‹ Contribution à l'Étude de la Gangrène Pulmonaire à SpirochètesChapitre 24 sur 28 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Outre l’emploi des balsamiques et antiseptiques dans le traitement de la gangrène pulmonaire, on a été conduit, ces dernières années, vue l’action spécifique de l’arsenic sur les spirilles, à faire usage de ce médicament dans les formes de gangrène à spirochêtes. |

L’arsenotherapie fut employée pour la première fois dans cette affection par Perrin (de Nancy) : Voyant qu’un traitement par injections intramusculaires quotidiennes de 5 cc. de solution huileuse d’eucalyptol à 1 pour 20 n’amenait aucune amélioration chez sa malade il pratiqua une injection de 0 gr. 45) de Neosalvarsan : la température s’abaissa dès le lendemain, puis, les jours suivants, l’expectoration et la fétidité diminuent, l’association fuso-spirillaire est moins abondante. Une seconde injection de 0 gr. 45 pratiquée huit jours plus tard, fit disparaître complètement l'association fuso-spirillaire et la malade quitta l'hôpital très améliorée malgré sa tuberculose en activité (Obs. IV).

Dans un autre cas (Obs. V), Perrin emploie des doses croissantes à intervalles de plus en plus espacés-:

La 1" injection à la dose de 0 gr. 15 de Neosalvarsan

La 2 — 2 jours après : 0 gr. 30 — La 3 — — 0 gr. 45 — La & — — 0 gr. 45 —

La 5° —— 7 jours après O0 gr. 60 —

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Cette dernière dose fut répétée deux fois à 9 et 13 jours d’intervalle.

Sous l’influence de ces injections, on constate, vers la quatrième semaine, la disparition des spirilles et des fusiformes. Dès les premières piqures l’albumine disparaît des urines, en même temps que la température s’abaissait progressivement et que l’état général s’améliorait.

Un seul incident est à rapporter au cours de ce traitement, c’est la production, entre la première et la seconde injection de 0 gr. 60, de petites hémoptisies survenues sans Causes apparentes et ayant duré 48 heures.

La production d’hémoptysies au cours de l’arsenothérapie, a été signalée tout récemment par Haguenau et G. Dreyfus à la Société médicale des Hôpitaux de Paris. Ces auteurs rapportent le cas d’une malade à qui fut faite une injection sous cutanée de 0 gr. 06 de Sulfarsenol et qui, le soir même présenta une grosse hémoptysie, survenue brusquement et provoquant la mort. Comme cette malade n'avait jamais présenté d’hémoptysies, et celle-ci survenant exactement quatre heures après l’injection « il y aurait lieu de suspecter ici un accident hémorragique d’origine arsenicale, sorte de crise nitritoïde pulmonaire ».

Dans nos Obs. I et II on fit un traitement par injections sous cutanées de Sulfarsenol jusqu’à concurrence de 4 grs, et, dans l’Obs. IX, par ingestion de comprimés de Tréparsol. Chaque fois on obtient une amélioration nette, notamment en ce qui concerne la fétidité et l'abondance de l’expectoration. Après quel-

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