IV. — Glucose. Lévulose
« La racine fraîche renferme en outre une proportion assez
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élevée de sucres réducteurs (glucose et lévulose) » (Bourque- Lor et Hérissuy, J. de Ph. et Ch., 1902, IF, 513).
Dans la racine fraîche on trouve le gentianose et le saccharose : MM. BourousLor et Héussey n’y ont pas rencontré de gentiobiose : dans la racine sèche, les deux premiers sucres ont disparu en grande partie. Ils n’existent plus dans l'extrait aqueux du commerce. Par contre, ce dernier renferme du gentiobiose qu’on peut isoler facilement en faisant fermenter les sucres réducteurs qui l’accompagnent, il provient du dédoublement du gentianose par l’invertine que contient la
racine fraîche et qu’on rencontre encore dans la racine sèche. (B. et H., 201d.)
Ainsi, MM. BourquiLor et Hérissey n’ont pas trouvé de gentiobiose dans les racines fraiches qu’ils ont examinées. Nous avons cependant pu le mettre facilement en évidence dans des racines récoltées fin octobre, dans le Dauphiné.
Mon père a montré (CG. Tanrer, Bull. Soc. Ch., 1902, I, 392) que d’un mélange de sucres réducteurs et de sucres non réducteurs on peut isoler les premiers en les faisant passer à l'état d’hydrazones, solubles dans l’éther acétique, qu’on décompose ensuite par l’aldéhyde benzoïque. On retire ainsi 90 p. 100 environ des monoses (glucose, lévulose...), mais une partie seulement, plus ou moins grande selon leur nature, des polyoses réducteurs (lactose, maltose.….).
J’ai ainsi traité par 8 gr. phénylhydrazine 60 gr. d'extrait épuisé par l’éther acétique et contenant 45 gr. de matière sèche. Après un quart d'heure de chauffe en matras scellé le produit a été lavé à la benzine, puis épuisé par l’éther acétique : celui-ci a été distillé et le résidu, dissous dans l’eau, a été chauffé avec de l’aldéhyde benzoïque. On à ainsi retiré 3 gr.85 de sucres réducteurs dont le pouvoir rotatoire brut était œ — — 12°8.Ce mélange réduisait comme 0,862 de glucose.
S'il avait été composé de monoses seuls, il aurait réduit comme 1 de glucose. Or, d'après M. BounouxLor et Hénissey, le gentiobiose réduit comme 0,61 de glucose. Il y avait done dans les sucres obtenus 35 p- 100 de gentiobiose. Leur pouvoir réducteur et leur pouvoir rotatoire concordent avec ceux
d’un mélange de 0,35 gentiobiose, 0,30 glucose et 0,35 lévulose :
Poids Pouvoir rotatoire 4 Po nie Gentiobiose..…. 0.35 + 80.43 (CA | Glucose: 5. 2: 0.30 + 150.75 0.30 Lévulose. ..... 0.85 2020 0.35 ie — 130.02 0.86 Ces nombres s’accordent bien avec les nombres trouvés (ay — — 1208 et PR — 0.86).
Dans une opération portant sur 120 gr. de sirop supposé sec jai fractionné l’extraction et J'ai obtenu :
47e portion : 5.28 sucres à op — -— 18025 2e = . 5.76 = an —= — 85
La seconde fraction était donc plus riche en gentiobiose que la première, ce qui arrive quand on extrait par la phénylhydrazine un mélange de monoses et de polyoses réducteurs.
De ce mélange de sucres réducteurs on a pu retirer le lévulose pur en le passant à la chaux, suivant la méthode classique, et en décomposant par CO?le lévulosate formé,
Nouvelle préparation du gentianose. — Du sirop dont on avait retiré à l’état d'hydrazones les monoses et une partie du gentiobiose (1), on a pu aisément retirer le gentianose cristallisé en quantités relativement abondantes. On en a, à chaud, chassé l’éther acétique dissous, puis on l’a chauffé avec
(4) Ce sirop ne réduisait plus que comme 0,10 de glucose : il devait donc encore renfermer 25 p. 100 de gentiobiose,
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de l’aldéhyde benzoïque pour décomposer l’'hydrazone de gentiobiose qui n’a pas été enlevée par l’éther acétique.Aprèsfiltration et concentration en extrait, on traite celui-ci par l’alcool à 98° bouillant, puis l’alcoo! à 95°. Au bout de quelques jours, l'alcool à 95e laisse déposer le gentianose cristallisé.