OBSERVATION I
Chien loup, 1 an, fauve, appartenant à Mme F..., 231, avenue Lacassagne, Lyon.
Commémoratifs. — Présenté à la visite du lundi 15 décembre 1930. Ce chien, recueilli depuis quinze jours, présentait depuis une semaine des signes d’abattement : les cavités nasales étaient salies d’un jetage muco-purulent. Les yeux chassieux, une légère faiblesse du train postérieur joints aux commémoratifs donnés par le propriétaire, nous permettent de poser le diagnostic de maladie du jeune âge. La température est de 88°5. On n'observe rien au cœur, ni au poumon ; mais la colonne vertébrale est légèrement voussée et l’abdomen tendu et douloureux. A l’examen de la bouche on remarque des ulcérations.
On institue alors un traitement symptomatique : lavages buccaux à l’aide d’une solution de chlorate de potasse à 2 %, lavements à l’eau glycérinée, abcès de fixation et injection de 5 cc. de salicylate glucosé intraveineux.
Le 17 décembre, la température a baissé de 2 dixiè-
mes. Le sujet reste abattu, maïs à l’examen de la langue on remarque qu'elle prend une teinte grisâtre à son extrémité : d'où suspicion de gangrène.
Nous faisons des injections intraveineuses de novarsénobenzol à la dose de 5 centigrammes.
Le 19, la chute de température suit son cours: 36°8. L’anorexie est complète, la gangrène de la langue est complètement installée. Nous continuons le traitement antiseptique de la bouche par des badigeonnages de novarsénobenzol au 1/150° et par des lavages fréquents au chlorate de potasse à 2 %. Comme le sujet faiblit de plus en plus, on le soutient par du sérum physiologique tiède en lavement et sous la peau par des injections de 15 cc. d’huile camphrée.
Le 20, on ne constate aucune amélioration : l’hypothermie est croissante, 85°6. On continue le même traitement sans succès, car le 21, l’animal est trouvé mort dans sa cage.
L’autopsie révèle quelques lésions d’emphysème pulmonaire, maïs c’est surtout le cœur qui retient notre attention. À l'ouverture du cœur gauche, on trouve une lésion d’endocardite sur la valvule mitrale et l'existence d’un thrombus gris bien adhérent à cette valvule ; ce qui permet d'éclairer la pathologie de la gangrène. Plusieurs coupes transversales de la langue faites au niveau du sillon disjoncteur ont montré en cet endroit l’existence d’un thrombus.
L’autopsie ne révèle rien d’anormal pour les autres organes.
EP à eee