‹ Contribution à l'Étude de la Gangrène Pulmonaire à SpirochètesChapitre 23 sur 28 · LEON PER · texte numérisé non relu

LEON PER

Sur ce même sujet Kline est très affirmatif. Cet auteur se base sur trois observations de gangrène pulmonaire où il a pu mettre en évidence, dans la paroi même de l’abcès, la présence de la symbiose fusospirillaire chez des malades atteints de pyorrhée alveolo-dentaire. Chez l’un d’eux, même, il y avait identité entre les spirilles de l’ulcération gingivale et ceux du poumon.

Ce point de départ n’a pas été retrouvé dans les observations que nous rapportons au début de cette thèse. Dans tous ces cas les malades avaient une bouche en excellent état, sans trace aucune de suppuration. Comme d’autre part les spirochêtes observés ont une morphologie spéciale, il nous est difficile de penser ici à une infection naso-bucco-pharyngée.

Quoiqu'il en soit, il semble bien certain que le Spirille, joue un rôle prépondérant dans la genèse de l’affection. La meilleure preuve en est donnée par la présence à l’état de pureté de Spirochêtes dans les couches les plus externes de l’abcès gangreneux ainsi que le montre une observation publiée à la Société de Biologie (1923) par Muttelich et Seguin.

Il s'agissait ici d’une affection fuso-spirillaire mortelle survenue chez un sujet atteint d’épithelioma de la bouche. L'examen nécropsique du poumon y montre toutes les étapes de la gangrène pulmonaire.

Sur une coupe perpendiculaire à une ulcération de la largeur d’une pièce de deux francs, on reconnaît de dedans en dehors :

1) Une zône de nécrose totale à la surface de l’ulcréation avec présence de Bacilles fusiformes, Vi-

brions, Cocci et des Spirochêtes dans la couche profonde. À

2) Une zône de nécrose partielle où l’on ne trouve que des Spirochétes à l'exclusion de tout autre microbe. Les lésions de nécroses sont avancées. On trouve aussi des Spirochêtes dans les gaines et lumières des vaisseaux.

3) Une zône d'infiltration où les Spirochêtes sont plus rares.

4) Une zône de congestion.

Cette présence de spirochêtes à l’état de pureté montre bien leur rôle pathogène : le poumon a d’abord été envahi par eux seuls, les autres microbes, rencontrés dans la première zône, n’ont infecté que secondairement l'appareil pulmonaire. Ce serait alors, seulement, pour le Pr. Sergent, qu’apparaïtrait la fétidité de l’haleine.

À propos du malade faisant l’objet de l’Obs. XIV, le Pr. Bezançon a pu faire des constatations analogues : « Au centre, en pleine zône mortifiée, mélés à des éléments cellulaires amorphes fourmillent de très nombreux microbes aérobies, anaérobies et spirochêtes. Dans la zône externe, où la structure du poumon redevient apparente, on trouve des Spirochètes et uniquement des Spirochétes; ils forment là un feutrage serré, diminuent de nombre à mesure qu’on se rapproche des parties saines, mais se retrouvent encore à distance du foyer gangreneux ».

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