LES PLATEAUX GRÉSEUX DU SUD
Sauf dans la région de Kandi, toute la partie de mes itinéraires comprise entre Bikini et Zougou est marquée par le développement considérable des plateaux gréseux.
La roche dominante de ces régions est un grès argileux, le plus généralement blanc, mais quelquefois rose, lorsqu'il contient suffisamment d'hydrate de fer. C'est celui que j'ai décrit autrefois sous le nom de grès de Saboungari, localité où, selon le Commandant Lenfant, il serait le plus développé.
Faute de documents précis relatifs à la géologie de cette région, faute aussi d'échantillons suffisamment nombreux, j'ai émis autrefois des hypothèses qui ne se sont point toutes confirmées lorsque j'ai fait des recherches sur place. C’est pourquoi je reprendrai de nouveau la question.
Le grès de Saboungari — ou de Gaya — est une roche très friable dans laquelle on trouve tous les passages entre les arkoses proprement dites (avec des’grains de quartz atteignant un centimètre et des lamelles de muscovite) jusqu’au grès argileux à peu près uniquement composés de quartz etde kaolin. Un essai microchimique par le procédé Boricky permet de déceler en abondance de la chaux, mais combinée avec la silice et l’alumine, et non à l'état de carbonate. C'est une formation continentale produite aux dépens des éléments de granite ou de gneiss.
Il constitue un plateau fort étendu dans lequel le Niger et ses affluents se sont creusé des vallées assez larges.
Celles-ci appartiennent à trois types différents :
1° Les dallols, qui sont des vallées sèches, aux parois abruptes.
2 La vallée du Niger, également dominée par des falaises continues, mais occupée par le fleuve, et bordée de part et d'autre de marais très étendus, dont l'établissement a été facilité par le dépôt de la couche argileuse provenant du démantèlement du plateau. |
3° Les vallées des affluents dahoméens, où l'eau est abondante en saison des pluies, et dont les pentes sont généralement adoucles. |
En quelques endroits favorisés, rares à vrai dire, où l'érosion a suffisamment entamé le plateau, on retrouve les schistes cristallins et les roches éruptives du sous-bassement, toujours affectés des mêmes accidents tectoniques que précédemment. De sorte que la constitution de la vallée du Niger est très semblable à ellemême de part et d'autre de l'Atacora : il n'y a dans les deux cas que des différences de quantité : au sud les grès sont prédominants et ont une grande épaisseur; au nord ils sont plus rares et forment des couches très réduites.
Tout le long du fleuve, je n'indiquerai donc que les formations différentes du grès argileux, qu'on trouve à chaque pas, presque toujours recouvert de conglomérat ferrugineux.
PÉKINGA À GAYA ET A GUENE
À Pékinga, la falaise a une trentaine de mètres de hauteur. Les éléments qu'on y rencontre sont à peu près identiques à ceux de la falaise d'Youri :
Conglomérat ferrugineux (1 m.).