‹ Contribution à l'Étude de la Gangrène Pulmonaire à SpirochètesChapitre 26 sur 28 · AN A · texte numérisé non relu

AN A

dans tous les cas et dans une statistique, basée sur 80 cas, Parisot et Caussade ont observé

42 guérisons.

13 améliorations.

25 échecs.

De bons résultats ne seraient obtenus, suivant certains auteurs, qu’à la suite d’interventions rapides et à hautes doses, et, depuis quelques années les Allemands emploient les composés arsenicaux quelque soit l’agent pathogène. Ils auraient obtenus ainsi des guérison.

Lorsque l’on obtient aucun résultat par l’arsenothérapie on est en droit de recourir, comme dans les autres formes bactériologiques de gangrène pulmonaire, à la sérothérapie antigangréneuse.

Elle fut employée pour la première fois dans cette affection par Dufour, Semelaigne et Ravina qui firent une injection intraveineuse de serum mixte composé de : serums antiperfringens, antiœdématiens, antivibrioseptique, antitétanique, dilués dans 500 cc. de serum physiologique. Il y eu réaction violente maïs courte et le malade s’améliora rapidement. Ces injections intraveineuses ne sont pas sans causer des accidents, si l’on veut y recourir, il est bon de pratiquer un quart d'heure auparavant une injection intraveineuse de 1 cc. de serum dilué dans 10 cc. d’eau salée.

On emploie de préférence la voie sous cutanée ou intramusculaire. Lemierre, dans Obs. VIII et IX, a eu recours à un serum mixte composé de

Serum Antiperfringens 40 cc.

— Antiœdématiens 20 cc.

— Antivibrioseptique 20 ce.

DO

Ces 80 cc. injectés quotidiennement sous la peau, jusqu’à apparition d’accidents seriques, paraissent avoir donné ici de bons résultats. La guérison anatomique a même pu être constatée dans l’Obs. IX; dans l’autre la guérison se maintenait quatre mois après.

Il n’en est pas ainsi pour notre premier malade où l'emploi de serum de Weinberg est resté sans effet.

En réalité ce sérum n’est pas spécifique, et semble agir en provoquant un choc proteique.

Outre les injections il a été employé par voie intratracheale et même en application locale; certains auteurs, après intervention chirurgicale, l’ont, en effet, injecté dans le foyer gangreneux et ont pratiqué des pansements à l’aide du même sérum.

Il y a quelques années Caussade et Rosenthal ont préconisé une méthode consistant en l'introduction, par voie thoracique, d'agents médicamenteux dans le foyer pulmonaire : c’est le lardage du Poumon. Ils ont ainsi obtenu un cas de guérison après injections de Lipiodol et d’électrargol. Mais cette méthode, pouvant amener des accidents, en particulier des hémorragies, ne doit être utilisée que lorsque les autres traitements sont inactifs.

Dans la gangrène pulmonaire, comme dans la tuberculose, on a souvent cherché à immobiliser le poumon par un pneumothorax artificiel. L’insufflation ne doit être pratiquée que lorsque la gangrène est arrivée au stade de caverne, on ne peut, en effet, comprimer un bloc de sphacéle; il faut de plus que la lésion soit unilatérale, de peu d’étendue et qu’il n’y ait pas d’adhérence rendant le décollement difficile

(Obs. 1). La ponction faite le plus loin possible du foyer gangreneux, on pratiquera les insufflations très ieniement ei très prudemment, la pression positive ne dépassani pas 2 cm. d’eau à l’appareil de Küss.

Ge traitement fut employé par Bourges à la suiie de f’échec de l’arseno et de la sérothérapie. Dans ce cas ie décoilement fut facile. On pratiqua cinq insufflations, la première de 600 cc., les quaire autres de 800 cc. à 1000 cc. On note à la suite une amélioration des signes physiques et généraux mais cette amélioration ne fut que passagère.

N. Fiessenger (Obs. XI) a obtenu, par cette méthode une guérison complète. il pratiqua quatre insufflations de 50 ce. à 520 cc. Le coilapsus fut obtenu après la troisième insufflation, et on voit aussitot l’état s'améliorer et le malade guérir.

Si tous ces traitements échouent on doit recourir à une intervention chirurgicale, dont l’une des plus employée est la Pneumotomie.

La pneumotomie consiste en l'incision et drainage du foyer putride. Eile doit être pratiquée dès le diagnostic posé avant ramolissement de l’escharre. En outre le foyer doit être unique et bien circonscrit, la lésion étant, comme pour le pneumothorax, unilatérale. Si la gangrène est superficielle avec adhérences

pleurales les résultats seront plus favorables que dans

le cas d’un foyer profond.

L'ouverture du foyer est, en général, suivie d’une amélioration immédiate : disparition de la fièvre et des accidents infectieux, amélioration de Pétat géné-

ral. Dans les cas favorables la cavité suppurante di-

DO 2e DRE

minue rapidement et finit par se cicatriser; mais,

d’autres fois, la caverne ne disparaissant pas, on doit maintenir le drainage pour empêcher la réapparition des accidents. De plus l’amélioration peut n’être que passagère, le malade étant exposé à des hemorragies foudroyantes lors des premiers pansements. On doit dire, cependant, que la mortalité a baissé, ces dernières années de 40 à 19 %.

Une autre intervention, employée chez certains malades est le décollement Pleuro-parietal. C’est à ce procédé que l’on a eu recours dans l’un des cas rapporté par le Pr. Sergent (Obs. XIII). Des pansements compressifs, pratiqués pendant deux mois jusqu’à cicatrisation, ont amené une amélioration notable.

Depuis quelques années, enfin, on a eu recours à l’'Exérèse du Nerf Phrénique qui a pour but la rétraction du poumon malade par paralysie et atrophie du diaphragme, remplissant ainsi le même but que le pneumothorax artificiel. Elle fut employée avec un succès relatif dans la première observation du Pr. Sergent (Obs. XII). C’est une opération qui a l’avanfage d’être relativement bénigne mais dont les effets thérapeutiques sont parfois longs à se produire, l’ascension du diaphragme est, en effet, progressive, elle est liée à la densification pulmonaire et à la présence d’adhérences pleurales qui peuvent la retarder. On a que peu de résultat tant que cette ascension n’atteint pas deux centimètres de hauteur. Les résultats varient enfin avec la nature et l’étendue des lésions, car ce sont surtout dans les lésions, de la base que l’on obtient des améliorations et même des guérisons.

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Cette diversité de traitements de la gangrène pulmonaire montre bien, comme on l’a dit, que, à proprement parlé, il n’existe pas de doctrine thérapeutique de cette affection. On s’adressera donc, tout d’abord, aux méthodes simples, médicamenteuses, en particulier à l’arsenotherapie dans les cas de gangrène pulmonaire à spirilles. Si ces traitements n’ont pas d’action on recourra aux méthodes instrumentales, de l’injection intratracheale à l’intervention sanglante. Il faut cependant mettre le pneumothorax artificiel à part et l’employer dès le début avant toute production d’adhérences pleurales.

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