‹ Contribution à l'Étude de la Gangrène Pulmonaire à SpirochètesChapitre 14 sur 28 · TOR LE · texte numérisé non relu

TOR LE

de l’état général (le malade engraisse de 5 kg.). Disparition de la fétédité de l’haleine.

Le Malade sort complètement guéri en apparence le 18 Novembre. Cette guérison se maintenait en Mars 1923.

La sérothérapie a été employé, avec succès, par le même auteur dans une gangrène où la bactériologie avait montré la présence de quelques éléments spiralès. Dans ce cas, la malade étant décédée par le fait d’une dégénérescence graisseuse du foie, la guérison anatomique des lésions gangréneuses a pu être constatée, à l’autopsie.

OBSERVATION IX (LEMIERRE, DEcHAMP, DURUY) Résumée

Mme H.… 42 ans, cuisinière entre à l’hôpital Bichat le 10 Juin 1925 pour affection fébrile s’accompagnant de toux et dyspnée.

Début brusque ‘par violent point de côté gauche, gêne respiratoire et frisson violent.

L'état s’amende de façon passagère après trois jours de repos, et la malade doit s’aliter de nouveau ayant un point de côté gauche, de la toux et des crachats sanglants.

Pas de maladies antérieures, alcoolisme chronique. Depuis un an tendance à l’enrouement.

A son entrée on est en présence d’une femme obèse, subdédirante, à facies vultueux. Grosse dyspnée. Point de côté peu marqué. Expectoration abondante, brun rougeâtre, assez épaisse, Température 39° 7-40. Pouls 100. Tension : 15 17/2. 10 au Vaquez.

Urines rares, foncée. Albumine. Urobiline,

Signes physiques : Petit foyer de râles sous crépitants, en arrière, à la base gauche.

Mêmes signes les jours suivants. Température à 39°-40°. Présence de sang pur dans le crachoir.

13 Juin : Diarrhée. Quelques râles sous crépitants en avant et à gauche. Foyer plus net en arrière : les râles sous cré-

ENPNATIES

pitants sont plus gros et plus humides, occupant une plus large surface.

Le 14 Juin, pour la première fois : fétidité de l’haleine.

À l’examen bactériologique des crachats on trouve quelques éléments spirales, ce qui incite à faire une injection de 0 gr. 30 de Novarsenobenzol, injection que l’on répette le 16 et 18 Juin.

Le lendemain ia température baisse à 38° 5.

À la base gauche, en arrière : gros foyer de râles sous crépitants avec, au centre, souffle cavitaire et gargouillement.

Haleine fétide. Quatre selles diarrheiques dans la nuit. L'Etat général s’améliore un peu. L’expectoration est plus claire et la dyspnée moins marquée.

Mais le 19, la température remonte à 39°-39° 5. A la base gauche la matité est étendue. Large foyer gargouillant. On injecte alors chaque jour 40 cc de serum antigangreneux.

Le 26 la fétidité de l’haleine diminue et n’apparait plus que par intermittence. Crachats muco-purulents banaux. Température aux environs de 39°.

Le 29, eruption sérique. Mauvais état général. Fétidité de l’haleine a presque disparue. Crachats sans odeur.

Signes thoraciques : Matité très étendue avec abolition des vibrations. Souffle à timbre amphorique. Disparition des râles.

Albumine, disparue depuis le 17, reparait dans les urines.

Le 1“ Juillet : ponction exploratrice à gauche ramène un liquide séro-fibrineux, légèrement louche, non putride. Torpeur, qui augmente les jours suivants. Température à 37° 5-38.

Le 4 Juillet : Fétidité de l’haleine reparait peu intense et intermittente. Souffle tubo pleural à gauche.

La fétédité disparaît à nouveau le 7. Signes d’épanchement pleural peu accentués. Matité tourne en avant. Souffle amphorique.

Nouveaux accidents sériques. Mort.

L’Autopsie révèle la guérison anatomique du foyer de

gangrène. La mort est survenue du fait de la dégénérescence graisseuse du foie.

Jlest des cas où, malgré la multiplicité des traitements médicaux employés, on ne peut obtenir une amélioration; il est bon alors de recourir à une autre thérapeutique, en particulier à cette méthode médico-chirurgicale qu’est le pneumothrax artificiel, témoin l’observation suivante citée à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris par Bourges (de Brest).

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