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Grès en plaques, riche en hématite

Cette hauteur fait partie d'un groupe de plusieurs autres, peu éloignées, qui ont sans doute la même constitution et dans lesquelles en tout cas, étant donné leur aspect tabulaire, le grès domine.

Les quartzites de cette région se continuent pendant plus de quatre kilomètres.

Jusqu'à Chéfo, la route n'offre pas de gisements remarquables : on observe toujours des grès grossiers ferrugineux, des galets roulés et des fragments de quartzite, ceux-ci non en place, mais qui, en raison de leur abondance, peuvent être considérés comme étant sur l'emplacement de leur gisement.

La hauteur au sud de Chéfo est couronnée de conglomérat ferrugineux. On y rencontre du sable granitique, mais point de roche massive (1).

A 5 kilom. environ après Chéfo, les galets roulés, très abondants, ne sont plus seulement constitués par du quartz, mais encore par des quartzites et du greisen. En ce point également, on trouve de la bauxite pisolitique et du conglomérat ferrugineux.

A 8 kilom. de Chéfo, il y a un affleurement de quartzite, avec, comme minéraux développés dans la roche, de la calcite et du grenat.

Dans toute cette partie, le sable noir, riche en hématite, est abondant. Au nord et à l’est de Thuy, le pays est marqué de petits vallonnements. On est déjà dans une région où les hauteurs tabulaires deviennent de plus en plus rares.

A quelques centaines de mètres à l'est de Thuy, une petite hauteur laisse voir l'association de trois types pétrographiques diftérents:

1. A la partie supérieure, lits de grès blanc argileux, à grain fin (type Saboungari) devenant de plus en plus compact à la partie supérieure, en même temps qu'il se charge d'oxyde de fer, et passant au sommet à un grès compact très riche en hématite (analogue au grès de Sahoué Ahouloumé).

2. Schistes zonés orientés Nm — 200 — E à Nm — 40° — E, formés de lits successifs d'hématite et d'argile. Ces roches se rencontrent au dessous des précédentes et sensiblement sur le même horizon que les suivantes, avec lesquelles elles ne sont point en contact constant.

3. Grès grossiers passant au conglomérat. Cette formation contient des galets de quartz et de quartzite micacé, et des roches schisteuses en morceaux assez volumineux (10 em.). C'est en somme identiquement le grès de Kirtachi, mais non métamorphisé. Ce grès ne se rencontre qu'au bas de la pente.

Apres Thuy, les galets roulés sont abondants à la surface du sol, puis, à 5 kilom. au sud, commencent les gneiss de la région de Kandi.

1. Dans toute cette région. les habitants utilisent des meules de granite ou de gneiss. provenant de la région de Banikoara. Il est à peu près certain qu’entre Guéné et Thuy ces roches forment le sous-hbassement du plateau gréseux.

Les formations gréseuses ne reparaissent qu'au sud de Kandi, accompagnées toujours de galets roulés, mais cette fois, travail de déblaiement des rivières, la roche sous-jacente est sou-

cràce au vent visible, de telle sorte qu'on est certain que dans cette partie les assises gréseuses, déjà moins puissantes, reposent directement sur le gneiss.

Les grès forment un premier plateau tabulaire entamé par l'érosion au sud de Firi, mais qui reprend presqu'aussitôt. Il est normalement couronné de conglomérat ferrugineux et se poursuit jusqu'à la vallée de l'Irané. Celle-ci est établie sur des gneiss orientés Nm — 30° — KE, formant, au passage de la rivière, des obstacles successifs que j'ai décrits précédemment. La roche dominante est un gneiss feuilleté, traversé de filons de pegmatite de même orlentation, celle-ci à grands cristaux d’amphibole (3 em. de côté). Il existe dans ce point des gneiss à grenat, certains d’entre eux sont très riches en éléments blancs.

Après le petit bras de l'frané, où il y à encore des gneiss, on remonte sur le plateau gréseux qui cesse seulement et d’une facon définitive, à deux kilom. au sud de Zougou, dans la direction d'Ouesséné. Ce plateau a une constitution très analogue à celle du plateau de Gaya, mais la coloration est rouge, par suite de l'abondance de l'hydrate de fer. Dans les parties inférieures, les grès à gros éléments dominent ; à la partie supérieure au contraire, la roche est constituée par des éléments très fins. parmi lesquels on rencontre fréquemment des paillettes de muscovite. Le conglomérat ferrugineux superficiel est très abondant. Ce plateau est surtout découpé par l'érosion à Zougou où il ne subsiste que des hauteurs occupant chacune une très faible surface.

