EN AMONT D’AHO
À 6 kilomètres en amont de cette localité, un coude brusque du du fleuve permetd'apercevoir sur la rive allemande, à pic, un grès très résistant dû à la cohésion de dépôts sableux torrentiels
1. Je dois ce dernier renseignement à l'obligeance de M. le Capitaine Fourn.
identiques à ceux d’Athiémé (couche 3). Ce grès, dont l'épaisseur est d'environ 0 m. 50, est surmonté de sable rouge argileux (1 mètre) que domine l'argile noire superficielle (3 mètres).
En face de ce point, le lit du fleuve est encombré de bancs de sable importants, qui, aux basses eaux, divisent son cours en bras minuscules.
Un peu avant Missinicondji, on trouve dans le lit du fleuve des galets roulés de la grosseur d’un œuf, On les rencontre encore, plus abondants, à 3 kilomètres en amont de Médenta.
En dehors du gisement calcaire dont il sera question à la fin de ce chapitre, les berges du Mono. entre Missinicondiji et Topli, laissent apercevoir encore : quelques dépôts sableux torrentiels (couche 3) (Nagonocondji) ; — de puissantes lentilles d'un sable rouge argileux et caverneux, analogue à celui rencontré à 6 kil. d’Aho (Missinicondji) ; — de l'argile jaune et des grès (3 kil. en amont de Moussou Condiji). $
Ainsi les alluvions fluviatiles sont ou des argiles peu différentes d'aspect ou des dépôts sableux torrentiels (couche 3) très développés, aux dépens desquels. exclusivement, se sont formés les grès.
La variété des alluvions du Mono indique une succession de régimes différents. Ce que lefleuve a déblayé jusqu'à présent nous permet d'en reconnaitre quatre principaux.
Le plus ancien de ces régimes, qui a déterminé le dépôt de la couche argileuse 1 apparaît comme un régime de crues régulières et moyennes, analogue au régime actuel. La mise au Jour d'un trop petit nombre de gisements de ce dépôt laisse beaucoup d'incertitude sur la constance et la durée de ce régime.
Le fleuve eut ensuite un régime beaucoup plus tranquille encore, attesté par la présence de la couche d’ärgile craquelée (5) ; puis brusquement succéda le régime des dépôts torrentiels, violent au début (3), et plus calme pendant la seconde moitié de sa durée (4). Enfin s'est établi le régime actuel également tranquille, caractérisé par le dépôt, au delà des berges, d'un limon à éléments très fins.
Dans tous ces régimes, il y a eu certainement de nombreux
à-coups, ainsi que l'indiquent les variations de certains dépôts et le faible développement de certains autres. Le fleuve à aussi subi des variations dans son volume et dans son allure générale, et, tel que nous le voyons aujourd’hui, il est beaucoup plus calme, après avoir beaucoup allongé son parcours par des sinuosités nombreuses au milieu des alluvions déposées précédemment.
Toutes ces variations n'intéressent que la période actuelle. Il est curieux de noter qu'aucun de ces régimes n'a été marqué par’ le développement d'une faune aquatique locale dont il soit resté des vestiges. Les seules coquilles rencontrées appartiennent à des espèces actuellement vivantes (hétéries, moules) qu'on trouve au voisinage immédiat du banc calcaire de Missinicondÿjr.
ù CA