‹ Contribution à l'Étude de la Gangrène Pulmonaire à SpirochètesChapitre 20 sur 28 · LAPS · texte numérisé non relu

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fétide, purulente, homogène comme une véritable vomique, En même temps au sommet gauche, mat et résistant aux doigt, s’entend, outre le souffle cavitaire, un véritable gargouillement. À droite les signes cavitaires s’exagèrent et les râles sont plus nombreux et plus humides.

Une nouvelle radiographie, pratiquée le 2 Février, montre l'extension de l’image cavitaire gauche. Elle est entourée d’une zône opaque très étendue, dans laquelle une nouvelle caverne, plus petite que la première, s’est creusée. |

A la suite de cette vomique la température, qui était à 39°, s’abaisse à 37° et s’y maintient pendant quatre jours, sans qu’à cette détente de l’état général corresponde une détente des signes pulmonaires.

Du 5 au 17 Janvier la fièvre reprend avec asthénie et anorexie, l’amaigrissement s’exagère et le malade tombe de 47 kg. 500 à 45 kg. 500. L’expectoration garde Ia même abondance et sa fétédité intermittente. La dyspnée, la cyanose sont sans changement. Les signes cavilaires bilatéraux sont de plus en plus nets; ils s'étendent très vite à gauche.

Le 15 Février, une hémopthysie de faible abondance, se produit. À partir de ce moment l’état du sujet décline pro- gressivement. L’appétit est nul, les forces diminuent, l’amaigrissement s’exagère. La dyspnée, la toux, l’expectoration fétide ne présentent pas de variations sensibles. Les signes stethoscopiques varient peu à droite, à gauche ils s’accentuent; tout le poumon gauche est envahi de râles humides.

Aucun traitement n’a donné d'amélioration, même passagère : l’hyposuifite, les injections d’huile goménolée, la teinture d’ail, le novarsenobenzol, le stovarsol, essayés tour à tour, n’ont en rien ralenti l’évolution de la maladie. Au cours du traitement arsenical, le 1* Février, une importante poussée se produit et les lésions du poumon gauche s’étendent et s’excavent. Malgré le traitement arsenical par voie sous cutanée, intraveineuse, digestive, la flore microbienne demeure sans changement. La présence de spirochêtes dans

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les crachats demeure constante. Sans action sur l'extension des iesions, sur l'abondance des crachats, ni sur ieur tlore, le traitement reste sans effet sur la fétidité de l’haleine et des crachats, qui, du reste, est variable et intermittente. Ces échecs thérapeutiques ürent adresser ie maiade au service de laryagolcgie du D° Lemaitre. Là iut prauquee, à plusieurs reprises, ie drainage des bronches, sans amélioration notable. Le 10 Avril le maiade revient à l'hôpital St-Antoine et meurt en arrivant dans le service.

L’Autopsie est pratiquée 24 heures après la mort,

À l'ouverture du thorax, on constate une adhérence très marquée de plèvres à la paroi sterno-costale. Les poumons apparaissent lobulés; ia plèvre viscérale est, par endroit, considérablement, épaissie. Les poumons sont faibles, friables; pour les détacher il faut sculpter entre les côtes et le parenchyme d’où s’échappent des bourbillons blanchâtres, épais, de tissu mortifié où fourmille le spirochèête.

Poumon droit : les lobes supérieur et moyen sont creusés d’une caverne de la grosseur d’une mañdarine, dans laquelle flottent des débris blanchâtres baiïignant dans un liquide puriforme. Autour de cette caverne, et communiquant avec elle, existent d’autres cavernules. La caverne principale est anfractueuse, ses paroïs sont coupées de brides, de piliers à la manière d’une caverne tuberculeuse. Tout le tissu environ-

nant est induré, dense, noirâtre, rappelant l’aspect de la pneumonie chronique ardoisée.

Une autre caverne, grosse comme une amande, présente une surface tomentueuse, très richement vascularisée, limitée en bas par une épaisse bride fibreuse. A la partie supérieure existent deux autres cavernes du volume d’une noisette, entourées d’une épaisse gangue de tissu verdâtre sillonnée de bandes scléreuses.

Le lobe inférieur est sain en apparence, il est séparé du lobe moyen par une bande fibreuse de deux travers de doigt d'épaisseur, au niveau de laquelle on voit de nom-

breuses bronches à parois considérablement épaissies. A la

partie déclive du lobe inférieur existe, enfin, une petite

caverne plus récente, encore remplie de tissu sphacelé. Poumon gauche : le lobe supérieur est creusé par une

énorme caverne très anfractueuse, parcourue de grosses

brides. Son contenu est bourbillonneux, sa paroi friable. A la partie inférieure existe un foyer, gros comme une

noix, de tissu mortifié, blanchâtre, d'aspect caséeux, liquéfié P

à son centre. Il est limité très nettement à la périphérie par une paroi gris verdâtre, assez dure, qui se continue insensiblement avec le reste du poumon où se voient, dans du

tissu scléreux, dur, de multiples petits foyers necrotiques. Le lobe inférieur est irrégulier, il est le siège de foyers:

multiples de sphacèle à tous les stades de son évolution : cavernules, foyers bourbillonneux.

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