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AGE DE LA FORMATION

Quel est maintenant l'âge des calcaires de la Lama ?

Malgré l'abondance des fossiles, puisque le calcaire en est pétri (PL XVII, 1), aucun d'eux, dans les échantillons que j'ai recueillis, n'est caractéristique. MM. Douvillé, Boule et Thévenin,

qui, avec une très grande obligeance, ont bien voulu examiner les espèces conservées, n'en ont trouvé aucune typique.

Il v à quelques années, MM. J. Bôhm et v. Ammon ont eu l'occasion d'étudier ces calcaires, et voici les conclusions auxtçuelles ils sont parvenus.

M. J. Bôhm, sur des échantillons provenant de la Lama (sans indication de gisement), à reconnu les types suivants (1) :

Algues siphonées : Dactylopora cylindracea, Laxk.

Foraminifères : Textularin et Nodosaria ; — Globigerina, Cristellaria et Operculina (?).

Bivalves : Pecten, Lima et Arca ; Venus Hupfeldi, Bôax, n. sp., qui, d'après son aspect extérieur, serait une variété de T'exfivenus, OPPENAEIM.

Gastropodes : Turitella, laquelle serait très voisine de T. Esclu, OPPENHEIN.

Après avoir signalé ces espèces, l’auteur tire de leur présence les conclusions suivantes : les calcaires de la Lama sont d'origine éocène parce qu'il s’y trouveune espèce voisine de Turitella Eschi, laquelle se rencontre, au Cameroun, associée à des fossiles éocènes. Ce diagnostic serait confirmé par la présence de D. cylindracea.

M. v. Ammon (2) qui a étudié le calcaire d'Abadion (gisement de Missinicondji) y signale :

Fragments d’échinodermes ;

Gastropodes : Cerithium, Turitella ;

Bivalves : Cytherea ;

Sections de coraux (voisins du genre T'urbinolia) ;

Des morceaux de pinces d’un crustacé dont il à fait une espèce nouvelle (Calianassa Seefriedi, Amon).

Cet auteur conclut également à la présence de l'éocène, en raison de l'aspect général de l'échantillon. Il remarque que le calcaire de la Lama proprement dite et celui de Missinicond}i ne sont pas rigoureusement identiques, mais ont des formes parentes. Il indique aussi que malgré la présence d'espèces communes

1 JMBO RM, Loc Cir.

9, V. Ammon, loc. cit.

non caractéristiques) à Missinicond}i et au Cameroun, l’identfication de ces deux formations n’est pas actuellement possible, et que d'ailleurs les gisements du Cameroun ont une constitution

pétro graphiq ue très différente.

Aux espèces précitées, qui accusent une origine nettement marine, il convient d'ajouter un grand nautile, qui, d'après M. Douvillé, pourrait ètre voisin de ceux rencontrés au Sokoto, (mais qui en tous cas est en trop mauvais état pour pouvoir être déterminé), et des dents d'un squale que M. Thevenin pense avoir appartenu soit au genre Lamna, soit au genre Oxryrhina.

Dans tous les cas, le meilleur argument — etde beaucoup — qui permette de rapporter cette formation à l'époque éocène est, sans contredit, la présence de Dactyloporacylindracea,mais cette espèce estinexistante dans les échantillons que j'ai recueillis. M. Douvillé a bien voulu me faire remarquer qu'on trouve en abondance, au milieu de ces calcaires, un fossile qui pourrait, peut-être, être rapporté au genre Dactylopora, mais à une espèce différente ; en tous cas, la cristallisation de la calcite ne permet pas de reconnaître, dans une coupe mince, la constitution originelle de l’algue. De plus les nummulites font totalement défaut ici, ce qui est grave pour une formation dans laquelle ils devraient être abondants.

Quoiqu'il en soit, on ne peut que se ranger à l'opinion formulée par les auteurs allemands, car, si dans les échantillons recueillis, aucun élément ne vient fournir une justification décisive, rien, dans l'examen des espèces observées, ne vient infirmer l'opinion émise.

Les conditions dans lesquelles se présentent les fossiles signalés, qui sont presque toujours brisés, indique que le dépôt au milieu duquel on les rencontre s'est fait à proximité d’un rivage. Ce renseignement estcorroboré par le voisinage des plateaux cristallins du nord, qui, à l'époque où ce dépôt s’est formé, avaient déjà acquis leur stabilité depuis très longtemps.

Ainsi non seulement l'aire occupée par la formation éocène (2)

correspond à la zone marécageuse de la Lama, mais encore celle-

ci marque partout la bordure d'un rivage très ancien (schistes cristallins et roches éruptives anciennes).

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