Il est difficile d'apprécier quelle est, en dehors des routes suivies, l'étendue des formations signalées au cours de ce chapitre, parce que le revêtement d'éléments détritiques (sables dans le nord, argiles dans le Gourma) est souvent très développé. De plus, je me suis interdit de m'enfoncer dans les terres sur la rive gauche du fleuve, tandis que sur la rive droite, certaines régions n'étaient pas accessibles avec les faibles moyens matériels dont je disposais,

On à une idée très exacte de l'importance que peuvent acquérir sur la rive droite les plateaux gréseux, d’après ce que j'ai signalé tant en ce qui concerne la route de Diapaga que celle de Gaya à Zougou.

On peut affirmer d'autre part que ces plateaux ne s'étendent pas extrèmement loin au N.W. de Kandi, puisque la région de Banikoara est formée de roches cristallines (granites et gneiss). Vers l’est au contraire, ils se prolongent le long du Niger bien en aval d'Ilo, et, à la hauteur de Zougou, au delà de la région de Segbana. Les échantillons recueillis par les Capitaines Lenfant et Fourneau m'ont montré que les grès de Gaya se continuent en effet jusqu'aux environs de Sakassi ; d'autre part j'ai fait recueillir les échantillons de la région de Segbana : ce sont identiquement les grès de Zougou, mais on trouve également, sans doute dans les vallées, des granites et des gneiss.

En ce qui concerne la zone des quartzites, on peut affirmer qu'elle est ininterrompue entre Compong et le Niger.

Je ne puis clore ce chapitre sans dire quelques mots des formations de galets que j'ai signalées tout le long du Niger etdepuis Bodjécali jusqu'à Firi.- On les rencontre d'abord au milieu de dépôts très anciens, comme les quartzites du W,, le grès et le conglomérat métamorphisés de Kirtachi; puis dans une roche analogue, mais non métamorphisée, à Thuy ; — dans les formations plus récentes, comme le grès bläne argileux d'Youri, le conglomérat ferrugineux, enfin et surtout à fleur du sol, comme dans tout le Borgou septentrional. ;

Doit-on considérer qu'ils existaient originellement dans les roches anciennes seules, d'où ils ont été déplacées à la suite des actions érosives puis remis en circulation. Je ne le pense pas, car alors on devrait les trouver un peu au milieu de toutes les formations et non pas seulement disposés à la base de certaines d’entre elles.

C'est pourquoi je pense qu'il faut admettre qu'il y a eu plusieurs séries de dépôts différents, à des intervalles très éloignés les uns des autres.

I ne parait pas possible de faire intervenir l’action marine au

sujet de ces dépôts de galets. Si l'on fait intervenir l'action des eaux courantes, on peut se demander quelles sont les grandes artères qui les ontamenés aux points où nous les voyons. Pourtous les galets qui se trouvent dans le lit ou aux abords immédiats de la vallée du Niger, ce ne peut être, pour l'époque actuelle, quele fleuve lui-même ; en ce qui concerne les époques précédentes, on est réduit à des hypothèses. Peut-être, y eut-il un régime lacustre dans lequel les affluents actuels du Niger (rive droite) venaient se jeter, ce régime ayant subi de grandes variations.

Lorsqu'on trouve à la surface du sol des dépôts analogues au voisinage des affluents du Niger (à l'Alibory par exemple), ilest naturel d'en attribuer la formation à ceux-ci, d'autant plus que ces affluents sont anciens. Mais la question est plus délicate lorsqu'il s'agitdes accumulations si abondantes qu'on rencontre d’une façon presque continue depuis Bodjécali jusqu'à Firi.

La distance qui sépare ces points du Niger (Firi 100 kilom.) et leur altitude au-dessus du fleuve actuel (Firi 80 m.), n'autorisent guère à penser que c'est à celui-ci que sont dues les terrasses de galets, mais bien plutôt à un ou plusieurs affluents.

Rien d’ailleurs ne vient traduire des divagations du Niger, qui, jusqu'à Gaya du moins, demeure parfaitement enserré dans le couloir qu'il s’est creusé. Au contraire, l'affouillement progressif de ce couloir marque l’abaissement du niveau de base des affluents et explique une activité suffisante pour transporter les galets signalés. [ls’agit de savoir si cette action est imputable au Kokigorou, ce qui est fort vraisemblable, ou à tout autre artère aujourd'hui disparue, laquelle s’est déversée autrefois dans le Niger. Il ne m’est pas possible de trancher cette question.

