‹ Contribution à l'Étude de la Gangrène Pulmonaire à SpirochètesChapitre 12 sur 28 · FAST · texte numérisé non relu

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est prise de frissons et de fièvre, la toux devient continuelle, un peu quinteuse, provoquant des vomissements alimentaires. Le lendemain les crachats prennent une mauvaise odeur.

Elle entre alors le 6 Septembre 1913 à l'Hôpital de Nancy. A cette date la température axillaire est de 38° 5 matin et soir. Pouls à 96. La malade est abattue, la peau de coloration légèrement achrodermique. Les crachats, abondants, (100 cc environ), sont formés d’un mélange de masses nummulaires verdâtres et de sero-pus grisâtre d’odeur très fétide, dont se plaignent les autres malades. La toux, pénible cède aux

médications antispasmodiques. L’expectoration est plus facile que la veille.

Auscultation : quelques râles muqueux disséminés. Signes de condensation du sommet droit, s’étendant, en avant, jusqu’au troisième espace intercostal. À ce niveau : souffle tubaire et râles nombreux de timbre varié. A la partie interne de la fosse sus-épineuse : tonalité du souffle plus élevée. Râles caverneux pendant la toux.

Rien aux autres appareils.

L'examen bactériologique, controlé plusieurs fois, montre :

1° Bacilles acido et alcoolo résistants. 2° B. Hastillis et Spirochétes de Vincent.

3° B. Pyocyaneus.

4° Micrococcus tétragènes.

5° Leptotherix, Blastomyces, Actinomices.

Le diagnostic s'impose de gangrène pulmonaire du sommet droit greffée sur une lésion tuberculeuse en évolution

depuis quelques mois avec petite perte de substance à l’extrême sommet.

Traitement par injections intramusculaïres quotidiennes de 5 ce de solution huileuse d’eucalyptol à 1 pour 20. Légère amélioration surtout pour la fétidité des crachats qui devient moins gênante pour l’entourage. Signes d’auscultation moins accentués, la tepérature s’abaisse, le matin surtout, et oscille

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à partir du troisième jour de traitement entre 37,4 le matin

et 38,6 le HER

| Cependant, à à partir du 13 Septembre, elle remonte à 38°- 39°. La malade est plus déprimée, les râles augmentent, l’expétoration est plus abondante et plus fétide.

Le 21 Septembre on pratique une injection intraveineuse à

de 0 gr. 45 de Néosalvarsan. Il se produit une élévation ther- | 4 :

mique (38° 5 axillaire) s’abaissant le lendemain à 37° 8. RG À partir du 24, la température oscille entre 37° le matin “4 4

et 37°5 le soir. L’expectoration diminue et perd presque

3 sa fétidité. L'état général s'améliore, HSE LUE fusospi-

Hilaire est. moins abondante.

Le 28 Septembre, seconde injection de Néosalvarsan sans

incident. A partir du 7 octobre la température ne dépasse : 5 ME

pas 37°. Les crachats, moins nombreux, perdent leur féti-

dité. Disparition des B. fusiformes et des Spirilles. Persis-

tance du B. de Koch. Amélioration des signes pulmonaires. 4

Signes de condensation du sommet droit avec souffle légè-

rement amphorique au niveau de la zône d’alarme où la

toux fait entendre quelques râles.

Le 10 Octobre, la malade n’ayant que 2 ou 3 crachats,

quitte l'Hôpital. à __ Revue en Juillet 1914 : Signes de Tuberculose, Pas de Spi-

rilles. | En On voit, par cette observation, le bon effet de l’arseno-

thérapie, à laquelle est due la guérison de la gangrène malgré

la concomittance d’une tuberculose. 7 {

Dans une observation ultérieure on peut constater une à

action identique du Néosalvarsan sur la gangrène pulmonaire “À

à Spirilles.

E- OBSERVATION V (M. Perrin) résumée

X... Carrier, 21 ans, entre à l’hôpital pour contusions multiples le 18 Mars 1919.

Traumatismes superficiels et sans gravité. ce

Il devait quitter l’hôpital lorsque, le 27 Mars, il fut pris de frissons, fièvre, point de côté à droite avec râles ronflants et sibilants disséminés. En outre : foyer de râles crépitants à l’aisselle droite. Expectoration rouillée.

On fait alors le diagnostic de pneumonie grippale.

Le lendemain température à 40°. Les crachats, plus abondants, brunâtre, moins visqueux, prennent le 29 Mars une odeur insupportable nettement gangréneuse. Le foyer de l’aisselle s’étend, envahissant le sommet avec des râles sous crépitants et même cavernuleux .

Le malade, très prostré, le teint plombé, semble perdu à brève échéance.

Traces d’albumine dans les urines.

Dès ce jour, le diagnostic de gangrène pulmonaire étant posé, on pratique une injection intraveineuse de 0 gr. 15 de Novarsenobenzol, une seconde de 0 gr. 30 le surlendemain, puis, à 72 heures d’intervalle de la seconde et l’une de l’autre, deux injections de 0 gr. 40, enfin trois injections de 0 gr. 60 à intervalles plus espacés (7-9- et 13 jours).

