Argiles sablonneuses
6) Argile formant des couches horizontales de coloration différente. Ce dépôt correspond au régime actuel du fleuve ; son épaisseur est variable, mais est peu différente pour les points Voisins.
5) Argile d'un brun foncé, se craquelant par retrait pendant la saison sèche. Cette couche, beaucoup plus ancienne que la précédente, a une allure très sinueuse. À Athiémé elle présente des différences de niveau de quatre mètres pour des points très voisins. Son épaisseur est très variable (quelques centimètres à 2 mètres).
Les autres couches n'existent qu accessoirement, ce sont :
4) Lits successifs de sable fin àstratification entrecroisée : chacun d'eux offrant des variations d'épaisseur très notables, et affectant souvent l'allure de lentilles. Leur ligne de contact est toujours sinueuse et finit en pente très douce. L'ensemble des caractères de ce dépôt indique un régime du fleuve où les crues, bien que fortes, n'étaient pas très violentes.
3) Il en est autrement pour la couche inférieure formée, elle aussi, de sable, mais à éléments notablement plus gros. On y trouve tous les éléments des roches acides avec des cailloux roulés de quartz et de limonite. Dans la partie inférieure, les éléments de ce dépôt tendent à se cimenter pour former un grès. La stratification est également entrecroisée, mais dans chaquelit les matériaux de chaque crue sont déposés suivant des directions rectilignes, et le contact entre deux lits successifs se fait suivant une ligne droite. Ce dépôt correspond à un régime de crues violentes.
Les formations sablonneuses sont réparties très inégalement. On ne les trouve, sur les rives du fleuve, qu'aux points où les couches 6 et 5 ont laissé un grand intervalle entre elles, par suite des inflexions de cette dernière.
2) Mélange d'argile et de sable rouge en couches superposées,
surmontant immédiatement la couche 5, dont elle épouse assez bien les contours, Rencontrée accidentellement,
1) Formation identique à la précédente, mais disposée au-de 4sous de la couche 5. Elle est composée de lits rectilignes et généralement horizontaux. En un point où la couche 5 forme une voñte accentue, ces lits sont fortement redressés ef viennent buler en stratilication discordante contre les argiles craquelées. (PL:XV:2)
On ne trouve à la fois toutes ces assises qu'à Athiémé; la couche 5, en raison de sa continuité, est la plus intéressante d’entre elles (4), H ne semble pas que ses brusques variations d'allure puissent s'expliquer par l'inégalité du sol préexistant, I faut faire entrer en ligne de compte des déplacements verticaux, attestés par le redressement anormal de certains dépôts (couche 1) ou par l'écartement en éventail de lits de sable primitivement parallèles (couche 3). ,
in dehors d'Athiémé, les localités où les brusques variations de niveau de la couche 5 se manifestent sont peu nombreuses, fl faut citer : Topli, où l’on constate, en outre, une allure légèrement discordante des assises inférieures ; Médenta, sur les deux rives du fleuve ; enfin Alovicoté, où la couche d'argile brune forme une courbe, concave vers le haut, contre la branche montante de laquelle viennent buter les strates horizontales d'une argile rouge à lits de gravier.
L'étendue de la couche superficielle (6) est fort variable et dépend surtout du relief. D'une manière générale elle couvre une superficie plus vaste en aval qu'en amont, et à l'ouest qu'à l’est : la berge allemande étant souvent moins élevée. On la rencontre, de part et d'autre du fleuve, sur plusieurs kilomètres : au voisinage de l'embouchure ; à Athiémé (Athiémé à Sazoëé Sota) et à Alovicoté (sur trois kilomètres environ). Elle forme un revêtement continu sur chaque rive, plus épais au bord du fleuve et dans les
dépressions importantes.
4. En de nombreux points du sud de la colonie, le sol est tapissé d'une argile noire craquelée analogue à celle qui nous intéresse ici. Mais ce sont là des formations différentes. La couche 5 n’affleure jamais; elle ne se présente qu'en coupe sur les berges du Mono, et recouverte d’alluvions plus récentes.
Celles-ci, où les eaux demeurent longuement après la saison des pluies, ont parfois plusieurs kilomètres carrés (Athiémé à Dequénou, Athiémé à Djonougui, ete.). Leur trop-plein se déverse dans le fleuve par des marigots larges, assez profonds, mais sans pente appréciable, et toujours tapissés d'argile. Les marigots sont surtout nombreux entre Athiémé et Vodomé. L'un d'eux, à la hauteur de ce dernier village, fait communiquer le Mono et la rivière Sazué (1).
Ayant indiqué les caractères des alluvions dans la région d'Athiémé, je noterai simplement les points les plus intéressants entre Athiémé et Alovicoté.
ATHIÈMÉ A AHO
Au tiers du chemin, la berge allemande, à pie, montre les dépôts de sable rougeâtre rendus compacts par la présence d'un ciment argileux et sillonnés par des facules de sable argileux blanchâtre, ce qui leur donne l’aspect de la terre de barre dans certaines régions (Porto-Novo).
A mi-chemin on voit un affleurement de grès grossier aux éléments présentant une stratification entrecroisée, et formé dans le lit du fleuve aux dépens des dépôts de sable. Aux 2/3 du chemin, il existe encore un grès de même origine, moins abondant.
À Aho,les dépôts de sables torrentiels sont nombreux ; certaines couches sont isolées par une faible épaisseur d'argile brunâtre très fine. Ces sables se rencontrent encore dans l'intérieur, à Dequénou ; onles trouve à partir d'un mètre de profondeur, identiques à ceux de la couche 3 (épaisseur deux mètres); au-dessous ils deviennent compacts et passent au grès.