Un rapprochement s’impose entre la présence de terrasses de galets dans la vallée du Niger et dans la vallée des grandes artères du Bas-Dahomey. Ces galets se trouvant surtout sur le sol au milieu des alluvions les plus récentes, il est hors de doute qu'au cours dela période actuelleles fleuves africainsetleurs affluents, au moins dans la partie considérée, ont eu un régime torrentiel d'une intensité étonnante qui, au cours de leur évolution, n'a dû se présenter que rarement.

Supposonsenfin qu'on établisse que les dépôts de galets au nord de Firi sont d'origine marine. Si cela était, il faudrait l'admettre également pour les dépôts du Bas-Dahomey. Et l'on arriverait à cette conclusion, d'ailleurs séduisante au premier abord, que la mer a laissé à l'embouchure de tous les fleuves du Dahomey (les affluents du Niger pouvant être alors des fleuves indépendants) des dépôts puissants de galets roulés. Seulement cette interprétation est incompatible avec les faits suivants :

1° Les galets sont au milieu de formations continentales : grès de Kirtachi, conglomérat ferrugineux.

2° Leurs dépôts sont postérieurs à des formations continentales : Gaya, Locossa.

3° Ils se présentent à des niveaux très différents sans qu'aucun indice recueilll montre la succession de transgressions et de régressions inévitables.

C'est pour cela que j'ai été amené à abandonner l'hypothèse d'après laquelle les galets rencontrés auraient été déposés par la mer. La seule considération rationnelle est, pour le Bas-Dahomey, la présence de terrasses fluviatiles ; pour le Haut-Dahomey, la présence de terrasses fluviatiles et lacustres.

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

L’Atacora et la vallée du Niger, qui se croisent à la manière des branches d'un X, limitent au nord la région centrale du Dahomey. L'ensemble de leurs formations montre d'abord la présence constante, à une faible profondeur, des schistes cristallins traversés de roches éruptives. C'est en somme, à ce point de vue, la continuation des massifs de la région centrale. Puis les schistes cristallins sont surmontés d'un puissant revêtement de quartzites, concordants et affectés de plissements du même ordre. Enfin vient une série de grès argileux continentaux (arkoses le plus souvent), reposant en discordance sur les schistes cristallins, et recouverts généralement de formations ferrugineuses diverses.

L'Atacora est un massif important par son amplitade (près de

‘800 kil. de longueur avec une largeur maximum de 100 kil.), mais d'altitude médiocre (moins de 800 mètres en territoire francais). C'est un plateau — constitué presqu'exclusivement par des quartzites — ayant subi des actions tectoniques puissantes. Celles-ci, en dépit de la masse d'éboulis qui recouvrent les pentes, se manifestent dans le détail par le redressement des assises (primitivement horizontales), avec plongement constant vers le sud, et par des fractures parfois très développées (cluses). Ce sont elles surtout qui ont contribué à donner au massif son modèlé particulier, avec ses chaînons latéraux discontinus, qui se terminent au-dessus des ñ plaines voisines par des murailles verticales. La présence et l’allure même de ces murailles, surtout sur le versant gourmantché, ne saurait d’ailleurs être expliquée par l’action érosive seule des agents superficiels. !

La rencontre de l'Atacora avec la vallée du Niger détermine un des accidents les plus intéressants du cours de ce fleuve. Elle donne la solution d'un problème d'hydrographie qui n'avait pas encore été élucidé. En même temps, on peut recueillir dans cette région du W de précieux renseignements sur la nature originelle des quartzites..

La vallée du Niger, dans la partie parcourue, comprend trois parties différentes : la région septentrionale, la région méridionale et le W qui les sépare. Dans les deux premières, le fleuve à pu se creuser une vallée recriligne dans les grès argileux du plateau qui ne lui offraient qu'une très faible résistance, et il a atteint ainsi le sous-bassement cristallin. La région septentrionale est remarquable par le développement plus grand des schistes cristallins et des roches éruptives (souvent basiques) ; la région méridionale par le développement des grès tabulaires, qui s'étendent sur la rive droite, pendant plus de 100 kilomètres. Je ne me dissimule pas que par la suite, lorsqu'on sera en mesure de donner l'âge de toutes ces formations gréseuses, on reconnaitra qu'elles correspondent à une série de dépôts différents. Mais pour le moment, puisqu'aucun indice sérieux n'a été recueilli au sujet de l'âge absolu, j'estime qu'il serait dangereux de vouloir solutionner cette question. La différence entre les régions septentrionale et méridionale apparaît nette parce que l'Atacora les sépare, mais en réalité elle est assez factice.

