CHAPITRE PREMIER
Historique.
La gentiane jouissait encore, au début du xix° siècle, d’une : telle réputation médicale qu’aussitôt après la découverte de la quinine, à cette brillante époque où la chimie des corps immédiats prenait son essor, Cavexrou attaquait son analyse, cherchant à eu isoler le principe amer, « afin, dit-il, de l’étu- L dier comparativement avec celui que M. PeirenEr et moi avions précédemment extrait des quinquinas ». Ayant appris que Henny poursuivait de son côté de semblables recherches, il "h s’empressa de lui faire part de ses résultats et les deux savants publièrent en collaboration leur travail « sur le Principe qui cause l’amertume de la gentiane » (J.de Ph. et Ch., « 4821, p. 173). Is obtinrent une masse cristalline « poisseuse M et de consistance molle », jaune, amère, insoluble dans l’eau: M ils lPappelèrent gentianin.
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Henry et CAVENTOU épuisent successivement la poudre de gentiane par l’éther, par l'alcool, par l'eau froide. s 1° L’éther évaporé laisse déposer une masse jaune, amère : c’est le gentianin, mélangé à des matières grasses. Celles-ci sont séparées 1 par un lavage avec de l'alcool fort. FR 2° Par distillation, l'alcool donne un extrait amer. On le redissout
» dans l'alcool èt on ajoute de l’éther. Un sirop se précipite : il n'est plus que très faiblement amer. HENRY et CAVENTOU Île prirent pour le sucre incristallisable si commun dans les végétaux : il composait selon eux la plus grande partie de l'extrait de gentiane. Quant au principe amer, il était resté dans le mélange d'alcool et d’éther : ce mélange ne donna qu’une masse amorphe, très amère.
Ce procédé de précipitation par l’éther de l'extrait dissous dans l'alcool est fort remarquable. Si là gentiane ainsi traitée avait con-
| - tenu le glucoside cristallisable qui fut découvert 40 ans plus tard,
. les deux chimistes français l’auraient certainement isolé. C'est du
- reste ce procédé, légèrement modifié, qui a réussi à leurs succes-
| seurs.
30 Enfin l’eau froide, donnant des liqueurs visqueuses, leur parut
… contenir de la gomma.
i Ils ne trouvèrent dans la racine ni amidon, ni inuline. “ En 1837, Trowsporr reprit l’étude du gentianin et montra
que ce corps n'était qu'un mélange (Ann. der Pharm., “ tome XXI, p. 134). Le traitant par des quantités modérées - d'alcool et d’éther, il en sépara un corps résineux très amer 4 et-des cristaux jaune soufre dépourvus d’amertume. Leconre, + en 1838 (sbid.,t. XXII, p. 465), confirmait ces résultats, et Le - nouveau corps jaune, désigné sous le nom de gentisine, » faisait l’objet des travaux ultérieurs de la part de Bauxerr, Hrasrwerz et Hagermann, et plus récemment de Kosraneckr et de ses collaborateurs.
“ En 1838, Du reprit la recherche du principe amer (Arch. der Ph., 2° série, XV, 255).
> Pour l'obtenir, il ft un extrait alcoolique de gentiane sèche, en » précipita par l’eau les corps résineux, et tenta de détruire le sucre par fermentation; puis il traita cet extrait par l’acétate de plomb
. ammoniacal, et, décomposantle précipité par HS, il obtint un corps amorphe, très amer, soluble dans l’eau en toutes proportions, qui e ne contenait pas de sels. L'étude n’en fut pas poursuivie.
“ En 1860, Lemunpeur, quitravaillaitau laboratoire de Lupwi,
: traitait par Le charbon l'extrait de gentiane sèche; le charbon