
peut penser, avec le Docteur Galatz, que l’association fuso-spirillaire n’a qu'une action secondaire dans l’étiologie de la gangrène de la langue.
Si l’on réunit entre eux le point où chaque capillaire est thrombosé, on obtient une ligne de démarcation très nette qui délimite la partie saine au-delà de la thrombose, et la partie qui se gangrène en deça de la thrombose. C’est le sillon disjoncteur. Ce sillon existe dans tous les cas et circonscrit toujours très nettement la portion saine qui est la partie fixe de la langue de la portion morte qui est la partie libre. La localisation de la gangrène à la portion libre, dans tous les cas que nous avons été amené à traiter et qui a été égalelement observé par Schummel, vient à l’appui de notre théorie que nous n'avons pas affaire à un processus infectieux. Car alors il n’y aurait pas de raison pour que l’on ne rencontre jamais de gangrène sur la portion fixe de la langue, ni sur un sillon médian. Tandis que la situation des lésions rencontrées s'explique très bien si l’on admet le mécanisme de la thrombose. L'examen microscopique de la région gangrénée nous a permis de constater au niveau du sillon disjoncteur la présence d’un caillot obstruant le système artériel.
La gangrène de la langue n’est donc pas due aux toxines sécrétées par l'association fuso-spirillaire ; mais nous croyons que le processus serait le suivant : elle aurait comme point de départ une endocardite déterminant un embolus par stase sanguine dans les compartiments cardiaques modifiés ; ce caillot est désagrégé, véhiculé par le sang jusqu'au moment où il arrive dans un vaisseau trop fin pour lui, en obstrue
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la lumière, et arrêtant la circulation en aval provoque une thrombose du vaisseau. Dans cette partie privée de nutrition et de toute réaction de défense les hôtes normaux de la bouche proliférant et vivant aux dépens d’un tissu qui ne se nourrit plus, précipitent ainsi sa mort. La partie gangrénée se détache, exsangue, à partir du sillon disjoncteur.
Le processus gangréneux est terminé.
Diagnostic
Le diagnostic est facile. L'apparition soudaine des symptômes graves, la brusquerie et l'intensité des troubles fonctionnels et en particulier l'abattement extrême du sujet, la salivation abondante et nauséabonde, la langue noïrâtre pendant en permanence hors de la bouche entr'ouverte sont les symptômes essentiels de la gangrène de la langue et qui, à eux seuls, nous permettent de poser le diagnostic. Mais il faut noter que lors de l’apparition des premiers symptômes la gangrène est déjà installée et qu’on se trouve en présence d’une maladie impossible à guérir au moins localement, puisque la gangrène a déjà fait son œuvre et que la partie sphacélée doit s’éliminer.
Avant tout, on examinera attentivement le sujet pour se rendre compte que l’on n’est pas en présence d’une gangrène traumatique due à la constriction de la base de la langue par un corps étranger.
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Pronostic
Le pronostic est très grave, parce qu’on ne peut déceler la maladie avant l’apparition des symptômes et que ceux-ci n'apparaissent qu'une fois la gangrène installée.
La mort survient dans plus de 50 % des cas. Le point critique est le moment de la chute de la langue, si on est arrivé à soutenir l’animal jusque-là on peut le considérer comme sauvé. Le sujet s’adapte alors à cette absence de langue et très vite s’habitue à aspirer ses aliments au lieu de les laper.
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Traitement
Le véritable traitement de la gangrène de la langue est un traitement médical ; cependant, dans certains cas, on peut intervenir chirurgicalement au cours de la maladie et rendre ainsi la guérison plus rapide.
Le traitement chirurgical consiste à amputer la parte gangrénée ; il est de moindre importance, puisque la portion sphacélée peut tomber d’elle-même vers le quatrième ou cinquième jour si l’animal a survécu. Cette chute naturelle est préférable au traitement chirurgical, qui est assez délicat. Il vaut mieux laisser agir la nature.
Quant au traitement médical, de nombreuses tentatives ont été faites, basées sur les propriétés thérapeutiques des médicaments les plus divers et qui semblent varier avec les différentes théories de l’étiologie: sans que les résultats obtenus aient pu prouver avec certitude leur efficacité. Pour nous, les différents cas que nous avons été amené à traiter nous inclinent à penser qu’un traitement hygiénique, bien compris, de la bouche, en même temps qu’une médication destinée à soutenir l’état général du sujet, donnent de bons résultats.
DT 7e
Pendant longtemps on traita la gangrène de la langue comme les stomatites par des lotions répétées d’eau oxygénée diluée.
En 1904, Schummel guérit un animal atteint de la gangrène de la langue par des badigeonnages locaux avec une solution d'’alun à 2 %, après avoir au préalable amputé la partie malade.
Pellier Curt, en 1923, emploie le novarsénobenzol selon la formule suivante : |
Novarsénobenzol ............. S Esp METRE HR es LO2 Réboriel OUT LEE. LIENS 4 % Giycér er RUES EX PUR ELU 18 %
Drevet ne croit pas à l’action des antiseptiques généraux. Îl essaya de traiter les animaux malades par des applications locales d’électrargol sur la muqueuse linguale, associée à des injections intraveineuses de 2 à 3 centimètres cubes du même produit, selon la taille du chien. Ce traitement ne lui donna pas de bons résultats. Il se basa alors sur ce fait que d’une part la gangrène de la langue était produite chez le chien par l’association du spirille Vincenti et du bacille fusiforme, le spirille préparant le terrain au bacille qui lui déterminait toutes les lésions graves et, d’autre part, sur le fait que l’arsénobenzol était un excellent spirillicide. Il en conclut que l’arsénobenzol en détruisant les spirilles empêchait le bacille fusiforme de se développer et de produire des lésions générales mortelles, et que pour cette raison il devait être le traitement par excellence. Il employa l’arsénobenzol glycériné en applications locales toutes les deux heures :
Arsénobenzol ............ 15 cer PR AE te, 5 cc.
