Buchanan, oc. cit
2. M. Bauer, Beitræge £.Geol.d.Seychellen, in N. Jarh. für Min. p.163, 4898.
3. M. Bauer. Beitrag 2. Kenntn. des Laterits, etc., in Neu. Jahr f. Min., p. 86, 1907.
la définition de M. H. Warth : « Laterit is bauxite in various degrees of purity, from the richest « wocheinite » down to such specimens in which the free alumina has entirely disappeard » (1).
Enfin M. G. C. Du Bois (2) désigne sous le nom de latérites des formations superficielles diverses provenant de la décomposition des roches dans les pays tropicaux. D'après cet auteur, il y a toujours, dans les latérites qu'il a étudiées, de l’oxyde de fer ow de l'hydrate d’alumine, mais l’un de ces deux produits peut ne pas exister.
Dans ces conditions, les dépôts désignés ici sous les noms de conglomérat ferrugineux, terre de barre, fer pisolitique, bauxite pisolitique sontdes latérites dans le sensle plus large du mot. Mais comme on l’a vu, la bauxite pisolitique seule correspond à la latérite caractérisée par l'hydrate d'alumine.
En ce qui concerne le conglomérat ferrugineux, lorsqu'il est formé en place aux dépens d’une roche éruptive, il correspond, dans la classification de M. Du Bois, à une latérite éluviale superficielle (Oberflächenlaterit). Il peuten être de même pourle fer pisolitique.
Quant au conglomérat ferrugineux formé aux dépens de roches sédimentaires, par cimentation des éléments par de l'hydrate de fer apporté par les eaux superficielles, il correspond — imparfai tement d’ailleurs — à la « croûte superticielle de protection » (epachorische Schutzrinde, Du Bois).
Enfin, la terre de barre est bien une latérite alluviale, sauf quant à sa composition chimique.
Nulle part au Dahomey je n'ai rencontré de produit de décomposition ayant conservé la structure originelle de la roche et dans lequel il soit possible de constater, par un examen microscopique, la présence d’hydrate d'alumine, comme cela a été signalé en Guinée par exemple (3). En outre, le type de latérite de transport, caractérisée par la présence d'hydrate d’alumine libre, est certainement exceptionnel au Dahomey. Mais il n'en demeure pas
4. H. Warth. Geol. Mag., p.159, 1903 in M. Bauer, Loc. cit. . G: G. Du Bois, loc. cüt.
3. A. Lacroix. Les roches éruptives basiques de la Guinée française, in Comp. Rend. Ac. Sc. CXL., pp. 410-413. 1905.
moins vrai que, dans cette colonie, les roches subissent une décomposition particulière, analogue à celle déjà signalée pour la plupart des pays tropicaux. Il peut être bon de conserver à ce mode d'altération typique le nom de décomposition latéritique.
Par suite il y aurait intérêt à reprendre le nom de latérite avec le sens vague qu'il avait primitivement, comme synonyme de «résultat de la décomposition des roches silico-alumineuses dans les pays tropicaux humides (1) ». En effet, le dernier mémoire de M. Max Bauer montre qu'il n’y à pas une composition chimique déterminée caractérisant les latérites, puisque celles-ci peuvent ne pas contenir d'hydrate d'alumine. D'autre part, suivant les pays étudiés, les différents auteurs ont appliqué le nom de latérite à des roches très différentes. Seul le mode formation paraît caractéristique. Si c'est ce mode de formation qu’on traduit par le mot de latérite, il est naturel de donner à celui ci un sens très général, quitte à ajouter une épithète pour chaque cas particulier.
Une telle décomposition est favorisée tout d’abord par l'humidité et par le climat, ces deux facteurs agiss®nt simultanément. En effet on connaît dans la zone tempérée des pays recevant une quantité d'eau supérieure à celle qui tombe au Dahomey, et possédant un état hygrométrique plus élevé, sans que pour cela il y ait décomposition latéritique. De même, les roches des régions désertiques, où la température est supérieure à celle de la colonie, ne sont pas affectées par ce mode de décomposition.
On à invoqué (2) l'influence des produits en dissolution dans les eaux météoriques. Sans nier l’action possible de l'acide azotique contenu dans les pluies, elle ne saurait expliquer pourquoi sur un espace très limité, la même roche, dans des conditions rigoureusement identiques se transforme en arène, ou bien en conglomérat ferrugineux, ou bien ne s’altère pas. De plus, cette théorie à l'inconvénient de faire intervenir l’activité des termites, ce qui n'est pas applicable au Dahomey : car là où les termites sont nombreux il n'y a souvent pas décomposition latéritique.
1. A. Lacroix. Résultats min. et geol. de récentes expl, dans l'A, 0. F., p. 15, 1905.