En ce qui concerne l'altération des roches dans toute cette - partie, le développement des grès au-dessus des formations cristallines à déterminé la décomposition de celles-ci dans la masse, en retenant les eaux superficielles au-dessous d'elles : agissant ainsi à la façon d'une éponge.

D'autre part, le long de la vallée du Niger, entre Gaya et Sansan-Haoussa, on voitles formations superficielles se modifier peu à peu ; le conglomérat ferrugineux devient rare au nord de Niamey, tandis que le sable est de plus en plus abondant.

Les différences d'aspect provoquées par la variation de constitution géologique et par le climat sont accentués par l'allure de la végétation ligneuse. L'Atacora est relativement très boisé; dans toute son étendue, la région méridionale de la vallée du Niger

L'ATACORA ET LA VALLÉE DU NIGER All

l'est sensiblement moins : quant à la région septentrionale, elle ne l’est qu'accidentellement : Les espaces absolument dénudés y sont très vastes.

Enfin un fait important à noter, c’est l'influence de la constitation du sol sur la direction du cours du Niger, puisque c'est gràcé à la présence des grès argileux qu’il a pu adopter à l'origine une direction normale à celle de tous ses affluents, ce qui lui eût été impossible si son cours s'était directement établi sur les roches cristallines plissées.

En terminantje tiens à faire remarquer que, de la disposition des éléments dans les formations non éruptives de la vallée de Niger, se dégage deux faits très nets :

1° Un grandnombre d'entre elles — toutes peut-être — sont continentales : Les dépôts torrentiels de Gambou{quartzites), de Gaya (grès argileux) ; les galets roulés de Kirtachi (grès métamorphisés), d'Youri (grès argileux), ceux qu'on trouve à la surface du sol et dans le conglomérat ferrugineux ; la couche de pisolites ferrugineux qui reparaît en très nombreux points, sont bien les indices de formations continentales.

20 Zlles accusent toutes un régime hydrologique ayant subi des varialions considérables. Si l'activité des eaux courantes est caractérisée par les dépôts torrentiels et les lits de galets, la discontinuité des périodes d'activité est caractérisée par les dépôts d'éléments meubles alternant avec les précédents et par l'interposition de la couche de pisolites ferrugineux, qui marquerait un régime lacustre intéressant une région vaste.

Les variations du régime hydrologique sont encore mises en évidence par l’activité remarquable du Niger depuis le début de son individualisation récente (creusement de son lit dans les

grès argileux).

XIT LE GOURMA

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Le Gourma est une région naturelle, bien individualisée, bornée au sud par l'Atacora, à l'ouest par la région fertile du Mossi, à l'est par les plateaux de la vallée du Niger. Au nord seulement ses limites sont indécises.

Au point de vue géologique, le Gourma est caractérisé par un plateau gréseux qui repose directement sur un sous-bassement cristallin. Une telle constitution rappelle assez bien celle des pays de la vallée du Niger, mais avec cette différence que les roches cristallines y occupent la plus grande surface, que les alluvions fluviatiles y sont extrêmement développées et qu'enfin l'âge des grès, leur nature et leur mode d'érosion sont entièrement différents.

Par sa topographie, le Gourma est, dans sa plus grande partie, le plus souvent dépourvu de niveau de drainage. Aussi, tandis que pendant plus de la moitié de l'année le climat est trop see, au contraire, pendant la saison des pluies, d'immenses surfaces sont transformées en marécages. »

LE PLATEAU GRÉSEUX

Le plateau gréseux couvre une vaste superficie. Il commence au nord de Sansarga et se poursuit sur son rebord septentrional jusqu à la rivière Tiounga. Sa longueur est d'environ 130 kilomètres.

Son rebord méridional, parallèle au précédent, n'a été suivi entièrement que par Vermersch qui en a donné un tracé très schématique (1). L'ensemble affecterait ainsi une sorte de vaste rectangle dont la largeur maximum semble être entre Logobou et Térina (18 k.). Sa direction générale est assez voisine de celle de l'Atacora.

