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in Tilsitt, la grande armée dut camper dans les régions maréca-
geuses de la Pologne et de la Prusse septentrionale : les cas de paludisme furent fréquents. Trouvant le quinquina trop rare et trop cher, le « ministre directeur de la guerre » or-
| donna aux médecins militaires d’expérimenter les médica-
ments indigènes. C’est ce que fit Gasa à l'hôpital de Berlin
= (automne 1808). Six de ses observations (15°,16°, 17°, 18°, 20e,
22°) portent sur l’action de la gentiane associée à la bistorte : il expérimentait sur des cas de fièvre tierce et quarte. La
dose donnée était en moyenne de 2 gros du mélange par
jour. Les tout premiers accès ne furent pas coupés, les suivants le furent et les malades guérirent rapidement. Gasc reconnaît donc les propriétés précieuses de la gentiane dans le traitement des fièvres intermittentes et dit qu’on peut la ranger à côté du quinquina, qui lui reste pourtant toujours supérieur.
Vers la même époque, «Juuia De FonrENELLE, étant médecin en chef de l'hôpital de convalescence italien de l'armée de Catalogne, lorsque le quinquina était à un prix exorbitant, traita tous les fiévreux avec beaucoup de succès par la racine de gentiane en poudre. Il adressa à ce sujet un mémoire à la société royale de médecine de Marseille qui,reconnaissant déjà les avantages de l'emploi des plantes indigènes, lui décerna une médaille d'encouragement » (Cazin, loco citato).
En 1829, Mérar et Derens attachent encore une certaine croyance aux propriétés fébrifuges de la gentiane :
« Les fièvres intermittentes sont au nombre des affections que guérit la gentiane, ce qui a fait appeler plus d'une fois cette racine « quinquina indigène ». Elle doit être donnée alors à plus forte dose; on remarque que c'est contre les fièvres quotidiennes du printemps qu’elle est le plus efficace, sans doute à cause de leur nature
de la gentiane dans le traitement des fièvres intermittentes, in J. gén. de méd. chir. et pharm., tome LI, pp. 233-264.