‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 129 sur 276 · RÉGION MARÉCAGEUSE (LAMA · texte numérisé non relu

RÉGION MARÉCAGEUSE (LAMA

Nous avons conservé le mot portugais Lama (boue) pour désigner la région marécageuse [appelée Cô(boue) en langue Fon], qui s'étend de l'est à l'ouest, à la hauteur du T° parallèle, entre le Zou et le Couffo. Les recherches effectuées au Dahomey depuis notre occupation, et notamment les travaux géographiques de M. le Capitaine Fourn, ont montré que la zone marécageuse s'étendait bien au delà de ces deux rivières. Elle comprend tout d'abord le pays des Hollis, qui confine à la frontière anglaise, au delà de laquelle elle se poursuit sans doute. Elle se continue vers l’est, dans le triangle formé au sud de Zagnanado, par le Zou et l’'Ouémé, puis au-delà du Zou, elle affecte une direction N: N. E.-S. S. W. jusqu'au Couffo. Après cette rivière elle s'étend encore sur tout le pays des Tchis, qui forme un vaste triangle dont les sommets seraient-Lalo, l'embouchure du Couffo et le lac Toho. Après le Mono, on la retrouve encore en territoire allemand.

Les déversoirs connus de cette zone marécageuse sont : en territoire français, l'Ouémé, le Zou, le Rhan, le Couffo, et la rivière Sazué, celle-ci prenant naissance au sud du lac Toho, et se jetant dans la lagune d'Adjaha, voisine de Grand-Popo.

Etant données les difficultés d'accès de cette zone, 6.5 est encore fort mal connue. Elle est variée d'aspect. Au nord d'Ouagbo, on y trouve surtout une forêt peu élevée mais dense, avec de rares éclaircies ; dans le pays Tehi on y rencontre tantôt une brousse analogue à celle des pays du nord, mais avec des espèces ligneuses différentes et généralement plus fortes,

tantôt des bandes peu larges de végétation très dense, qui marquent les emplacements où les eaux séjournent le plus longuement; tantôt des palmeraies ; enfin des savanes herbeuses et des terrains de culture. Elle est du reste habitée et, dans certaines parties, les villages y sont relativement nombreux.

Cette vaste zone n’est point dépourvue de relief, mais à vrai dire, celui-ci est médiocre. Ilse traduit surtout par la présence de lignes de drainage assez nombreuses où des rivières prennent naissance (celles-ci sont surtout tributaires du Rhan et du Couffo). Dans son ensemble, la zone marécageuse, que je désignerai elliptiquement sous le nom de Lama, peut être considérée comme un vaste fossé. En effet, si le relief ne parait pas être accentué immédiatement de part et d'autre du pays des Hollis, il n’en est pas de même pour toute la partie de la zone marécageuse s’étendant au delà de la rive droite de l'Ouémé.

Au nord, le plateau de Zagnanado et celui d’Abomey (120 m. à Kinta), au sud, celui des Sahoués (60 m.) et celui d'Ouagbo (162 m.) dominent brusquement la Lama dont l'altitude s’abaisse à moins de 30 mètres au kil. 92 de la voie ferrée (près de Toflo), point qui n'est évidemment pas le plus bas.

Une telle topographie et l'insuffisance de canaux d'écoulement, transforment à l'hivernage cette région en un immense marécage. Tous les points en sont plus ou moins submergés comme l’atteste la présence constante de vase noire argileuse, craquelée par retrait à la saison sèche (1).

Mais la hauteur des eaux n’est pas considérable, sauf au-dessus des trous et des dépressions, toujours peu étendus. Cependant on constate des inondations exceptionnelles lors des grandes pluies. Ces inondations, là où elles durent trop, ont pour effet de faire périr la végétation ligneuse, si bien que les arbres morts, lorsqu'ils tombent, sont destinés soit à augmenter la couche humifère, soit, lorsqu'ils sont ensevelis assez rapidement, à se transformer en matière charbonneuse, mais je crois ce dernier cas fort rare.

1. C'est cette vase argileuse, dans laquelle on s'enfonce profondément à l’époque des pluies, qui a valu son nom à la partie centrale de la zone marécageuse.

L'intérêt que présente cette région marécageuse réside tout entier dans ce qu'elle est jalonnée par des formations de calcaires fossilifères. La fréquence des gisements le long et à l’ouest de la voie ferrée, dans une région où les recherches sont à peu près impossibles et dans laquelle n'ont passé que quelques Européens, m incline à penser que toute cette partie occidentale de la Lama est une région calcaire. Me fondant sur l'identité de la topographie du pays des Hollis avec ceile de la région occidentale, j'avais indiqué que les calcaires fossilifères devaient se rencontrer également à l'est de l'Ouémé (1). Depuis, M. E. Poisson, qui à parcouru le pays des Hollis, à bien voulu me faire connaître que mon hypothèse était justifiée.

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