‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 130 sur 276 · GISEMENTS DE LA VOIE FERRÉE · texte numérisé non relu

GISEMENTS DE LA VOIE FERRÉE

Les premiers gisements qu'il m'a été donné d'étudier sont ceux qui m'ont été signalés par M. le Colonel Guyon, alors directeur du chemin de fer du Dahomey. Ils se trouvent tous le long de la voie ferrée, entre Toffo et Ouansougon.

En allant vers le nord, aussitôt après Toffo (alt. 60 m.), localité qui domine immédiatement la Lama au sud, le sol s'abaisse rapidement, et la /erre de barre est remplacée par la vase argileuse noire. Puis la voie s engage dans une petite tranchée (kil. 90) où apparaissent des schistes argileux jaunes fissiles. Au kil. 92, la voie ferrée, qui n'est plus qu'à une altitude de 30 m. 85, franchit une petite rivière. C’est là que se trouve le premier gisement de calcaire. Au-dessous de la vase argileuse noire, qui tapisse le sol uniformément, on voit une argile blanche, grasse et compacte, très analogue à la glaise, dans laquelle sont noyés des rognons calcaires. Comme ils ne forment qu'une seule épaisseur et qu'ils se montrent profondément corrodés, souvent même largement perforés, on serait tenté de croire qu'ils ne se trouvent pas en place. Il est facile de montrer le contraire.

1° Le banc dontils proviennent a été lentement débité par l'ac-

1. H. Hubert. Æsquisse préliminaire de la géologie du Dahomey, in Comp, Rend. Ac. Sc. CXLV, pp. 692-695, 1907.

tion dissolvante des eaux de surface, ainsi que cela se produit fréquemment dans les régions calcaires. On à la preuve de cette action dissolvante par la mise en relief des fossiles dont la coquille calcaire est plus résistante que le ciment englobant.

20 Le transport de ces rognons, qui s'expliquerait aisément pour un grand nombre d'entre eux, ‘devient problématique lorsqu'il s'agit de blocs ayant plusieurs mètres de longueur, surtout lorsque ceux-ci ont conservé la forme aplatie due à la faible épaisseur du banc (20 à 50 cm.).

3° L'identité des gisements de cette région et de celui de Missinicondji, où l’on retrouve à la fois les rognons séparés de la masse et le banc compact (PI. X, 1) avec tous les passages intermédiaires, suffirait à elle seule pour pouvoir affirmer que les calcaires de la Lama.centrale sont bien des roches en place.

Après ce premier gisement, le sol se relève de nouveau et les schistes argileux jaunes reparaissent en abondance, notamment un peu avant le kil. 97 (alt. 55 m. environ). Le terrain s'incline ensuite vers le lit du Tchito, où le calcaire se trouve encore en grande quantité et dans des conditions identiques aux précédentes.

La roche typique de ces gisements est un calcaire compact pétri de coquilles dont les ornements sont malheureusement trop usés par les eaux pour qu'il soit possible de les déterminer. Souvent ces coquilles sont transformés en calcite cristallisée. Il n'est pas rare non plus de voirles rognons eux-mêmes soit sillonnés de filonnets dumême minéral cristallisé en rhombodères à faces courbes, ou bien recouverts de couches concentriques de calcite jaune composées de prismes implantés normalement à la surface (calcite fibreuse), ces divers dépôts ayant été laissés par les eaux superficielles.

On trouve également, répandus un peu au hasard, des rognons toujours peu volumineux, non fossilifères et dus à des recristallisations de calcite.

Les schistes argileux dominent immédiatement le calcaire fossilifère, mais à leur contact ils sont généralement recouverts

d’une faible épaisseur de carbonate de chaux très pur. Je ne les

ai rencontrés que dans les deux gisements précités.

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