Flore des crachats : très variée. Prédominance du Bacillus Ramosus de Veïillon et Zuber et présence de Bacilles fusiformes et de Spirilles. Elle se modifie lentement et redevient normale vers la quatrième semaine. Simultanément désinfection locale des gencives très enflammées et de la dentition extrêmement défectueuse.

Dès le lendemain de la première injection, le malade éprouve un bien être appréciable, s’accentuant après la seconde, au lendemain de laquelle l’albumine disparaît. La température s’abaisse progressivement à partir du cinquième jour. L’aspect général s'améliore surtout après la seconde injection de 0 gr. 60.

Le 22° jour (entre les deux premières injections de 0 gr. 60) le malade a eu, sans cause apparente, une hemotysie modérée

à laquelle on n’a opposée aucune médication symptomatique.

L’expectoration diminue après la seconde injection; l’odeur s’atténue et n’est plus que fade après la cinquième injection. Sa coloration est jaune d’or. Après la sixième semaine elle est conplètement tarie. Parfois se produisent quelques crachats spumeux avec quelques stries mucopurulentes.

Le malade ne conserve que des signes stethacoustiques de sclérose pulmonaire discrète du lobe supérieur droit, avec parfois, à la toux provoquée des bruits comparables à ceux de petites dilatations bronchiques.

L'examen radioscopique, le 16 Mai, montre de petites lésions diffuses sous la clavicule droite sur une hauteur de cinq travers de doigt. Pas de noyaux localisés. Autour du hile droit le poumon s’éclaire moins bien.

Le malade, complètement rétabli, reprend son travail le 20 Mai.

Si dans ces deux cas on a pu obtenir une guérison, il n’en est pas de même dans l’observation présentée en 1918 par Nolff à l’Académie de Médecine où la mort est survenue du fait d’une hémoptysie. De plus, ici, il n’est pas question d’association fuso-spirillaire: il n’est fait mention que d’un Spirille, de morphologie analogue, suivant l’auteur, à celui de la bronchite fétide.

OBSERVATION VI (NozFF) résumée

Soldat âgé de 32 ans. Pas d’antécédents héréditaires.

Antécédents personnels : Pneumonie à 17 ans, dyssenterie en 1917.

Histoire de la maladie : Début brusque le 9 Juin 1918 par de la courbature et de la Rachialgie. Le lendemain apparaît un point de côté gauche dans la région précordiale. Il est pris les jours suivants de dyspnée, toux, expectoration.

Entre à l'hôpital le 13 Juin. À ce moment : température

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à 37°2. Pouls à 100. Dyspnée modérée. Cependant l’état

. général est peu satisfaisant. La langue est blanche et sèche;

il y a de la pyorrhée alveolo-dentaire. Rien au tube digestif et annexes.

Examen du Thorax : Diminution de la sonorité de la base gauche. Crépitations fines dans l’aisselle. Dans le reste de la poitrine râles secs de bronchite.

Rien au cœur. P. A. 16-9 au Pachon.

Présence d’albumine dans les urines.

Le 22 Juin la température redevient normale, mais les signes de broncho-pneumonie s’accusent : Base gauche mate, souffle bronchique. La base droite se prend à son tour.

Le lendemain reprise de la fièvre à 38° 2. Du 29 Juin au 9 Juillet, pas de fièvre, puis nouvelle poussée de quelques jours, suivie d’une défervescence de plus d’une semaine.

Etat pulmonaire sans changement. Le malade ne reprend pas de forces.

Le 28 Juillet la fièvre reparait irrégulière. Expectoration abondante, muco-purulente, fluide. La recherche du Bacille de Koch y est négative.

Le 25 Juillet l’expectoration d’une vingtaine de crachats avec sang rouge fait penser à la tuberculose pulmonaire, lorsque, le 5 Août, l’haleine et les crachats, devenant très fétides, orientent le diagnostic vers la gangrène pulmonaire.

Examen microscopique : Présence de Spirilles analogues à ceux de la bronchite fétide.

Le traitement par le Novarsenobenzol intraveineux n’améliore pas la situation.

Les crachats sont hemoptoïques puis franchement hémorragiques.

Le malade succombe le 18 Août à une hémoptysie abondante.

Autopsie des Poumons

Le Poumon droit adhère à la plèvre parietale. Les trois lobes sont soudés entre eux par des adhérences récentes.

DT

Lésions de bronchite diffuse. Congestion de la base. Pas de tubercule.

Le Poumon gauche est soudé à la plèvre pariétale par des adhérences anciennes et épaisses. Lobe supérieur : lésions de bronchite, pas de tubercule. Lobe inférieur : petites cavités remplies de pus malodorant. Nombreux abcès miliaires. Le tissu pulmonaire est sphacelé dans presque tout le lobe.

Cette évolution fatale se retrouve dans l’observation suivante où la mort survient malgré la diversité des traitements mis en œuvre.

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