Ce plateau est accompagné d’un autre de même nature, mais moins développé, un peu au nord de Saborga. Des sommets de Tindangou, j'ai aperçu en outre dans la direction de Kantsiani, une falaise extrèmement éloignée offrant également l'aspect d'un plateau gréseux et qui, en raison de sa visibilité, ne doit pas correspondre à l’Atacora. L'existence de ce plateau demeure donc à établir. Si elle est démontrée, il est probable que sa constitution sera très voisine de celle de la région qui nous occupe.

La roche qui constitue le plateau gréseux est un grès à ciment siliceux, ce qui le différencie de ceux du Niger, et le rapproche des quartzites de l'Atacora. Ce grès est généralement recouvert d’un enduit foncé et son aspect me le fait rapprocher de ce que j'ai vu en Guinée, sans pour cela prétendre qu'il faille pousser plus loin la comparaison.

1. Je n’ai pas reproduit le tracé de ce versant dans ma carte, parce qu'il ne correspond pas aux renseignements que j'ai recueillis dans le pays.

Ai GÉOLOGIE DESCRIPTIVE

Gourma et ceux du Niger. Si les uns et les autres reposent en discordance sur les schistes cristallins, du moins les seconds

Ily a une différence d'âge très sensible entre les grès du

conservent-ils une allure constamment horizontale sur toute l'étendue où je les ai parcourus. Les premiers au contraire dont l'horizontalité des couches est la règle, ont subi des phénomènes de torsion au passage de l'Indéré, à Compongou, et sont redressés presque jusqu'à la verticale au voisinage de Saborga. Bien que ces actions mécaniques se soient produites sur des espaces très restreints, ils montrent cependant que les dépôts du plateau gourmantché ont pu être affectés de mouvements intéressant le sous-bassement cristallin. [l est donc naturel de penser qu'ils sont bien antérieurs à ceux du Niger. Cela ne nous permet cependant pas de fixer leur âge absolu, puisque là encore les fossiles font totalement défaut.

On remarquera ainsi que les grès du plateau gourmantché ne sont pas extrèmement différents des quartzites de l'Atacora, puisque leur composition minéralogique est assez voisine et qu'ils sont, eux aussi, affectés de mouvements tectoniques. Mais je crois cependant qu'il faille donner un âge très différent aux deux séries de formations : celles de l'Atacora (qui seules sont concordantes avec les schistes cristallins, sont métamorphisées, et contiennent en abondance des minéraux de fumerolles), sont manifestement plus anciennes.

Ainsi les grès du plateau gourmantché se placeraient, comme âge, entre les quartzites de l’Atacora etles grès argileux de Gaya, et beaucoup plus près des premiers que des seconds, mais il est actuellement impossible d'en dire davantage.

L'horizontalité des couches de grès du plateau gourmantché ne semble pas absolue, notamment dans le sens de la largeur. Mais la pente étant très faible, il n’est pas possible de le démontrer directement.

En faisant abstraction de la présence du plateau, pour envisager seulement la pente générale des formations sous-jacentes, — et cela est possible en raison des coupures verticales du plateau, — on constate que l'altitude des roches anciennes est à une altitude sensiblementsupérieure au nord ; d’ailleurs la direction NS.

des rivières venant de la région Bizougou-Bogui le montre. Or le rebord septentrional du plateau gréseux apparaît notablement plus élevé au-dessus de la plaine que son rebord méridional, et par ce que je viens de dire précédemment cela n'est pas imputable à une plus faible altitude de la plaine située au nord. Par conséquent la surface du plateau plonge bien vers le S.W. Il en est de même pour les assises, qui apparaissent toujours parallèles à la surface, lorsqu'on traverse le plateau dans sa largeur. La

- différence d'altitude des deux rebords est d'ailleurs sensible. A Logobou, la hauteur de commandement n’atteint pas 30 mètres ; tandis qu'à Yobiri elle est bien de 100 m. supérieure.

Le plateau gréseux, sur son rebord septentrignal surtout, se termine par une falaise verticale. Est-ce à dire que la formation de celle-ci doive être, comme pour l'Atacora, attribuée surtout à des actions tectoniques ? Je ne le crois pas, parce que la résistance de la roche aux agents superficiels n’est pas comparable à celle des quartzites et parce que l’action de l'érosion est bien plus manifestement mise en évidence tant par les amas d'éboulis qui sont au pied des pentes que par l'isolement en lambeaux du sommet du plateau, ce qui suffirait à expliquer le modelé de la région. C’est pourquoi, si des actions tectoniques ont contribué à la formation de la falaise verticale du plateau, elles ont été, je crois, très faibles.