Glycérine neutre........... 2-3 cc.
Cette préparation avait l'avantage de se conserver 24 heures sans altération et grâce à la glycérine d’adhérer parfaitement à la muqueuse malade; cette méthode lui parut excellente pour les îlots gangréneux, mais insuffisante lorsqu'une grande surface était atteinte. Il remarqua que localement le novarsénobenzol n'’arrêtait pas le processus gangréneux, mais accélérait au contraire la formation du sillon disjoncteur et l’élimination de la partie sphacélée ; mais il observait par contre une diminution considérable des symptômes généraux. Ces applications étaient douloureuses, mais n'entraînaient jamais d'intoxication. Ce traitement s'étant montré insuffisant dans les affections graves, Drevet lui préférait les injections intraveineuses. Il employait de préférence le sulfarsénol moins riche en arsenic et par conséquent mieux toléré et moins caustique. Il traitait l’animal par l’action de petites doses de un centigramme par kilo de poids vif, plusieurs fois répétées. M. le Professeur Douville, dans sa thèse « Des arsénobenzénes et des novarsénobenzénés dans les affections des animaux domestiques », indique comme dose thérapeuthique chez le chien 2 centigrammes de novarsénobenzol par kilog de poids vif. Au contraire de Panisset et Vergé qui ont rencontré des accidents mitritoïdes à la suite de l’administration de fortes doses d’arsénobenzol, Drevet prétend n'avoir jamais eu à déplorer de tels accidents par l'emploi de petites doses plusieurs fois répétées.
À notre avis, le traitement médical est surtout un traitement hygiénique et tonique : il importe avant tout d’assurer par des lavages fréquents une bonne hygiène de la bouche, et en même temps de soutenir le cœur et l’état général du sujet, et ce n’est qu'au cours de ce traitement, quand le processus gangréneux sera terminé et que la langue aura perdu toute sensibilité, que l’on pourra intervenir chirurgicalement.
Dès l'apparition des premiers symptômes qui peuvent permettre de soupçonner une affection de la bouche, il est bon de tenir celle-ci dans un état de propreté minutieuse. Au moyen d’une poire en caoutchouc on pratiquera des lavages fréquents de la bouche, avec une solution antiseptique de chlorate de potasse en solution chaude à 37° à raison de 30 à 40 grammes par litre. Ce traitement externe sera avantageusement complété par l'ingestion quotidienne de 10 à 20 grammes de chlorate de potasse ; celui-ci s’éliminant dans la salive établira un courant d’antisepsie au niveau de la bouche.
Le traitement chirurgical consiste à amputer la partie gangrénée selon le sillon disjoncteur, une fois que celui-ci est nettement marqué et que la langue est complètement indolore, maïs c’est une opération délicate, car malgré la présence du sillon disjoncteur il est difficile de sectionner la langue à la limite exacte de la gangrène. On la coupe générale trop loin ou trop près de la partie gangrénée. De toute façon il
vaut mieux sectionner moins de tissu que trop, à
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cause de l’hémorragie qui ne manquerait pas de se produire si l’on opérait en tissu sain.
TECHNIQUE. — L'animal étant placé sur la table d'opération en position latérale, un aide maintient la tête. L’ouvre-bouche nous découvrant tout le champ opératoire, on saisit à l’aide d’une pince à dents de souris la partie sphacélée, à un centimètre environ du sillon disjoncteur. A l’aide d’une paire de ciseaux droits on coupe à quelques millimètres du sillon disjoncteur, en tissu malade. Une cautérisation rapide à la glycérine iodée ou au bleu de méthylène au niveau de la section, termine l'opération qui est sans douleur et complètement exsangue.
La portion gangrénée peut s’éliminer d’elle-même sans intervention chirurgicale, entre le quatrième et le cinquième jour de la maladie ; de toute façon, dès qu'elle est éliminée, on peut considérer que l'animal est sauvé ; les symptômes généraux s’atténuent rapidement, la convalescence s'établit aussitôt et dure peu. L’appétit revient ; mais les premiers jours après la guérison l’animal est gêné par la préhension des aliments.
Le propriétaire est donc tenu de veiller à son alimentation et au besoin, de la compléter, au cas où l’animal ne se nourirait pas suffisamment lui-même. Cette alimentation doit être à la fois nutritive et facile à déglutir ; nous conseillons de préférence la viande rôtie et hachée mêlée à du pain trempé à l’eau froide. Insensiblement l'animal se rééduque à manger ; il met plus longtemps pour se réhabituer à boire et
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il supplée à cette gène fonctionnelle en aspirant au lieu de les laper, les aliments solides ou liquides.
L’affection jointe à l’anorexie fait que l'animal s’affaiblit très vite ; il importe donc dès l’apparition des premiers symptômes et pendant toute l’évolution de la maladie de le soutenir. On emploiera de préférence l'huile camphrée en injection sous-cutanée matin et soir à raison de 5 centimètres cubes chaque fois.
Observations