Renseignement communiqué par M. le Commandant Sou
lagunaire communique, irrégulièrement du reste, avec la mer : à Cotonou et près de Grand-Popo.
On sait que le lac Nokoué se continue au sud par un chenal qui va jusqu'à Cotonou. Mais ce chenal ne se déverse pas dans la mer, car il en est séparé par un isthme de sable très étroit,
Plusieurs années de suite, les eaux du lac Nokoué et du chenal de Cotonou s'élèvent peu à peu, en même temps que se retrécit l'isthme (1). Puis au bout d'un certain temps, qui est variable (2), l'isthme est emporté à la fin d'une saison de pluies et la communication avec la mer est établie. Alors le trop plein du lac Nokoué se vide, le courant vers la mer s'arrête, et celle-c1, dont le travail d'édification se poursuit sans cesse, répare la brèche faite dans le cordon littoral, supprimant de nouveau la communication pour plusieurs années. Au moment de la rupture du cordon littoral, il est évident que le courant déplace la vase accumulée dans le lac, et en entraîne une partie. C’est la seule cause de retard apportée au comblement de ce lac, encore faut-il remarquer qu'elle est faible.
La seconde communication, près de Grand-Popo, est celle qu'on appelle la Bouche du Roi. Elle est permanente, mais son emplacement est soumis à des variations constantes.
Au début de 1906, la Bouche du Roi était à environ 6 kilomètres à l’est de Grand-Popo. Elle était formée par un chenal orienté N-$ et ayant 300 mètres de longueur, avec une profondeur ne dépassant 2 mètres que dans la partie voisine de la rive orientale.
Les deux berges de la Bouche du Roi sont différentes. Les vents dominants, venant du S-W, ont une tendance à former de petites dunes. Celles-ci peuvent s'établir sur la rive orientale, qui par conséquent sera à pente douce ; tandis que sur la rive occidentale l’amas de sable est constamment rongé à sa base par le
4. Au début de 1906, la largeur de l’isthme n’était que de 46 mètres.
2. On a constaté que la communication s'était établie en 1886-87, en 1893 et en 1900. Il semblait donc que le phénomène se reproduisait à des périodes égales. Mais on ne l’a pas constaté en 1907. Par conséquent il serait pour le moment prématuré de vouloir en exprimer la régularité. Du reste, comme on l’a vu, les années de fortes pluies, qui doivent être des années de fortes crues, ne se reprosant pas à des intervalles réguliers.