Lorsqu'on vient de Konkobiri, les grès affleurent déjà à plusieurs kilomètres avant Logobou. Ils forment les versants de la large vallée dans laquelle est établi ce village. Le versant nord de cette vallée, abrupt, forme le rebord du plateau ; le versant sud au contraire est adouci, et s'il est certain que les grès s'y prolongent sur une certaine étendue dans la direction de la Pendijari, les alluvions abondantes qui recouvrent le sol empèéchent d'en retrouver la trace.

Le sentier de Logobou à Yobiri s'insinue dans le plateau en utilisant le lit desséché d'un affluent torrentiel de la Pendjari (PI. NIL"2).

C'est une sorte de petit cañon, d’une dizaine de mètres seulement de hauteur, lequel estencombré d'un véritable chaos de blocs aplatis, arrachés par les eaux sauvages. J'ai indiqué précédem-

ment la marche progressive de ce petit torrent vers le rebord septentrional du plateau qu'il ne manquera pas d'atteindre.

A Yobiri, on trouve exceptionnellement, avec le grès, un quartzite compact. En ce point, la falaise semble avoir sa hauteur maximum ; elle diminue d'importance jusqu'à Madjori, où elle n'atteint que {5 à 20 mètres, puis elle s’élève de nouveau à 30 ou 50 mètres, jusqu'à proximité de la rivière Tiounga. Ainsi dans le sens de la longueur également, l'horizontalité des couches n'estpas rigoureuse, mais en raison de la très grande distance qui sépare Yobiri de la rivière Tiounga, il est difficile d'en évaluer les variations. Tout ce qu'on peut dire c'est que l'allure des assises semble toujours en relation directe avec celle de la partie supérieure.

Fig. 44. — Le rebord du plateau gréseux du Gourma à Saborga,

La bordure septentrionale du plateau gréseux est loin d'être rectiligne : elle forme souvent des promontoires qui jalonnent la route. Entre Compongou et Madjori, on cesse complètement d'apercevoir la falaise : le plateau devant former en ce point soit un golfe profond, soit un détroit.

À Saborga, le démantèlement de la partie supérieure du plateau est très avancé : les blocs perchés et les piliers ruiniformes apparaissent curieusement disposés (Fig. 44). C'est un peu plus loin, au premier village peuhl dans la direction de Madjori, en un point où la falaise forme une sorte de cirque assez large, qu'apparaissent les couches redressées de grès. Elles s'écartent les unes des autres depuis leur base, comme les branches d’un éventail, et leur partie supérieure à été arrachée. |

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En même temps, les couches voisines, demeurées horizontales, sont intéressées par des fractures verticales avec de petits décrochements, qui sont une nouvelle preuve des actions tectoniques subies par ce plateau.

À environ cinq kilomètres au nord de Saborga apparait le rebord méridional d'un nouveau plateau gréseux moins étendu que le premier, mais cependant assez vaste pour qu'on n’en aperçoive pas la limite. Sa constitution est la même que celle du plateau à Saborga. Sa partie supérieure est aussi très curieusement découpée par l'érosion.

Un peu avant Compongou, le plateau gréseux est traversé par l'Indéré (1), et ce fait est d'autant plus notable que le plateau se terminant un peu au sud de Compongou, il semble que la rivière dût le contourner pour atteindre la Pendjari. Au contraire, l'Indéré s'engage dans une sorte de défilé que je n'ai pas suivi, et qui, à sa base, est marqué par une succession de dalles tordues et se recouvrant les uns les autres à la manière des tuiles d'un toit.

À proximité de ce point, au pied même de la falaise, apparaissent des gabbros que l'érosion a désagrégés en boules. Cette roche se trouve encore entre Madjori et Tambarga (2).

De Compongou à Madjori, bien que la falaise ait disparu, on n’en rencontre pas moins de nombreux affleurements de grès qui attestent la continuité de cette roche en profondeur. J'ai recueilli, également dans cette partie, du jaspe en place, provenant, comme dans l'Atacora, d'une argile qui apparaît sous la forme de plaques peu développées. Mais les grès, même à proximité, n'ont subi aucune action métamorphique. :

Tambarga est un point remarquable à cause de la manière dont le plateau a été aflouillé en cet endroit (PI. VIE, 1). À partir de cette localité jusqu'à la rivière Tiounga, la falaise n'apparaît plus que par cinq promontoires s'avançant jusqu'à la route. Mais les grès continuent néanmoins en profondeur, comme entre Compongou et Madjori.

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