‹ Contribution à l'Étude de la Gangrène Pulmonaire à SpirochètesChapitre 16 sur 28 · FRA TE · texte numérisé non relu

FRA TE

N. Fiessenger et H. Olivier ont pu obtenir la guérison d’une gangrène pulmonaire à Spirilles par le pneumothorax artificiel. Dans ce cas les Spirilles ont été mis en évidence par la méthode de Bezançon.

OBSERVATION XI (N. FIESsENGER et OLIvIER) Résumée

C. CI.., 40 ans, entre à l'hôpital le 11 Janvier 1926 pour une affection à début brusque par point de côté, malaise général, fièvre, crachats sanguinolents.

À son entrée, on est en présence d’un malade abattu, au teint terreux, à la respiration rapide, qui se plaint du côté droit. L’expectoration est muco-purulente,

L’examen de l’appareïl pulmonaire montre de la submatité à la partie postéro-inférieure du poumon gauche. On y entend des râles sous crépitants.

La Température est à 39° 5.

Le diagnostic porté est celui de congestion pulmonaire avec expectoration anormale

Du 12 au 13 Février l’état s’aggrava. Le malade est pâle, il maigrit et .est anoréxique. L’expectoration augmente et devient fétide.

A l’examen bactériologique des crachats on ne trouve pas de Bacilles de Koch, mais un gros batonnet anaérobie à gram positif et quelques Spirochéêtes à l’aide de la méthode de Bezançon.

Signes physiques : Zône de matité suspendue à la pointe de l’omoplate gauche. Quelques râles sous crépitants.

A l'écran : pyopneumothorax enkysté.

Après injection de lipiodol dans la cavité on fait le diagnostic d’Abcès gangréneux.

Mauvais état général. Exceptoration de 300 à 400 cc.

Injection de sérum antigangréneux et de Novarsenoben-

zol.

Pneumothorax artificiel : En 10 jours quatre insufflations d’azote puis d’air. Les insufflations sont respectivement de 150 cc, 450 cc, 200 cc, et 520 cc.

Le Collapus est obtenu après la troisième insufflation. La température baisse à 37°. L’expectoration tombe au-dessous de 106 cc. Les signes généraux s’effacent, l’appétit revient.

Le pneumothorax se résorbe lentement et le malade guérit.

Il y a quelques mois le Pr. Sergent et F. Bordet publiaient deux observations de gangrène pulmonaires à Spirochêtes, qui toutes deux, s’étaient déclarées à la suite d’intervention chirurgicale. Là est le point de départ de la théorie, soutenue par ces auteurs, de l’origine naso-buco-pharyngée de la gangrène pulmonaire.

OBSERVATION XII (Pr. SERGENT et F. BORDET)

Mme C.., 26 ans. Père et mère diabétiques, à part une obésité considérable, a toujour été bien portante.

En décembre 1924, abrasion, sous anesthésie générale, de cornets hypertrophiés; importante hémorragie post opératoire suivie d’une infection rhino-pharyngée tenace. Trois semaines après l'opération, apparition d’un point de côté violent, prélude d’une complication pulmonaire pour laquelle on porta tout d’abord le diagnostic de broncho-pneumonie de la base droite. Mais la fétidité de l’expectoration, qui devient très rapidement abondante ne tarda pas à faire songer à la gangrène pulmonaire. Une fièvre très irrégulière, de fréquentes hémoptysies, la persistance d’une expectoration prenant l’allure de vomiques fractionnées fétides, souvent noirâtres, obligèrent la malade à garder le lit pendant quatre mois.

De nombreuses thérapeutiques anti-infectieuses furent essayées sans résultat,

En Mai et Juin se produisit une acalmie; la fièvre tomba

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et l’expectoration était à peu près tarie, lorsqu’à la fin de Juin, une nouvelle poussée fébrile survenait, suivie d’une reprise de Flexpectoration purulente, parfois accompagnées de l’expulsion de parcelles compactes, brunâtres. horriblement fétides.

Puis la fièvre tombe à nouveau, l’état général devient très satisfaisant et supporte parfaitement une autovaccinothérapie qui se montre sans influence aucune sur les troubles pulmonaires. Une première radiographie permet enfin de localiser le foyer au-dessus du diaphragme droit en pleine base pulmonaire.

Découragée, la malade se décide à venir consulter en France. Une réaction de Wassermann, fait en raison d’antécédents familiaux suspects, a été négative.

A son arrivée en France elle consulte d’un de nous qui fait les constatations suivantes (fin Juillet 1925) :

Etat général floride. Légère instabilité entre 37°-37° 8.

Expectoration purulente fétide assez abondanté (150 ce par jour).

Diminution de sonorité à la base droite, dans une zône située un peu au-dessus du diaphragme et où la pression des espaces intercostaux est douloureuse. Les vibrations sont également diminuées et, à l’oreille, on ne perçoit que quelques râles à grosses bulles après la toux, qui s'entendent également sur la ligne axillaire et sous le sein droit.

Examen bactériologique des crachats : Flore microbienne très riche prenant le gram, représentée par des cocci du genre streptocoques et pneumocoques. Dans les parcelles solides présence de nombreux Spirochétes, les uns à ondulations serrées, les autres à ondulations lâches (type Castellani). Pas d’amibes.

Examen Radiographique : Zône d’ombré, à contours flous et irréguliers, située dans la partie interne de la base droite et séparée du diaphragme par une bande de transparence normale. Aucune image cavitaire nette. L’exploration après

injection lipiodolée montre une arborisation bronchique

normale.

Un traitement conjugué de Tréparsol et d’injections intra-

thacheales d’huile goménolée, poursuivi pendant un mois,

n’amène que de très légères modifications de l’expectoration.

Le 29 Août 1925 phrénicectonnie droite (D' Gouverneur).

Suites opératoires très simples. L’ascension du diaphragme se fait assez rapidement. Néanmoins, malgré la reprise régulière des traitements arsenicaux et goménolés et de la vaccinothérapie, l’expectoration, quoique moins fétide, se maintenait presqu’aussi abondante en Mars 1926, et l’auscultation comme la radiographie ne révélait aucun changement bien appréciable.

OBSERVATION XIII (Mêmes auteurs) résumée

Mme T.……, 27 ans. Pas d’antécédents,

En Juin 1925 : extraction d’une dent de sagesse. Le lendemain angine de Ludwig, incisée sous anesthésie générale par voie externe et interne. Complète guérison deux mois plus tard.

Dix jours après cette intervention : température à 38° 5. Apparition d’un point de côté droit, toux fréquente suivie d’une expectoration jaune verdâtre, devenant rapidement abondante, fétide, striée de sang. Etat général précaire. On porte alors successivement le diagnostie de : Dilatation des Bronches, Broncho-pneumonie et enfin de gangrène pulmonaire.

Examen de crachats : Spirilles et nombreux anaérobies,

À l’écran on porte le diagnostic d’abcès du poumon.

Après discussion sur lopportunité d’un pneumothorax artificiel et d’un traitement au néosalvarsan, on s’en tient à l’autovaccinothérapie et à la médication gaïacolée Sous leur influence la température baisse, l’état général s'améliore, L’expectoration diminue de quantité et de fétidité.

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